05/06/2026
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CÔTE D’IVOIRE/DÉCLARATION D’ABIDJAN 2 DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : LES ETATS INVITÉS À L’HARMONISATION DES CADRES LÉGISLATIFS 

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Les autorités à la cérémonie d'ouverture de la conférence, le lundi dernier

Les autorités à la cérémonie d'ouverture de la conférence, le lundi dernier

Les Etats sont invités à l’harmonisation des cadres législatifs avec les standards africains et internationaux et soutenir les initiatives des Régulateurs dans le processus de régulation de l’Intelligence artificielle (IA) et des Réseaux sociaux en facilitant l’adoption de Directives au sein des organisations sous régionales. C’est l’une des recommandations essentielles de la Déclaration d’Abidjan 2 au terme de la Conférence internationale initiée par le Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM) et le Réseau des Instances africaines régulations de la communication (RIARC). Cette Conférence qui a débuté, le 1er juin 2026, dans un hôtel à Abidjan-Plateau, a pris fin, le mardi 2 juin dernier. « Intelligence artificielle, réseaux sociaux et liberté de communication : enjeu de régulation » est le thème général de cette Conférence.

 

La Déclaration d’Abidjan 2 demande le soutien des Etats relatifs à la politique de développement des programmes de lutte contre la désinformation, la vérification de l’information (fact-checking), la promotion de l’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique. Tout en encourageant les investissements dans des infrastructures numériques modernes et en garantissant un accès équitable à l’éducation et à la formation, dans les domaines éthiques et techniques liés à l’intelligence artificielle et aux technologies émergentes.

 

Les grandes plateformes numériques sont aussi exhortées au respect des normes éthiques et juridiques en vigueur dans les Etats où elles opèrent et à procéder à des évaluations d’impact régulières. La Déclaration d’Abidjan demande aux plateformes numériques de veiller au respect des principes éthiques, de transparence et de responsabilité dans l’utilisation des systèmes de l’Intelligence Artificielle (IA). Et de renforcer leur engagement en matière de transparence et de responsabilité, notamment dans la modération des contenus, la lutte contre la désinformation et l’adaptation de leurs systèmes aux langues, cultures et réalités sociales africaines, en publiant des rapports de transparence accessibles aux Régulateurs. Non sans indiquer clairement par un marquage standardisé et visible, si un contenu audiovisuel a été généré ou modifié par l’IA.

 

Le REFRAM et le RIARC dans la Déclaration d’Abidjan 2 proposent une esquisse de cadre réglementaire, intégrant la régulation de l’IA et des Réseaux sociaux dans le secteur de la Communication audiovisuelle et numérique, respectueux des droits fondamentaux. Pour ces institutions il faut veiller à l’intégration davantage de langues africaines et des spécificités francophones dans les systèmes algorithmiques et des corpus d’entraînement des modèles d’IA, afin de lutter contre les biais linguistiques et culturels. Et renforcer la protection des enfants et des mineurs contre les risques liés à l’IA, notamment, en encadrant les systèmes de recommandation algorithmique et en promouvant des environnements numériques adaptés à leur âge. Et en suscitant la mise en place de dispositifs de vérification de l’âge et en soutenant des programmes d’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique (EMIcn) intégrant la dimension IA.

 

Le président du RIARC, Me René Bourgoin, président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) s’est réjoui du succès de la tenue de la Conférence avec en prime la Déclaration d’Abidjan 2 qui selon lui doit guider toutes les initiatives des deux institutions (RIARC et REFRAM). Pour lui face aux défis de l’IA, les Etats ne peuvent qu’accorder leurs violons.

 

Le président du REFRAM, Mamadou Ndiaye, pour sa part, a annoncé que la démocratie ne peut se pratiquer en fonction des pays en faisant allusion aux grandes plateformes qui font de la discrimination dans les rapports avec les pays par rapport à l’application des règles en matière d’IA et du numérique en général. La non prise en compte des langues locales par les algorithmes, a-t-il déploré, est à l’origine de l’exclusion de centaines de millions de personnes qui utilisent le numérique. Il a promis que la prochaine Conférence aura lieu d’ici le 31 décembre prochain où le bilan partiel de la Déclaration d’Abidjan 2 sera fait.

 

La Déclaration d’Abidjan 1 a eu lieu, à Abidjan en avril 2024.

 

Olivia Durand

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