DROITS NUMÉRIQUES EN AFRIQUE : LA CÔTE D’IVOIRE MAUVAISE ÉLÈVE SELON LE RAPPORT LONDA 2025
À l’heure où le numérique transforme les sociétés, la protection des droits fondamentaux en ligne et l’inclusion digitale sont devenues des enjeux cruciaux pour les États africains. Pourtant, tous ne sont pas sur la même longueur d’onde. Le dernier rapport LONDA de Paradigm Initiative classe la Côte d’Ivoire parmi les pays les moins respectueux des droits numériques, juste devant la Somalie et la République centrafricaine.
Abidjan, 17 avril 2026 – Selon le rapport LONDA 2025 de Paradigm Initiative, qui évalue 29 pays africains à travers une série d’indicateurs précis, la Côte d’Ivoire figure parmi les mauvais élèves du continent en matière de respect des droits numériques. L’étude mesure le degré de conformité des États aux standards régionaux concernant la liberté d’expression, l’accès à l’information et la gouvernance numérique.
Les résultats dressent le portrait d’une Afrique à plusieurs vitesses. Si certains pays affichent des cadres juridiques et politiques avancés, d’autres peinent encore à garantir un environnement numérique respectueux des droits humains. C’est dans ce dernier groupe que se trouve la Côte d’Ivoire, intercalée entre la Somalie et la République centrafricaine dans le classement général.
Des critères stricts et variés
Le classement LONDA 2025 repose sur une analyse approfondie de plusieurs dimensions essentielles. Il prend d’abord en compte les atteintes directes à l’accès à Internet, comme les coupures de réseau, mais aussi l’existence de politiques publiques garantissant un accès universel, équitable et abordable.
Ensuite, le rapport examine le cadre juridique applicable, en s’intéressant notamment à la criminalisation des fausses informations et aux lois relatives à la sédition, qui peuvent restreindre la liberté d’expression. Les pratiques étatiques sont également scrutées : arrestations arbitraires, harcèlement des acteurs de l’information, intervention des autorités dans la suppression de contenus en ligne… Autant d’indicateurs révélateurs du respect effectif des droits.
Par ailleurs, la protection des données personnelles et la confidentialité des communications apparaissent comme des éléments centraux d’un environnement numérique sécurisé. Le rapport intègre aussi une dimension prospective, en analysant la capacité des États à anticiper les évolutions technologiques, notamment à travers l’adoption de stratégies en matière d’intelligence artificielle. Enfin, des aspects sociaux tels que la protection des enfants en ligne et l’inclusion numérique sont pris en compte, car ils conditionnent l’accès équitable des populations aux opportunités offertes par le numérique.
Deux enseignements majeurs
Ce classement met en évidence deux enseignements essentiels. D’une part, il révèle les performances relatives des États africains en matière de droits numériques, permettant ainsi d’identifier les leaders et les retardataires. D’autre part, il souligne les défis structurels auxquels le continent reste confronté pour garantir un espace numérique à la fois libre, inclusif et sécurisé.
Pour la Côte d’Ivoire, ce résultat invite à une prise de conscience : malgré ses ambitions technologiques, le pays doit encore franchir des étapes cruciales pour protéger efficacement les droits numériques de ses citoyens.
À propos du rapport LONDA – Initiative de Paradigm Initiative, réseau panafricain de défense des droits numériques, le rapport LONDA évalue chaque année les politiques et pratiques des États africains en matière de libertés en ligne. L’édition 2025 couvre 29 pays.
MÉITÉ Aboubakar
Le classement selon le Rapport LONDA 2025
1- Afrique du Sud
2- Ghana
3- Namibie
4- Sénégal
5- Égypte
6- Zambie
7- Kenya
8- Rwanda
9- Malawi
10- Nigeria
11- Lesotho
12- Botswana
13- Tunisie
14- Zimbabwe
15- Gambie
16- Bénin
17- Sierra Leone
18- Somalie
19- Côte d’Ivoire
20- République centrafricaine
21- Angola
22- Togo
23- Cameroun
24- Ouganda
25- Tanzanie
26- Éthiopie
27- Mozambique
28- République démocratique du Congo
29- Soudan