MARIAGE TRADITIONNEL EN CÔTE D’IVOIRE : WILLIAM YAO ET KARENE YOBOUET S’UNISSENT A COCODY
Le samedi dernier une foule nombreuse et chaleureuse s’est réunie pour accompagner William (Yao Rolland) et Karène (Yobouet Karène) dans leur décision d’unir leurs vies. Devant leurs parents, amis et connaissances, la salle VIP de Baluxe, spécialement affrétée pour l’occasion, a refusé du monde, témoignant de l’importance de l’événement.
Le samedi dernier une foule nombreuse et chaleureuse s’est réunie pour accompagner William (Yao Rolland) et Karène (Yobouet Karène) dans leur décision d’unir leurs vies. Devant leurs parents, amis et connaissances, la salle VIP de Baluxe, spécialement affrétée pour l’occasion, a refusé du monde, témoignant de l’importance de l’événement.
Abidjan, 22 décembre 2025 – À Cocody Angré, dans un espace événementiel réputé, la famille de la future mariée, Yobouet Karène, a reçu avec honneur la délégation de la famille Yao Goly, venue officiellement demander sa main. La cérémonie, respectant scrupuleusement les us et coutumes du peuple baoulé, a été ponctuée de quelques intermèdes en français pour assurer la compréhension de tous.
Après les civilités d’usage, le cœur de la cérémonie a débuté. La famille Yao, représentant feu Yao Goly, ex-colonel des douanes décédé en 2016, a présenté une dot conforme aux saintes écritures et à la tradition, comme l’a rappelé avec véhémence le maître de cérémonie.
Les présents étaient composés ainsi :
- Pour le « Kôkôkô » : 2 bouteilles de liqueurs.
- Pour le « Soungbo » : une somme de 100 000 francs CFA.
- Pour le père de la mariée : 1 pagne Kita et 1 chaussure Abodjé.
- Pour la mère : 1 complet de pagne Kita, 1 chaussure Abodjé, 1 pagne Hollandais et 1 foulard traditionnel.
- Pour la mariée : 1 complet de pagne Hollandais, 2 complets de pagne Wax Côte d’Ivoire, 1 chaîne en or et 1 bracelet.
- La dot proprement dite comprenait : 4 bouteilles de liqueurs de grande valeur, 1 carton de vin, 1 carton de bière, 2 cartons de cannettes et la somme de 150 000 francs CFA en espèces.
Un élément a particulièrement retenu l’attention : après vérification minutieuse des présents, une pièce de 5 francs a été exigée. Selon les sages, cette pièce constitue le « témoin » ultime et intangible de l’alliance scellée entre les deux familles.
Sous les acclamations, le porte-parole de la famille Yobouet a alors accepté de « donner » leur fille aux Yao.

Vint ensuite une séquence culturelle profonde : la famille Yao a dû batailler pour « reconnaître » laquelle des filles Yobouet était l’élue de Rolland. Selon la pure tradition akan, il a fallu débourser à chaque tentative un « frais de transport » symbolique pour faire venir la promise.
Au quatrième essai, Rolland a enfin pu désigner sa dulcinée. Karène est apparue, rayonnante, dans une tenue traditionnelle somptueuse laissant apparaître ses bras et son dos, ornée de bijoux en or étincelants. Sa jupe et son corsage richement décorés, son chignon paré de bijoux et ses accessoires précieux ont suscité l’admiration de l’assemblée. Face à elle, Rolland, sobre et élégant dans une chemise bleu clair et un pantalon noir, lui a offert une première accolade publique, signe de leur acceptation mutuelle.
Après cette somptueuse séquence, la parole fut donnée aux familles pour leurs conseils.
- Yobouet Yao, porte-parole de la famille de la mariée, a comparé la vie conjugale à un chemin à tracer ensemble. Il a décrit la vie en trois étapes : la jeunesse (passée sous l’aile des parents), la lutte et la guerre (à affronter en couple). Insistant sur le respect, la confiance et la discrétion au sein du couple, il a exhorté les mariés à « vivre selon leurs moyens financiers, dans la vérité », en s’appuyant sur la Bible. Il a aussi évoqué la nécessité de surveiller « trois rétroviseurs » : leur relation, leurs parents respectifs et leurs beaux-parents.
- Kouassi Narcisse, porte-parole de la famille du marié, a salué l’éducation exemplaire reçue par les deux jeunes gens, qui les a préservés des écueils de la vie moderne. S’adressant à Rolland, il a déclaré : « Tu as fait le très bon choix. (…) Ta femme est ton miroir. » Il a souligné que le « meilleur conseiller » pour le couple est Jésus-Christ, et insisté sur l’importance cruciale de la communication : « Dans le foyer, c’est la communication qui entretient. (…) Communiquez, c’est ça qui fait le bon foyer. »
Interrogés par ajanou.info sur le bonheur qu’ils vivaient, les tourtereaux ont répondu en chœur, dans une parfaite symbiose : « On est heureux ! ».
Leur histoire, simple et belle, a débuté par un regard furtif et naïf en décembre 2017, sur les bancs de l’Université Méthodiste de Cocody. Ce regard les a conduits jusqu’à cette déclaration publique d’amour.
Après ces conseils riches en sagesse, tous les invités ont été conviés à un déjeuner de fête à l’espace Sankadiokro, à Saint Jean de Cocody. La prochaine étape pour le jeune couple sera la cérémonie civile, prévue dans le courant de l’année 2026, probablement après le mois de juin.
Souhaitons à William et Karène un chemin conjugal long, heureux et béni.
MEITE Aboubakar