28/01/2026
Accueil » Articles » PRESIDENTIELLE EN COTE D’IVOIRE/ UN EX-CONSEILLER DE OUATTARA S’OPPOSE A L’EXCLUSION DE TIDJANE THIAM

PRESIDENTIELLE EN COTE D’IVOIRE/ UN EX-CONSEILLER DE OUATTARA S’OPPOSE A L’EXCLUSION DE TIDJANE THIAM

0

La radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale devant servir à l’élection présidentielle d’octobre 2025 continue de faire des vagues. Dans sa publication du 10 juin 2025, le site d’informations Africa Intelligence révèle qu’un ancien conseiller du président Alassane Ouattara, en la personne de Philippe Serey-Eiffel, a écrit à son ex-patron, pour dénoncer la disqualification du leader du PDCI-RDA.

WhatsApp Image 2025-06-10 at 09.06.39

La radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale devant servir à l’élection présidentielle d’octobre 2025 continue de faire des vagues. Dans sa publication du 10 juin 2025, le site d’informations Africa Intelligence révèle qu’un ancien conseiller du président Alassane Ouattara, en la personne de Philippe Serey-Eiffel, a écrit à son ex-patron, pour dénoncer la disqualification du leader du PDCI-RDA.

 

LA LETTRE D’UN EX-PUISSANT CONSEILLER À ALASSANE OUATTARA

 

Dans un courrier remis au président ivoirien et consulté par Africa Intelligence, Philippe Serey-Eiffel, proche conseiller du chef de l’État pendant près de trente ans, dénonce l’élimination de Tidjane Thiam et le scénario à venir de l’élection présidentielle. La missive, confidentielle, a été transmise au président ivoirien Alassane Ouattara à la mi-mai. Elle est signée de la main du Franco-Ivoirien Philippe Serey-Eiffel, qui a longtemps compté parmi les plus influentes figures du premier mandat d’Alassane Ouattara.

 

Dans la lettre consultée par Africa Intelligence, l’ancien conseiller chargé des affaires économiques et des infrastructures à la présidence évoque longuement le cas de l’opposant Tidjane Thiam, patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire  (PDCI) et exclu de la course à l’élection présidentielle en avril. « Je préfère écarter l’hypothèse d’une influence du pouvoir politique en place sur les démêlés de Tidjane Thiam avec la justice qui ont conduit à son inéligibilité », écrit d’emblée l’arrière-petit-fils de Gustave Eiffel. Plus loin, il souligne qu’il « tient compte du fait que personne ne lui conteste sa nationalité ivoirienne actuelle, qu’il l’ait toujours eue ou qu’il l’ait retrouvée en renonçant à la nationalité française ».

 

« Une triple erreur politique »

 

Il appelle dans la foulée à ce que Tidjane Thiam puisse concourir au scrutin : « Je plaide pour que le président de la CEI et le président de la République, ensemble, décident en responsabilité qu’il soit procédé à une révision de la liste électorale avant l’élection d’octobre 2025, révision qui permettrait à Tidjane Thiam d’être à nouveau électeur et éligible. »

 

Selon lui, cette décision devrait être motivée par « la logique démocratique » : « Une révision de liste électorale intervient avant toute élection importante », écrit-il. Mais également sur un plan plus politique, il considère qu’ »empêcher la candidature d’un Ivoirien à la valeur reconnue, empêcher le parti historique qu’est le PDCI de choisir librement son candidat et aboutir à la tenue d’une élection exclusive alors qu’on a annoncé la vouloir inclusive, et par là, apaisée, serait une triple erreur politique ».

 

Il souligne ainsi qu’une telle manœuvre poserait également un problème plus moral, notamment à l’endroit d’Alassane Ouattara, qui revendique une filiation politique avec l’ancien président Félix Houphouët-Boigny. « Profiter silencieusement de l’aubaine d’une élimination par un droit contesté d’un rival politique, petit-neveu, petit-fils selon la tradition baoulé, de Félix Houphouët-Boigny, quand on a soi-même été projeté dans la politique ivoirienne par le même Félix Houphouët-Boigny une génération plus tôt, serait pour moi une faute morale ; à chacun sa morale, celle-là est la mienne », plaide Philippe Serey-Eiffel.

 

« Pas le grand homme d’État que j’ai admiré »

 

L’ancien conseiller conclut enfin sa missive par la formule suivante : « Si une telle décision ou toute autre décision politique du même effet n’était pas prise, je ne reconnaîtrais pas le grand homme d’État Alassane Ouattara que j’ai admiré et servi pendant trente ans et je cesserais de lui apporter mon soutien. » La lettre n’a à ce jour reçu aucune réponse d’Alassane Ouattara, alors que la Commission électorale indépendante (CEI) a publié, le 4 juin, la liste électorale définitive, actant l’exclusion de Tidjane Thiam du scrutin, mais aussi celle des opposants Charles Blé Goudé, Laurent Gbgabo et Guillaume Soro.

 

Trois derniers cas qu’évoquent en creux dans sa missive Philipe Serey-Eiffel « ne connaissant pas suffisamment sur le fond comme sur la forme les dossiers des autres leaders politiques écartés de la course à la présidentielle, je ne me prononce pas sur l’opportunité de leur réintégration, en théorie souhaitable pour permettre une élection démocratique, inclusive et apaisée ». Tout au long des deux dernières années, Philippe Serey-Eiffel a plaidé sans succès auprès d’Alassane Ouattara et de Tidjane Thiam pour que les deux hommes opèrent un rapprochement en vue de 2025.

 

Série de défections

 

En août 2023, Philippe Serey-Eiffel avait discrètement été rappelé aux affaires par Alassane Ouattara (AI du 27/08/24). Le président souhaitait alors qu’il joue un rôle de « conseiller spécial » auprès du vice-président, Tiémoko Meyliet Koné. Il s’était, dans ce cadre, entretenu à deux reprises, à Abidjan, avec le « VP », dont le profil était à l’époque poussé par Alassane Ouattara en vue de 2025. Au terme de deux mois de négociation, Philippe Serey-Eiffel avait finalement décliné l’offre du président.

 

En amont de la présidentielle d’octobre 2020, Alassane Ouattara avait déjà dû faire face à une série de défections au sein de son propre camp. À l’époque, plusieurs alliés du président ivoirien avaient en effet pris leurs distances : le vice-président Daniel Kablan Duncan avait démissionné en juillet 2020, après plusieurs mois de tensions, emboîtant le pas des ministres Marcel Amon Tanoh et Albert Toikeusse Mabri. Les deux hommes ont depuis renoué avec Alassane Ouattara.

 

Ces départs s’étaient néanmoins ajoutés à celui, en 2018, d’Henri Konan Bédié, l’ex-président du PDCI décédé en août 2023, puis à celui du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, en 2019.

 

Source: Africa Intelligence

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *