COTE D’IVOIRE/SECTEUR BANCAIRE ET MICROFINANCE : ADOPTION DE DEUX LOIS MAJEURES POUR UNE REFONTE EN PROFONDEUR
Les FinTech et la monnaie électronique font leur entrée dans le droit bancaire ivoirien
Le secteur bancaire et celui de la microfinance en Côte d’Ivoire s’apprêtent à vivre des transformations significatives.
Abidjan, 1er mai 2026 – Le gouvernement ivoirien a pris une décision décisive en adoptant deux projets de loi lors du Conseil des ministres qui s’est tenu le mercredi 29 avril au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau. Ces textes visent à moderniser le cadre juridique et à l’adapter aux mutations économiques et technologiques en cours dans la sous-région.
Le premier projet de loi porte sur la réglementation bancaire en République de Côte d’Ivoire. Conçu en parfaite cohérence avec la loi uniforme en vigueur au sein de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), ce texte intègre les évolutions récentes de l’environnement bancaire régional. Il traduit notamment l’impact du développement des nouvelles technologies, tout en prenant en compte les enjeux majeurs que sont l’inclusion financière et le financement des activités économiques. Parmi les innovations majeures, la nouvelle loi introduit dans le champ bancaire national la finance islamique, de nouveaux acteurs comme les entreprises de technologie financière (les « FinTech »), ainsi que de nouvelles opérations liées à la monnaie électronique, jusqu’alors non couvertes par la législation actuelle.
Le second projet de loi concerne la réglementation de la microfinance en Côte d’Ivoire. Selon le communiqué du Conseil des ministres, ce texte vise à réformer en profondeur le dispositif actuel, en lien avec la loi uniforme portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) de l’UMOA. Il apporte des correctifs essentiels à la gouvernance des institutions de microfinance, et introduit des mécanismes inédits de gestion du risque de crédit, de contrôle interne, ainsi que de gestion du système d’information. L’objectif est de générer automatiquement des états financiers fiables et de contenir la dégradation progressive de la qualité des portefeuilles de crédit. En outre, le texte renforce le régime de protection des déposants et des utilisateurs de services financiers, et prévoit des mesures de traitement efficace et accéléré des institutions de microfinance en difficulté.
Avec ces deux nouvelles lois, la Côte d’Ivoire franchit une étape importante dans la modernisation de son système financier. L’introduction des FinTech, de la finance islamique et la refonte du cadre de la microfinance devraient permettre de mieux sécuriser l’épargne, d’élargir l’accès aux services financiers et de soutenir plus efficacement le tissu économique national.
MÉITÉ Aboubakar