ABISSA 2025 : LA DANSE DES GÉNÉRATIONS ILLUMINE GRAND BASSAM
Le rythme du Edongbolé a marqué le coup d’envoi des festivités, célébrant le nouvel an N’Zima dans une belle harmonie intergénérationnelle.

Le rythme du Edongbolé a marqué le coup d’envoi des festivités, célébrant le nouvel an N’Zima dans une belle harmonie intergénérationnelle.
Et c’est parti ! Ce dimanche 12 octobre 2025, la Place Abissa, au cœur du quartier France à Grand Bassam, a vibré au son des tambours et des chants, marquant le lancement officiel et tant attendu du côté festif de l’Abissa. Une effervescence joyeuse s’est emparée de la cité historique, promettant une semaine riche en couleurs, en rythmes et en traditions.
L’événement a débuté par un moment empreint de solennité et d’émotion. Le tam-tam parleur, le sacré Edongbolé, est sorti de sa « retraite silencieuse » pour être acheminé vers le Palais Royal. Dans une ambiance « surchauffée », la famille dépositaire, les N’Vavilé, l’a remis au roi, Nanan Awoulae Amon Tano Désiré. Ce geste symbolique, comme le rappelle Binlin N’Damoulé, président de la Commission Tradition, est fondamental : le roi a alors transmis l’instrument au peuple, « accouru nombreux et impatient d’exécuter les pas de danse du nouvel an N’zima ». « À partir de cet instant, le ton est lancé pour la partie festival », a-t-il conclu, résumant l’énergie soudainement libérée.
Et quelle énergie ! La Place Abissa s’est transformée en un livre vivant de la culture N’Zima, où les pages se tournaient au rythme des générations qui se sont succédées.
En ouverture, la fraîcheur et la spontanéité de la Pépinière. Ces enfants, âgés de 5 à 15 ans, ont émerveillé l’assistance. Pour eux, l’apprentissage est instinctif, fait d’observation et d’imitation, copiant avec une adorable précision les pas de leurs aînés. Ils sont la graine de la tradition, celle qui germe sous les yeux.
Puis vinrent les Espoirs (16-29 ans), portant en eux la fougue de la jeunesse. Leur participation à l’Abissa va bien au-delà de la danse ; c’est pour eux une école de la vie. Ils apprennent à écouter et à décrypter la critique sociale, une composante essentielle de la fête, afin qu’elle influence positivement leur construction personnelle.
La danse a, ensuite, pris une autre dimension avec la génération des Forces vives, des hommes et femmes âgés de 30 à 59 ans. Élégants et majestueux, ils incarnent la transmission. Leur mission est claire : enseigner aux plus jeunes les us, coutumes et pas de danse du peuple N’Zima. Ils sont les gardiens actifs de la mémoire collective.
Enfin, dans un final plein de sagesse et de dignité, sont entrés en scène les Sages, hommes et femmes de 60 ans et plus. Chez eux, la connaissance des valeurs de l’Abissa a atteint sa pleine maturité intellectuelle et spirituelle. Ils sont les piliers, les modèles de droiture et de conduite. Leur rôle est de guider, de conseiller et d’inspirer, incarnant les fondamentaux du pardon, du respect et de la dignité qui assurent la pérennité de tout un peuple.
Pour clore en beauté cette journée d’ouverture, une initiation à la danse Abissa a été proposée à tous. Dans une joyeuse cacophonie, habitants et visiteurs ont découvert ses pas emblématiques, à l’image de Josie « Toubabou Mousso », une Française d’Alsace, pour qui cette « danse magique » fut une première.

La fête, loin de s’arrêter, se poursuit avec ferveur. Ce lundi matin, une rencontre entre les jeunes et le comité d’organisation est prévue au Palais Royal, avant que l’après-midi ne leur offre, à leur tour, la piste de danse. Aussi du 13 au 17 octobre 2025, il est prévu une présélection des élèves instrumentistes sur la place de l’Abissa. Les meilleurs vont se produire, le samedi 18 octobre prochain, avant l’arrivée du Roi Amon Tanoh Désiré. L’Abissa bat son plein, et Grand Bassam rayonne une fois de plus comme le berceau d’une culture vivante et généreuse.
MÉITÉ Aboubakar