26/08/2026
Accueil » Articles » CÔTE D’IVOIRE/BLAUCKHAUS EN FÊTE : SORTIE OFFICIELLE DE LA GÉNÉRATION GNANDO DJEHOU

CÔTE D’IVOIRE/BLAUCKHAUS EN FÊTE : SORTIE OFFICIELLE DE LA GÉNÉRATION GNANDO DJEHOU

0
Le guerrier

Abidjan, 2 août 2026 – Le charmant village de Blauckhaus, niché au cœur de la Commune de Cocody, a vibré ce samedi 1er août 2026 au rythme d’une journée inoubliable, marquée par la sortie officielle éclatante de la génération Gnando Djehou. Un événement haut en couleurs et en sons, qui a drainé une foule impressionnante et attiré des personnalités de premier plan.

 

Cette grande fête a bénéficié du prestigieux parrainage de Son Excellence Monsieur Robert Beugré MAMBE, Premier Ministre et Chef du Gouvernement. Elle a également reçu le soutien de Monsieur Cissé Ibrahim BACONGO, Ministre-Gouverneur du District Autonome d’Abidjan, et a été présidée par Monsieur DJAMA Dibi Antoine, Conseiller du Premier Ministre. Monsieur GOUÉDAN Emmanuel Calixte et Madame GODOGO Rachel ont tenu les rôles traditionnels de parrain et marraine. Parmi les convives de marque figuraient Jean Kacou Diagou et Son Excellence Monsieur Matthias Veltin, Ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, venu avec son épouse et d’autres invités pour honorer l’événement de leur présence.

Mrs Emmanuel Gouédan (coiffe en or) parrain et Ernest N’Cho (en blanc) chef du village de Blauckhaus, lors de la sortie de la génération Gnando Djehou

Plus qu’une simple cérémonie, cette sortie de la catégorie Gnando Djehou ouvrait magnifiquement les festivités de la génération Gnando de Blockhaus. Elle incarnait un moment privilégié de communion, de fierté et de pérennité des traditions, où héritage, élégance et esprit générationnel s’entremêlaient dans une ambiance exceptionnelle.

Jean Kacou Diagou, (lunettes noires), 2ème parrain de la génération Gnando Djehou de Blauckhaus

Pour l’occasion, le village s’était paré de ses plus beaux atours. Les rues, méticuleusement nettoyées, et l’artère principale – la rue Ernest N’Cho, véritable épicentre des réjouissances – arboraient fièrement les drapeaux tricolores. Six imposantes tentes avaient été dressées pour accueillir confortablement les officiels et leurs nombreux invités.

 

Dès les premières lueurs du jour, les ruelles de Blauckhaus résonnaient déjà des tambours et des mélodies ancestrales. Les membres de la génération Gnando Djehou, vêtus de leurs plus magnifiques parures traditionnelles, ont défilé en cortège à travers le village, salués par les clameurs enthousiastes d’une foule immense. La cérémonie était ponctuée de danses guerrières exécutées avec une ferveur palpable, d’offrandes rituelles et de moments de recueillement, en présence des sages et des dignitaires religieux.

L’Ambassadeur d’Allemegne Mathias Veltin et son épouse, invités de la génération Gnando Djehou de Blauckhaus

Une première parade a vu défiler les dames de la génération, resplendissantes dans leurs uniformes aux couleurs chatoyantes. Leur passage, un spectacle vibrant, a été salué par les applaudissements d’un public toujours plus nombreux. Pendant ce temps, les enfants battaient joyeusement les tam-tams, faisant le tour des habitations pour quémander de petites douceurs. D’autres couraient et agitaient des castagnettes, débordant de joie.

 

Dans les foyers, les familles mettaient les petits plats dans les grands pour régaler leurs convives, venus de toutes les communes du District d’Abidjan et des villages atchan voisins.

 

Les officiels ont fait leur apparition progressivement, escortés vers leurs places d’honneur. Peu après, les chefs des soixante-deux villages atchan les ont rejoints, vêtus de somptueux habits traditionnels et parés de bijoux en or au cou et aux poignets. Dès que le dernier dignitaire fut installé, la fête a pu atteindre son paroxysme.

L’Attoungblan le tam-tam parleur a résonné ce samedi à Blauckhaus

À 14 heures précises, l’Attoungblan a retenti puissamment. Le chef de terre a alors accompli le rituel sacré de libation, invoquant le bon déroulement des festivités, la protection des participants, et implorant la bienveillance des ancêtres pour la génération Gnando Djehou qui se présentait au monde. Les échanges de civilités, eux, seraient réservés pour la clôture de la cérémonie.

 

C’est alors que le guerrier a fait son apparition pour sa parade, accompagné d’une garde rapprochée aux visages graves, maquillés de fard de guerre, le regard intense et aiguisé. Sa procession, longue d’environ deux kilomètres, devait démarrer devant la chefferie, passer par l’église catholique, pour s’achever face à la tribune officielle. Ce parcours, parsemé d’obstacles et d’épreuves symboliques, avait pour but de sonder la « force et l’intelligence » du guerrier, attestant de sa capacité à surmonter les défis pour sa génération.

Le guerrier de la génération Gnando Djehou Junior Yapo salue le parrain Emmanuel Gouédan

Sa tenue, d’une richesse symbolique inouïe, captivait tous les regards. Il arborait une haute coiffe ornée de huit petits miroirs scintillants, dont trois carrés centraux, et cernée de cauris blancs. Sa base éclatante et l’arrière rehaussé d’une cascade de fibres blanches sur fond noir complétaient l’ensemble. Le visage, subtilement rehaussé de kaolin sur les paupières et le nez, serrait entre ses lèvres une feuille verte. Un plastron tressé de fines feuilles de palmier couvrait sa poitrine et son dos, agrémenté d’un collier noir superbement tressé, mêlant précieuses amulettes et dents d’animaux. Aux poignets, il portait des bijoux, et dans chaque main, une machette recourbée. Une ceinture de pagne rouge venait ceindre ses reins.

 

Les groupes de tambourineurs, arborant des tee-shirts verts frappés du nom de la génération, scandaient le rythme, tandis que des jeunes faisaient résonner des grelots pour ouvrir la voie au guerrier. Des femmes portaient des seaux d’eau, d’autres des paniers d’œufs frais, contribuant toutes à l’effervescence générale.

 

La musique atteignait son apogée. Le guerrier avançait et reculait, virevoltait avec agilité, faisant miroiter ses machettes sous le soleil tout en dansant avec une ferveur communicative. Ses pas le menaient tantôt à droite, tantôt à gauche, sous les applaudissements nourris de la foule. Les cris fusaient de toutes parts, une immense ovation montait. Des femmes, la main sur la bouche, laissaient échapper un cri aigu et joyeux, tel un appel lointain. Malgré l’excitation et la bousculade des admirateurs du guerrier, le service d’ordre veillait à prévenir tout débordement.

Le guerrier Junior Yapo dans ses oeuvres

La danse s’est prolongée sur ce rythme, avec la même intensité, jusqu’à l’extrémité nord du village. À son retour, le premier guerrier a cédé la place au second, qui a offert une performance tout aussi captivante.

Prestation fort applaudie des femmes de la génération Gnando Djehou

Puis vint le tour des dames, resplendissantes dans leurs uniformes aux teintes éclatantes de pagne wax, le cou, la coiffure, les poignets et les mains ornés d’or. Elles ont offert un spectacle de chants et de danses magnifiques, accompagnées de castagnettes. Sous la direction de leurs chanteuses principales, micros en mains, elles entonnaient des mélodies, reprises en chœur par les autres, dans une chorégraphie céleste, à la fois gracieuse et envoûtante. La beauté atteignait son apogée lorsque l’ensemble des femmes chantait et dansait, ondulant avec une grâce infinie, épousant le rythme lent et mesuré de leurs pas.

 

Après trois heures d’une cérémonie riche en émotions et en intensité, le chef de la génération est venu saluer les officiels et prendre de leurs nouvelles. Des coffrets de boissons prestigieuses, incluant plusieurs bouteilles de liqueur, ont été déposés devant la tribune principale, en signe de respect et d’hospitalité.

Le show des femmes Gnando Djehou

Les civilités se sont déroulées en langue atchan, avec une traduction simultanée en français pour la compréhension de tous.

 

Le chef adjoint de la génération, Zabo Ange Gabriel, a chaleureusement accueilli les invités, soulignant que leur présence à Blauckhaus témoignait de la reconnaissance et du dynamisme du peuple atchan. Il a fièrement annoncé que la génération Gnando Djehou, fraîchement intronisée, comptait un total de trois-cent-soixante-huit membres, dont deux-cent-un hommes et cent-soixante-sept femmes.

 

Le représentant de Monsieur DJAMA Dibi Antoine, retenu par d’autres obligations, a transmis ses remerciements aux organisateurs et prodigué de précieux conseils à la génération Gnando Djehou. Le Professeur Danho Awadja Eugène, en son nom, les a exhortés à faire de la « sagesse, la force et la solidarité » les piliers de leur vie. En guise de soutien à ses jeunes protégés, il leur a offert un million de francs CFA, et a également contribué financièrement au comité d’organisation et à la chefferie.

Mme Marie Louise Djouampoh, membre de la génération Gnando Djehou de Blauckhaus

Les autres invités n’ont pas manqué de faire preuve de générosité, offrant à leur tour des dons, tant en espèces qu’en nature, à la génération et à la chefferie.

 

Alors que les lumières commençaient à scintiller dans le ciel de Blauckhaus et que certains invités regagnaient leurs pénates, les jeunes, armés de leurs grelots, se sont rassemblés sur la place du village pour prolonger la liesse dans une ambiance encore plus festive et résonnante.

 

MÉITÉ Aboubakar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *