CÔTE D’IVOIRE/CONTENTIEUX SUR UN PROJET IMMOBILIER DE 500 LOGEMENTS À BINGERVILLE : LE TRIBUNAL DE COMMERCE TRANCHE LE JEUDI 5 MARS
Zéréyé Narcisse, main en poche, n'est pas du tout content
Le Renouveau Syndical des Agents du Fisc (RESA-FISC) de la Direction générale des Impôts (DGI) et la société de promotion immobilière BACID S.A. sont au Tribunal de Commerce d’Abidjan pour un litige concernant 500 logements. Le Tribunal va trancher le jeudi 5 mars 2026 sur le fond du contentieux.
Le projet immobilier « Cité Espérance » situé à Bingerville s’étend sur une superficie de 40 hectares. Le projet qui a démarré en janvier 2018 est réparti en trois tranches : 150 villas pour la première phase, 150 pour la deuxième et 200 pour la troisième. Lors de la conférence de presse qui s’est déroulée, le samedi 28 février 2026, dans la rue au lieu du site litigieux, le représentant de Me Modeste Abié, la défense du Resa-Fisc, Honoré Gnakpa a révélé que le projet était conçu pour se dérouler en 2 ans. Mais dans la 5e année, les logements ne sont pas encore livrés aux souscripteurs. Il estime qu’il y a un abus.
Le secrétaire général du Resa-Fisc, Zéréyé Zedou Narcisse, administrateur principal des services financiers à la DGI a annoncé que selon le contrat, la Bacid devait livrer 150 villas pour la première phase du projet.
Malheureusement, a-t-il déploré, ce sont seulement 20 villas qui ont été livrées. Zéréyé Narcisse a révélé que le Pdg de la Bacid, Salami Rachidi a refusé de présenter la liste des souscripteurs qui ont soldé le paiement de leurs logements. Pis, M. Salami Rachidi à l’en croire vend les logements à d’autres personnes à l’insu du Resa-Fisc. Zéréyé Narcisse a confié que le projet initialement devait être des maisons clés en main avec l’accompagnement des banques en vue de crédit acquéreur. Mais puisque le site de 40 hectares n’avait pas d’arrêté de concession définitive (ACD), le Resa-Fisc, selon le secrétaire général, a aidé la Bacid à avoir ce titre foncier. « Dès que M. Salami Rachidi a eu l’ACD, il s’est comporté comme il est le seul initiateur du projet de construction des logements », a avoué le syndicaliste qui a rappelé que l’opérateur immobilier ayant des difficultés financières avant l’acquisition de l’ACD a eu le soutien de Resa-Fisc qui a ouvert un compte de recouvrement pour faire plusieurs versements dont 400 millions FCFA, 300 millions FCFA, 100 millions FCFA, etc.

Le protocole d’accord signé en janvier 2018 prévoyait que la société BACID construise les logements avant paiement intégral par les acquéreurs, avec un accompagnement bancaire. Mais face aux lenteurs et aux difficultés, le RESA-FISC affirme avoir versé, par anticipation, plus de 2,3 milliards de FCFA afin de soutenir l’opérateur.
Dans le procès-verbal de tentative de règlement amiable du 22 janvier 2025 de Me Abié Modeste la défense du Resa-Fisc, Salami Rachidi a dit qu’il s’attendait à un chèque d’au moins 2 à 5 milliards FCFA et malheureusement le Réseau ramène à une histoire de liste d’acquéreurs dont il n’a aucune connaissance. « Depuis trois (03) ans le Resa-Fisc n’a fait aucun versement chez Bacid S.A, alors que dans les mois qui précèdent, le Resa-Fisc avait signifié au Bacid qu’il dispose sur un compte, la somme approximative de 1,3 milliard FCFA, prête à être versée au Bacid à condition d’une expertise », a révélé Salami Rachidi dans le procès-verbal.
La hausse du prix du matériel de construction pose un problème
Par ailleurs, vue la lenteur des travaux, le prix du matériel, au dire de Salami Rachidi, flambe et qu’il s’est retourné vers son interlocuteur pour revoir les prix à la hausse, mais les membres du Resa-Fisc ont refusé. « A contrario ils m’ont demandé de procéder à un morcellement et d’inscrire tous les acquéreurs sur les lots, chose qui est sur réaliste, car dans toute ma carrière dans ce domaine je n’ai entendu de telles choses », a confié Salami Rachidi.
Salami Rachidi joint au téléphone, le samedi 28 février dernier, a annoncé que son entreprise n’a pas travaillé sur le chantier litigieux à cause des agissements du Resa-Fisc. Dans le communiqué de la direction générale de la Bacid, en date du 23 février dernier, « le dernier incident en date remonte au samedi 21 février, lorsque Monsieur Zereye s’est présenté sur l’un de nos sites, accompagné de certains agents du « RESAFISC ». À cette occasion, des propos ont été tenus, lesquels n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas être imputés à la société BACID, ni refléter la réalité de nos activités ou de notre situation juridique ».
La société BACID tient à rappeler qu’elle exerce ses activités dans le strict respect des lois et règlements en vigueur en République de Côte d’Ivoire. « Nous demeurons une entreprise engagée, responsable et résolument tournée vers la contribution au développement économique et social de notre pays. », a conclu Salami Rachidi.
Olivia Durand