22/10/2026
Accueil » Articles » CÔTE D’IVOIRE : L’AIGRH OUVRE UN NOUVEAU CHAMP SCIENTIFIQUE POUR L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE

CÔTE D’IVOIRE : L’AIGRH OUVRE UN NOUVEAU CHAMP SCIENTIFIQUE POUR L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE

0
cerao

Placée sous le haut patronage et la présidence effective de Monsieur Robert Beugré Mambé, Premier ministre, et sous le co-parrainage académique des professeurs Hauhouot Asseypo Antoine, Président Honoraire de l’Université Félix Houphouët-Boigny, et Kouakou N’Guessan, Président Honoraire de l’Université Alassane Ouattara, l’Académie Ivoirienne de Gestion des Ressources Humaines (AIGRH), conduite par le Professeur Essane Séraphin, a organisé, hier jeudi 24 septembre 2026, la 2ᵉ édition de ses Journées scientifiques.

 

Abidjan, 25 septembre 2026 – Le siège de la Conférence Régionale Épiscopale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO), sis à Angré Opéra, dans la commune de Cocody, a servi de cadre à cette grand-messe du savoir. Le thème retenu pour cette édition était « Répondre aux défis scientifiques & enjeux sociétaux du XXIᵉ siècle en Afrique subsaharienne ». En présence du Professeur Jacqueline Oble, de Maître Kokora-Bitty, de nombreux enseignants-chercheurs, de docteurs et d’étudiants venus s’abreuver à la source du savoir, la rencontre a tenu toutes ses promesses.

 

La journée a démarré par une conférence inaugurale portant sur « Éloge de la complexité et de l’humanisme, Discours sur le manifeste scientifique de l’AIGRH », prononcée par le maître des lieux, le Professeur Séraphin Essane. Ce moment fort a permis de dévoiler la portée véritable du Manifeste scientifique de l’Académie.

 

Selon le conférencier, ce document « remplit trois fonctions majeures : premièrement, annoncer une rupture épistémologique ; deuxièmement, proclamer un nouveau paradigme ; troisièmement, appeler à un engagement éthique et civique de la communauté scientifique. »

 

Le Professeur Essane a tenu à préciser que ce manifeste « ne doit pas être lu comme un simple document commémoratif ou institutionnel. Sa portée est plus ambitieuse. Il entend faire apparaître une question scientifique, annoncer une orientation et susciter une communauté de recherche. »

À travers ses deux textes fondateurs à savoir les « Origines, Développement et Missions » et « Éloge de la Complexité et de l’Humanisme », l’AIGRH affirme une identité et un projet, tout en explicitant une épistémologie et une éthique. « Ensemble, les deux textes constituent un système : origine et horizon, institution et pensée, programme et méthode, science et responsabilité », a souligné le conférencier.

 

Trois axes structurants se dégagent de cette réflexion. Primo, la rupture épistémologique. Celle-ci consiste à sortir d’une représentation fragmentée et exclusivement instrumentale de l’humain. Deuxio, le nouveau paradigme qui est une invite à penser l’organisation dans sa complexité, en ouvrant le dialogue entre management, sciences humaines et sociales, culture, spiritualité et fait religieux. Tertio, on a l’engagement éthique qui consiste à replacer la dignité, la responsabilité et le bien commun au cœur des finalités de la connaissance.

 

« Tel pourrait être le sens profond du Manifeste Scientifique de l’AIGRH : non pas proclamer que tout est déjà acquis, mais déclarer qu’un champ doit être ouvert ; non pas imposer une doctrine, mais proposer une orientation à discuter, à éprouver et à enrichir ; non pas opposer science et humanisme, mais travailler à leur rencontre », a conclu le Professeur Essane, avant de livrer cette formule appelée à faire date : « Penser la complexité pour mieux comprendre l’humain ; comprendre l’humain pour mieux orienter l’action. »

 

Peu après, l’arrivée du Premier ministre Robert Beugré Mambé et de sa délégation a été accueillie avec les honneurs. Une fois l’assistance installée, la parole est revenue au Professeur Essane Séraphin pour son discours inaugural. S’exprimant avec une profondeur puisée dans la tradition africaine, il a déclaré : « La spiritualité de l’être humain [est] un endroit si loin de l’univers. Nous n’avons pas de mots pour vous dire merci. […] Les historiens, les philosophes, les sociologues disent que les civilisations sont mortelles. La spiritualité est ce qui est immortel. Alors, nous venons en appui de vous voir pour mieux rebondir vers les horizons de demain. »

 

Poursuivant son propos, il a formulé des bénédictions symboliques. « Que le grand oiseau de notre tradition africaine, profonde, danse autour de nos ancêtres, qui dessine le cercle merveilleux autour de nous. […] Et l’éléphant, le grand retour. Au nom de l’Académie Ivoirienne des Sciences et des Arts, des Sciences Humaines, je vous souhaite à vous, Monsieur le Premier Ministre, qu’on vous donne et continue encore de vous donner souvenirs et mémoire heureuse d’un grand avatar. […] Que la grandeur qu’a connue la Côte d’Ivoire, l’énergie des Pharaons, que cette grandeur soit encore aujourd’hui l’étoile de notre destin. », a-t-il affirmé. Il a terminé en souhaitant « la plus cordiale bienvenue » à chacun et à chacune, remerciant l’assistance d’avoir « dédié ce mot et [sa] présence autour de la calebasse ».

 

Succédant au Professeur Essane au micro, le Professeur Hauhouot Asseypo Antoine, parrain académique du symposium, a livré une réflexion dense consacrée à l’avenir de l’Afrique et à sa capacité à peser dans le monde de demain. Il a identifié quatre axes majeurs : comprendre le nouveau monde, cerner les grands défis contemporains, construire des capacités scientifiques, éducatives et technologiques, et passer d’une Afrique qui attend et suit à une Afrique qui transforme et anticipe.

 

« Mesdames et messieurs, il n’y aura pas d’Afrique capable de peser dans le monde de demain sans une souveraineté scientifique », a-t-il martelé d’entrée. Pour le professeur Hauhouot, les crises contemporaines sont désormais interconnectées : une crise politique peut rapidement devenir une crise éducative, agricole, alimentaire, sanitaire ou géopolitique. Face à cette complexité, il préconise une approche systémique des défis africains.

 

L’universitaire a également insisté sur le rôle stratégique de l’éducation, de la formation, de la recherche et de l’innovation, plaidant pour une transformation des systèmes éducatifs africains afin de faire de la connaissance, de la compétence et de l’innovation des leviers de souveraineté et de développement. « La première ressource stratégique de l’Afrique n’est pas son sous-sol. C’est l’éducation, la formation, la recherche et l’innovation qui doivent être au centre de notre projet », a-t-il précisé.

 

Prenant la parole, le Premier Ministre Robert Beugré Mambé a salué l’engagement des chercheurs. Tout en reconnaissant l’urgence des réponses aux problèmes sociétaux, il a mis en garde contre la précipitation. « L’urgence ne doit jamais ensevelir le durable », a-t-il déclaré. Il a appelé à un équilibre entre les solutions immédiates et les transformations profondes sur le long terme.

 

S’appuyant sur les communications de la journée, le Chef du gouvernement a plaidé pour une conception élargie de l’homme et du travail, fondée sur le silence, la réflexion et le retour sur soi. Il a également souligné l’importance stratégique des bassins hydrographiques en Afrique de l’Ouest comme facteurs de solidarité et de développement.

 

S’adressant aux jeunes chercheurs, il les a encouragés à la persévérance. « Toutes les conquêtes continentales exigent silence, travail et vigilance », a-t-il souligné. Réaffirmant le soutien du gouvernement à la recherche scientifique, il a conclu son propos en rappelant que « l’Afrique est riche » et qu’il reste à faire émerger ces richesses pour les mettre à la disposition de tous.

 

À l’issue de son discours, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a signé le Livre d’or de l’Académie et pris une photo de famille avec les officiels.

 

L’après-midi s’est poursuivie par la présentation de panels liés aux problématiques africaines des champs majeurs de recherche en sciences religieuses au XXIᵉ siècle. Les travaux, qui ont mobilisé une communauté scientifique pluridisciplinaire, prendront fin ce vendredi.

 

MÉITÉ Aboubakar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *