22/10/2026
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CÔTE D’IVOIRE/35 ANS DU GROUPE DAV’COWORKING : DAVID ABOUYA EXPLIQUE LES ORIGINES DES CRISES DES CHEFFERIES ATCHAN

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Esmel Essis, au centre, tient son diplome de reconnaissance

Esmel Essis, au centre, tient son diplôme de reconnaissance

La méconnaissance des us et coutumes Atchan, ainsi que les rapports entre les autorités traditionnelles et les chefs de village, figurent parmi les causes des crises qui affectent la gestion des chefferies et du foncier dans les villages Atchan. C’est l’analyse développée par David Abouya, fondateur du Groupe DAV’Coworking, le jeudi 15 octobre 2026, à l’occasion du lancement des festivités marquant les 35 ans de son entreprise, à la représentation des Deux-Plateaux, à Cocody. Placée sous le thème « Traditions Atchan et gestion foncière », cette première journée commémorative a été marquée par un panel autour du sujet : « De la chefferie coloniale à nos jours, les transformations institutionnelles des chefferies traditionnelles en région Atchan et leur impact sur la gestion foncière ».

 

Plusieurs personnalités ont pris part aux échanges, notamment Esmel Essis, président du conseil régional des Grands-Ponts, ancien ministre et président du conseil d’administration du GUCE PME, ainsi qu’Édouard Guidi, chercheur traditionnaliste, et Aboua Koffi Joseph, ancien directeur général de l’Institut national de formation sociale (INFS).

 

La méconnaissance des traditions au cœur des conflits

 

Au cours de son intervention, David Abouya a expliqué que l’organisation de la société Tchaman repose traditionnellement sur un système de gérontocratie, dans lequel le doyen d’âge, appelé Nanan, occupe une place centrale dans la hiérarchie sociale et coutumière du village.En raison de son âge et de ses responsabilités traditionnelles, le Nanan confie généralement la gestion quotidienne des affaires villageoises au chef du village, qui assure notamment l’interface entre l’administration et l’autorité coutumière.

Edouard Guidi, une personne ressource sur le foncier d’Abidjan des Tchaman

Toutefois, des divergences entre ces deux figures peuvent entraîner des conflits de légitimité et de gouvernance, avec des répercussions sur la gestion des terres villageoises. Selon le fondateur du Groupe DAV’Coworking, certaines crises trouvent leur origine dans le non-respect des prérogatives coutumières du doyen d’âge.

 

« Le chef du village ne doit pas prendre de décisions sans le consentement du doyen d’âge », a-t-il expliqué en substance, déplorant les initiatives prises par certains responsables villageois en matière foncière sans concertation préalable avec le Nanan. Pour David Abouya, une meilleure connaissance des règles traditionnelles et le respect des mécanismes de décision coutumiers contribueraient à prévenir de nombreux différends au sein des communautés Atchan.

 

La question foncière, un enjeu familial et communautaire

 

Abordant la question de la propriété foncière en pays Atchan, l’intervenant a rappelé que les terres relèvent généralement des grandes familles, tandis que certaines parcelles appartiennent à la communauté villageoise. Il a notamment insisté sur le rôle des familles matrilinéaires dans la gestion foncière traditionnelle. À ce titre, il a cité les familles Lokoman et Fiédoman, auxquelles il attribue des responsabilités coutumières liées à la terre et à certains rites traditionnels, notamment la libation.

 

Ces pratiques témoignent, selon lui, de l’importance des règles coutumières dans l’organisation sociale et la gestion du patrimoine foncier des villages Atchan.

 

Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de mieux articuler les mécanismes traditionnels de gestion des terres avec les dispositifs institutionnels et juridiques en vigueur en Côte d’Ivoire. À l’issue du panel, les participants ont ainsi souligné l’intérêt d’une réforme du système foncier ivoirien, afin de favoriser une meilleure gouvernance des terres et de prévenir les conflits.

 

Trois jours de réflexion et de célébration

 

Outre les discussions, cette première journée des festivités des 35 ans du Groupe DAV’Coworking a été marquée par une cérémonie de remise de diplômes de reconnaissance à des personnalités et acteurs distingués. Les activités se poursuivent ce vendredi 16 octobre avec une journée consacrée au « Marketing opérationnel et événementiel ».

 

La clôture des festivités est prévue le samedi 17 octobre 2026, avec des activités autour du sport-santé et des assurances, ainsi que des ateliers consacrés aux clubs de cuisine et aux écoles. À travers cette célébration, le Groupe DAV’Coworking entend conjuguer la valorisation des traditions, les échanges d’expériences et la réflexion sur les enjeux de développement, tout en marquant trois décennies et demie d’existence.

 

Olivia Durand

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