CÔTE D’IVOIRE/DÉMOLITION DE KOUMASSI CAMPEMENT : NI LE DISTRICT NI LA MAIRIE À L’ORIGINE DE L’OPÉRATION
Koumassi Campement totalement détruit
Une opération de démolition des habitations situées à Koumassi Campement, dans la Commune de Koumassi, a eu lieu hier, mercredi 3 juin 2026. Sur le terrain, tout a été détruit : sur de longues distances, on ne trouve plus que des gravats mêlés à des tôles ondulées, que des ferrailleurs s’emploient déjà à récupérer.
Abidjan, 4 juin 2026 – Des valises gisent à côté de monticules de briques improvisées. Des familles fouillent désespérément les débris à la recherche de quelques biens encore sauvables. D’autres se lamentent, implorant la Providence, visiblement surprises par l’opération, n’ayant été ni averties ni préparées à un tel déguerpissement. Pour beaucoup, la question est désormais : où passer la nuit ? Une situation rendue encore plus critique par la pluie annoncée en fin de journée selon les prévisions météorologiques.
Contrairement à ce que la rumeur aurait pu laisser croire, ni le District ni la Mairie de Koumassi ne sont à l’origine de cette intervention. Des vérifications effectuées sur place confirment l’absence d’implication des autorités municipales ou du District.

Dans un communiqué officiel publié hier, la Mairie de Koumassi apporte des précisions : l’opération est menée à l’initiative d’un opérateur économique privé, M. Alloui Brou Jacques, dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice rendue en sa faveur à l’issue d’un litige foncier portant sur un terrain d’environ trois hectares.
« Selon les informations dont nous disposons, cette opération est menée à l’initiative d’un opérateur économique privé, M. Alloui Brou Jacques, dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice rendue en sa faveur relativement à un litige foncier portant sur ladite parcelle », précise le texte. La Mairie ajoute que cette opération relève exclusivement d’une procédure judiciaire et de son exécution par les services compétents de l’État, conformément aux dispositions légales en vigueur. Le bénéficiaire de la décision disposerait d’une grosse exécutoire ainsi que de tous les documents judiciaires nécessaires.
Le maire de Koumassi, M. Narcisse Toussaint Balley, suit avec la plus grande attention l’évolution de la situation ainsi que ses éventuelles répercussions sur les populations concernées. Il se dit attaché à la préservation de la paix sociale, au respect des droits de chacun et à la recherche permanente d’un climat de sérénité au sein de la commune.
Sur le terrain, les visages sont marqués par le désarroi. Beaucoup disent n’avoir reçu aucun préavis. Des familles entières se retrouvent à la rue, sans solution d’hébergement.
Au-delà de la détresse matérielle, une interrogation préoccupe les observateurs : comment se fait-il que cet opérateur privé n’ait pas attendu la fin des examens scolaires pour procéder au déguerpissement ? La question est d’autant plus cruciale que plusieurs élèves en classe d’examen vivaient sur ce site. Comment ces candidats pourront-ils poursuivre sereinement leurs épreuves dans des conditions pareilles ?
La Mairie, tout en rappelant qu’elle n’est pas maître d’œuvre de l’opération, invite les populations à faire preuve de responsabilité, à privilégier les sources officielles d’information et à éviter la diffusion de rumeurs susceptibles d’alimenter les tensions.
En attendant, la nuit s’annonce longue et pluvieuse pour les familles délogées du campement de Koumassi.
MÉITÉ Aboubakar