28/04/2026
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CÔTE D’IVOIRE/AGRESSION SEXUELLE : L’EX-FOOTBALLEUR ABDOULAYE TRAORÉ DIT BEN BADI ÉCOPE DE 36 MOIS DE PRISON

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Abdoulaye Traoré dit Ben Badi

Cinq ans après les faits, la justice ivoirienne a rendu son verdict. L’ancienne gloire du football ivoirien, Abdoulaye Traoré, surnommé Ben Badi, a été condamné ce jeudi 22 avril 2026 à trente-six mois de prison pour viol. Une décision saluée par la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes, qui a assisté la victime tout au long de la procédure.

 

Abidjan, 23 avril 2026 – Le nom d’Abdoulaye Traoré, alias Ben Badi, reste associé aux heures glorieuses du football ivoirien. Virevoltant attaquant de l’Asec Mimosas dans les années 90 et champion d’Afrique avec les Éléphants au Sénégal en 1992, il est aujourd’hui au cœur d’une affaire judiciaire d’une tout autre nature.

 

Ce jeudi 22 avril 2026, la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes a pris connaissance de la décision de justice rendue dans l’affaire opposant dame E.L. à Abdoulaye Traoré. Ce dernier a été reconnu coupable de viol. Les faits remontent au 31 mars 2021, date à laquelle la Ligue avait déjà publié un communiqué dénonçant l’accusation portée par la survivante.

Le communiqué de la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes

Selon le jugement, Ben Badi a été condamné à trente-six (36) mois d’emprisonnement, au paiement de quinze (15) millions de francs CFA à la victime, ainsi qu’à dix (10) ans de privation de ses droits civiques. Il lui est également fait interdiction de paraître à Bouaké pendant cinq (5) ans.

 

Dans un communiqué signé par sa secrétaire générale, Désirée Deneo, la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes se réjouit de cette décision qu’elle qualifie d’« avancée importante dans la lutte contre l’impunité des violences sexuelles et sexistes ». L’organisation, qui a suivi et assisté la survivante dès 2021, souligne que « dans un contexte où la parole des femmes est trop souvent mise en doute, discréditée ou réduite au silence, la justice ivoirienne envoie un message clair : les violences faites aux femmes ne doivent plus être banalisées ».

 

La Ligue tient également à exprimer sa profonde reconnaissance à Me Doumbia et Me Traoré, qui ont accompagné bénévolement dame E.L. tout au long de ce « marathon juridique ». Depuis la création de la Ligue, ces deux avocats soutiennent l’action de l’organisation en assistant gratuitement les survivantes, avec sérieux, dignité et humanité.

 

L’association salue par ailleurs le courage et la détermination de dame E.L., qui a tenu bon malgré les pressions et les tentatives de décrédibilisation de la violence qu’elle a subie, y compris dans les médias. « Son combat est aussi celui de milliers de femmes », écrit la Ligue, qui lui souhaite de trouver la paix et de se reconstruire sereinement.

 

Toutefois, l’organisation appelle à ne pas faire de cette condamnation une exception. « Cette décision ne doit pas être une exception, mais le début d’un changement structurel », insiste le communiqué. La Ligue en appelle aux institutions judiciaires, aux médias et à l’ensemble de la société pour qu’ils prennent leurs responsabilités afin de garantir l’accès à la justice, la protection et la dignité des survivantes.

 

Enfin, la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes rappelle à toutes les filles et femmes victimes de violences sexuelles et sexistes qu’elle se tient à leurs côtés « afin qu’elles ne soient plus jamais seules ».

 

Abdoulaye Traoré dit Ben Badi, icône du football ivoirien des années 1990, devient ainsi l’un des rares sportifs de haut niveau en Côte d’Ivoire à être condamné pour viol. Son procès pourrait faire date dans la reconnaissance judiciaire des violences faites aux femmes en Éburnie.

 

MÉITÉ Aboubakar

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