23/10/2026
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LITTÉRATURE/ DÉCÉDÉE LE 15 SEPTEMBRE 2026 : TANELLA BONI INHUMÉE À TOULOUSE

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Une immense figure de la littérature africaine vient de tirer sa révérence. Tanella Boni, philosophe, poétesse et romancière ivoirienne de renommée mondiale, est décédée le 15 septembre 2026 à Toulouse, en France, dans sa 72e année. La nouvelle a été officiellement annoncée par la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, qui a exprimé « la profonde douleur » du ministère face à ce « rappel à Dieu ». Dans son communiqué, la ministre a adressé ses condoléances à la famille de la défunte, à son époux Koné Tiékoura, ainsi qu’à ses enfants et petits-enfants, tout en soulignant que ce départ « vient éprouver » toute la famille du livre ivoirien. Son inhumation est prévue, aujourd’hui, lundi 21 septembre, à Toulouse.

 

Née en 1954 à Abidjan, Tanella Boni grandit entourée de plusieurs sœurs. Fait peu connu de son parcours : elle reste mutique jusqu’à l’âge de 12 ans, avant de devenir, des décennies plus tard, l’une des voix les plus puissantes de la pensée et de la littérature africaines.

 

Après une scolarité dans le nord de la Côte d’Ivoire, elle poursuit ses études supérieures à Toulouse puis à Paris, à l’Université Paris IV. Elle y décroche un doctorat de troisième cycle en philosophie en 1979, avec une thèse consacrée à Platon et Aristote, puis un doctorat d’État en 1987 sur « L’idée de vie chez Aristote ».

 

De retour en Côte d’Ivoire, Tanella Boni dirige le département de philosophie de l’Université de Cocody entre 1982 et 1984, avant de prendre la tête des Annales de Lettres comme rédactrice en chef, de 1986 à 1993. Elle enseigne ensuite la philosophie à Cocody de 1991 à 1997, d’abord comme maîtresse de conférences, puis comme professeure titulaire.

 

Parallèlement, elle préside l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire durant six ans et organise le Festival international de poésie d’Abidjan jusqu’en 2002. Son parcours est également jalonné de résidences prestigieuses : la Maison des auteurs des Francophonies en 1992, puis l’Institut d’études avancées de Paris, de décembre 2010 à juin 2011. Elle dirige aussi un programme au Collège international de philosophie à Paris (1992-1998) et occupe la fonction de directrice de la francophonie au ministère ivoirien de la Culture entre 2000 et 2002.

 

À travers ses poèmes, ses romans, ses essais et ses écrits pour la jeunesse, Tanella Boni a exploré avec une rare finesse les questions d’identité, de dignité humaine et de condition féminine en Afrique. Son essai Que vivent les femmes d’Afrique ? reste une référence sur le féminisme et les stratégies de résistance des femmes africaines. Les violences et les conflits, notamment au Rwanda, ont profondément marqué son œuvre poétique, en particulier son recueil Il n’y a pas de parole heureuse, publié en 1997.

 

Salifou Koné

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