AFRIQUE/CORRUPTION : UNE GANGRÈNE DIFFICILE À ÉRADIQUER
Selon le dernier rapport de Transparency International publié le 12 février 2026, l’Afrique subsaharienne peine à endiguer le fléau de la corruption, avec un score inférieur à la moyenne mondiale. Pourtant, des contre-exemples, comme les Seychelles, montrent la voie.
Abidjan, 23 Février 2026 – « Le continent ne parvient pas à se défaire du cancer de la corruption. » Le constat, dressé par l’ONG Transparency International dans son rapport 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC), est sans appel. Dans son édition du 12 février 2026, Jeune Afrique relate cette photographie contrastée d’un continent qui, malgré les discours, voit la prédation prospérer sur une grande partie de son territoire.
L’Afrique subsaharienne affiche un score global de 32 sur 100, significativement inférieur à la moyenne mondiale établie à 42. Un chiffre qui illustre l’ampleur des défis à relever, même si, nuance le rapport, les situations nationales sont « très contrastées ». Plus le score est élevé, meilleure est la perception de la lutte contre la corruption.
Sans grande surprise, l’étude de Transparency International met en lumière une corrélation forte entre la santé démocratique d’un pays et son niveau de corruption. « Les pays dont les scores restent faibles ou diminuent sont généralement caractérisés par des contre-pouvoirs démocratiques limités ou fragilisés », note le rapport. La politisation de la justice, l’absence de liberté de la presse, des scrutins non crédibles et l’étouffement de la société civile créent un terreau fertile pour la prévarication.
À cette instabilité politique s’ajoute l’instabilité sécuritaire, autre carburant majeur de la corruption. Les exemples les plus tragiques sont le Soudan du Sud et la Somalie, qui figurent parmi les pays où la perception de la corruption est la plus élevée au monde, piégés dans un engrenage où les crises humanitaires et l’absence d’État favorisent tous les trafics.
Mais le tableau n’est pas entièrement sombre. Le rapport identifie des « bonnes pratiques » et des dynamiques positives dans certains pays. Parmi eux, les Seychelles se distinguent comme un véritable modèle. L’archipel a vu son score IPC bondir de 16 points depuis 2012, une progression spectaculaire qui prouve, selon Transparency International, « qu’un système judiciaire fort peut jouer un rôle déterminant ».
Cette performance s’explique par une stratégie offensive : multiplication des procédures judiciaires contre les corrupteurs présumés et, surtout, « diverses réformes juridiques pour renforcer l’application des lois ». L’accent est mis sur la création et le renforcement de l’organisme national de lutte contre la corruption, un signal fort envoyé à la population et aux investisseurs.
L’infographie publiée par Jeune Afrique montre ainsi une carte de l’Afrique aux couleurs contrastées : si la teinte de la corruption reste dominante, les initiatives vertueuses, bien que trop rares, prouvent qu’une volonté politique ferme et des institutions solides peuvent inverser la tendance. Le combat, lui, est loin d’être terminé.
MÉITÉ Aboubakar