COTE D’IVOIRE/EDUCATION A LA PAIX, A LA LUMIERE DE L’ENSEIGNEMENT SOCIAL DE L’EGLISE CATHOLIQUE : LES GRIEFS DE NORBERT ABEKAN
Le secrétaire exécutif national de la sous-commission épiscopale, Justice, Paix et Environnement, Norbert Abékan, curé de la paroisse Saint Jacques des Deux Plateaux, à Abidjan-Cocody, s’inquiète de ce que puis le temps passe, puis la fracture sociale se renforce. Pour lui en réalité il n’y a pas d’initiative véritable en Côte d’Ivoire pour mettre fin au cycle de crises.
Le secrétaire exécutif national de la sous-commission épiscopale, Justice, Paix et Environnement, Norbert Abékan, curé de la paroisse Saint Jacques des Deux Plateaux, à Abidjan-Cocody, s’inquiète de ce que puis le temps passe, puis la fracture sociale se renforce. Pour lui en réalité il n’y a pas d’initiative véritable en Côte d’Ivoire pour mettre fin au cycle de crises.
Il a même pensé que le gouvernement Mambé 2 qui a été formé, le 23 janvier 2026, serait un gouvernement d’ouverture pour apaiser un tant soit peu les Ivoiriens parce que la fracture sociale est toujours une réalité même s’il y a l’accalmie. Norbert Abékan était l’animateur du thème : ‘’Guérir les fractures sociales : le rôle du pardon et de la parole dans la construction de la paix’’, le mardi 27 janvier dernier, à l’UCAO (unité universitaire à Abidjan), à Cocody.
Ce, dans le cadre du séminaire de formation initié par le Laboratoire pour la recherche scientifique et la Mission des universitaires (LARSMU). ‘’Education à la paix, à la lumière de l’enseignement social de l’Eglise pour une cohésion sociale et un vivre ensemble en Afrique de l’ouest’’ est le thème général de ce séminaire de formation qui prend fin ce samedi 31 janvier 2026.
Norbert Abékan s’est plaint de ce que la réconciliation en Côte d’Ivoire n’est pas encore une réalité. La violence verbale, les emprisonnements abusifs, les divisions communautaires, les foyers divisés à cause des divergences de vue idéologiques, les frustrations persistantes, l’instrumentalisation de l’appartenance ethnique, le sentiment d’injustice social sont le lot quotidien des Ivoiriens. Nobert Abékan s’indigne lorsqu’il entend les propos tels que « on n’est pas du même parti politique donc ‘’libère le tabouret’’ ».
Il a dénoncé le silence imposé aux Ivoiriens par les dirigeants politiques. En ce sens qu’ils ne peuvent pas exprimer leurs griefs. Norbert Abékan estime que la réconciliation demeure un chantier inachevé en Côte d’Ivoire. « La société ivoirienne est marquée par des blessures profondes. Avec les circonstances dans lesquelles l’élection présidentielle s’est déroulée et même la législative et puis le temps passe puis les blessures deviennent profondes », a argumenté le curé de la paroisse Saint Jacques des Deux Plateaux.
Selon Abékan Norbert guérir les fractures sociales nécessite un courage collectif sans complaisance. « Le pardon est une urgence pour sortir du cycle des crises en Côte d’Ivoire », a-t-il recommandé. Et que la parole permet de restaurer le dialogue et est un instrument pour guérir les fractures sociales. Le pardon, a-t-il dit, est un acte de liberté qui permet de rompre avec le cycle de violence et la haine.
La parole, à en croire le curé de Saint Jacques des Deux Plateaux, permet de restaurer le dialogue. « La parole est un instrument pour guérir les fractures sociales », a-t-il dit. Et d’ajouter : « L’Eglise appelle à une parole qui reconnait les tors commis ». Norbert Abékan estime qu’il faut rejeter les discours de haine et de stigmatisation.
Pour le secrétaire exécutif national de la sous-commission épiscopale, Justice, Paix et Environnement, il faut créer des espaces d’écoute et de médiation pour tenir compte des préoccupations des populations. A’ en croire le prêtre, chaque ivoirien doit reconnaître son tort avant tout processus de pardon. Il a pris le cas de l’Afrique du Sud qui a organisé un forum pour réconcilier toute la population et la classe politique.
Les participants au séminaire viennent du Bénin, Burkina Faso, Mali, Côte d’Ivoire, Togo, Guinée-Conakry et le Sénégal. Le séminaire favorise une dynamique régionale de solidarité et de coopération, essentielle pour construire une Afrique de l’Ouest plus stable et harmonieuse. Il vise à transformer les jeunes en véritables acteurs de paix, capables de contribuer à la cohésion sociale et à un avenir commun fondé sur la fraternité, la justice et la paix. Il se déroule avec l’appui de la Fondation Pro-Africa (Vatican).
Olivia Durand