16/04/2026
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FOOTBALL CAN 2025/DROITS DE DIFFUSION : LE BRAS DE FER ENTRE LA CAF ET LES TELEVISIONS EST ENGAGE

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À cinq jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, les chaînes de télévision publiques et privées des pays francophones maintiennent une pression maximale sur la Confédération Africaine de Football (CAF). Elles dénoncent un

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À cinq jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, les chaînes de télévision publiques et privées des pays francophones maintiennent une pression maximale sur la Confédération Africaine de Football (CAF). Elles dénoncent un accord de diffusion « injuste » et « économiquement inéquitable » qui, selon elles, spolie les peuples africains.

 

Abidjan, 15 décembre 2025 – La tension est à son comble à l’approche de la CAN 2025. Dans un courrier daté du 12 décembre et adressé à la CAF, un collectif de télévisions francophones (publiques et privées) a réaffirmé avec force son « refus catégorique » de se plier aux restrictions actuelles. Celles-ci ne leur permettent de diffuser gratuitement que 32 des 52 matchs de la compétition, laissant les 20 autres rencontres à des diffuseurs payants.

 

« Nous réaffirmons notre volonté commune et inébranlable d’assurer à nos populations l’accès intégral aux 52 matches de la compétition », peut-on lire dans la missive. Les signataires y développent un argumentaire percutant, axé sur le financement public du football africain. « La Can repose majoritairement sur les États africains et donc sur le contribuable africain. Dans ce contexte, il est injustifiable et économiquement inéquitable d’imposer un modèle de commercialisation calqué sur les standards de la FIFA et de l’UEFA, sans en adapter le modèle de financement. »

 

Le courrier accuse la CAF de créer une situation de double peine pour les supporters : « Faire cela revient à spolier les peuples africains qui se retrouvent contraints de souscrire à des chaînes privées ou étrangères pour suivre une compétition qu’ils ont, en réalité, déjà financée. » Depuis vendredi, les télévisions estiment que cette restriction constitue « une atteinte à l’égalité d’accès, une marginalisation des couches défavorisées et une négation des rôles des médias de service public ».

 

Ce courrier du 12 décembre marque la troisième étape d’une contestation ouverte. La crise a éclaté le 11 novembre par une première lettre collective dénonçant un accord jugé déséquilibré, favorisant largement le groupe Canal+ au détriment des diffuseurs nationaux africains.

 

La situation s’est encore envenimée le 22 novembre lors d’une « session de crise » à Lomé. Une révélation a alors jeté de l’huile sur le feu : la South African Broadcasting Corporation (SABC), la télévision publique sud-africaine, aurait, elle, obtenu les droits pour retransmettre l’intégralité des 52 matchs. Cette information, perçue comme une inégalité de traitement flagrante, a renforcé la colère et la détermination des diffuseurs francophones.

 

Les chaînes ne limitent pas leur combat à des considérations commerciales. Elles invoquent la dimension culturelle et sociale de la CAN. « La Can, c’est l’Afrique qui se rassemble et vibre autour de ses stars. C’est la fête du football africain que le business ne doit pas confisquer », plaident-elles, rappelant le rôle fédérateur et populaire de l’événement.

 

À cinq jours de l’ouverture du tournoi au Maroc, l’impasse semble totale. Les diffuseurs francophones campent sur leurs positions et appellent à une renégociation urgente. La CAF, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi à ce dernier courrier.

 

La question est désormais de savoir jusqu’où ira ce bras de fer. Va-t-on vers un black-out télévisuel pour une partie des matchs dans plusieurs pays francophones ? La pression des opinions publiques et des États parviendra-t-elle à infléchir la position de la CAF ? Les prochaines heures seront décisives pour savoir si les supporters devront sortir leur portefeuille pour vibrer au rythme de toute la CAN 2025.

 

 

MÉITÉ Aboubakar

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