26/08/2026
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CÔTE D’IVOIRE/ CAMPAGNE COMMERCIALE 2026-2027 DU KARITÉ : LE PRIX DU KILO BORD CHAMP FIXÉ À 250 FCFA

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EHUI Jérôme, à droite, et son Dga, Issa Konaté

Le prix minimum bord champ du kilogramme de karité est fixé à 250 FCFA pour la campagne commerciale 2026-2027 sur le territoire ivoirien. Ce, pour les amandes de karité bien séchées et bien triées, ne comportant aucune matière étrangère. L’information a été rendue publique, le vendredi 14 août 2026, à la représentation du Conseil coton anacarde karité, au Vallon, aux Deux Plateaux, dans la commune de Cocody, par le PCA dudit conseil, Jérôme Ehui, lors du lancement de la campagne commerciale 2026-2027 du karité.

 

Le prix du kilo en magasin intérieur pour l’acheteur est de 275 FCFA. En magasin usine le prix est de 305 FCFA le kilo. « Les achats auprès des collectrices et des acheteurs sont exclusivement réservés aux unités de transformation, jusqu’à nouvel ordre », a insisté Jérôme Ehui. Et de préciser : « Les transferts des camions d’amandes de karité vers les usines seront autorisés qu’à compter du 17 août 2026. Et toute exportation de noix et d’amandes de karité par les frontières terrestres est formellement interdite ».

 

Jérôme Ehui a rappelé que le karité constitue une ressource stratégique pour la Côte d’Ivoire. Et qu’il représente une importante source de revenus pour les populations rurales, en particulier pour les femmes qui assurent la production des amandes. « Son développement contribue à la lutte contre la pauvreté, à la création de valeur ajoutée et au renforcement de l’économie nationale », a confié le Pca du Conseil coton anacarde karité qui s’est réjoui de ce que des travaux sont actuellement engagés en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une réforme globale, destinée à renforcer durablement la gouvernance, la transparence et l’efficacité de la filière.

Durant la campagne 2025-2026, ce sont 51 000 tonnes de karité qui ont été livrés aux usines en Côte d’Ivoire. Pour la campagne 2026-2027, ce sont 60 000 tonnes de karité que la filière compte collecter. Or avec les 20 usines installées en Côte d’Ivoire, il faut 130 000 tonnes pour les alimenter en karité. « Au total, 51 697 tonnes d’amandes de karité ont été enregistrées dans le circuit formel de commercialisation et entièrement orientées vers les unités de transformation locale. Par ailleurs, 14 078 tonnes de beurre de karité ont été exportées vers treize (13) pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique », a précisé Jérôme Ehui qui estime que le karité étant une ressource stratégique pour la Côte d’Ivoire, il faut tendre vers la seconde transformation de ce produit.

 

C’est en cela que le directeur général adjoint du Conseil coton anacarde karité, Issa Konaté, a annoncé qu’il faut encourager les opérateurs à aller à la seconde transformation car il y va de l’industrie cosmétique et autres. C’est à juste titre que 6 ateliers régionaux, a-t-il confié, seront créés en vue de la sensibilisation sur le prix, la qualité, etc. Il a évoqué, en outre, la motivation des femmes collectrices de l’amande de karité, la protection des industries locales, la sécurisation de l’approvisionnement des usines, etc. Pour lui, il faut la traçabilité de la chaîne de commercialisation du karité.

 

Au titre de la campagne 2025-2026, ce sont 168 acheteurs, 21 unités de transformation et 32 exportateurs qui ont été identifiés. Le prix d’achat bord champ des amandes karité fixé à 250 F CFA/kg, a varié au cours de la campagne entre 250 et 350 F CFA/kg, avec un prix moyen de 275 F CFA/kg.

 

C’est par l’ordonnance n° 2025-259 du 23 avril 2025 que la gestion de la filière karité a été confiée au Conseil coton anacarde karité. Cette décision marque une étape importante dans la structuration et le développement de la filière.

 

Le karité c’est « l’or vert » du nord de la Côte d’Ivoire. Le pays est le 3ème producteur mondial après le Nigeria et le Mali. La collecte tourne de juin à septembre. Le « triangle d’or » du karité ivoirien est l’axe Korhogo-Boundiali-Ferkessédougou. C’est dans cette zone que 70% de la collecte nationale se fait. 99% du karité est collecté par les femmes rurales. On appelle ça « l’or des femmes ». Le ramassage se déroule de juin à septembre, sous les karités en brousse. C’est gratuit et ouvert à toutes. Le premier achat se déroule au village : les pisteurs/coopératives achètent le fruit ou l’amande sèche au kg. Ensuite le groupage : les coopératives stockent et revendent aux exportateurs à Korhogo ou Abidjan.

 

Au niveau de l’export : 90% du produit sont destinés à l’Europe, Asie pour beurre et cosmétique. Danone, L’Oréal, The Body Shop achètent en Côte d’Ivoire.

 

Les problèmes concernent l’abattage des arbres : pour le charbon et les champs. L’État ivoirien a interdit l’export de bois de karité mais ça continue. Ainsi que la concurrence Burkina/Mali : les collecteurs étrangers viennent acheter cash au village en Côte d’Ivoire. Ça fait monter les prix mais déstructure les coopératives. Et il y a le problème du climat : pluies irrégulières ce qui occasionne moins de fruits certaines années.

 

Olivia Durand

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