CÔTE D’IVOIRE/ABISSA 2026 : LE SIEDOU LANCE LES FESTIVITÉS DANS UNE FERVEUR EXCEPTIONNELLE
Abidjan, 26 octobre 2026 – C’est parti pour l’Abissa 2026. Pour entrer de plain-pied dans la célébration qui marque l’entrée de la nouvelle année, les N’Zima Kotoko, venus de toutes les contrées de la région et de la diaspora, ainsi que leurs invités, ont rallié Grand-Bassam par la phase de Siedou, celle du recueillement. En voitures, par cars, à motos et même à pied, ils sont venus en grand nombre, rendant la voie principale menant au quartier France difficile d’accès. Chants et danses ont rythmé leur arrivée. Beaucoup portaient l’uniforme pagne de l’édition présente, d’autres des tee-shirts et polos confectionnés pour l’occasion. Les jeunes filles, pour une grande majorité, étaient vêtues de « culottes Abissa » ou de justaucorps très affriolants. Le quartier France grouillait de monde.

Au siège du comité d’organisation, qui jouxte le Palais royal, c’était l’affluence pour acheter qui son pagne, qui son tee-shirt, dans une ambiance bon enfant. Les jeunes filles commises à la tâche s’affairaient avec politesse pour satisfaire les acheteurs. Les boxes des partenaires et sponsors de l’Abissa ne désemplissaient pas : on y venait pour acheter une puce, effectuer un transfert ou tout simplement recharger son téléphone. Dans les maquis, la musique jouait à flot les rythmes en vogue et certains discutaient à pleines gorges du « clasico » Barcelone-Real de ce soir.

La place Abissa était noire de monde. Un monde fou, impatient de voir l’Edomgbélé, le tam-tam sacré. Il était exactement 16h40 lorsque l’équipe des tambourineurs, tous habillés dans un bel uniforme et conduits par le maestro Dr Ebian Philippe, percussionniste major de l’Edomgbélé, fit son apparition. L’ambiance est montée d’un cran. On sentait comme une excitation s’emparer de la foule. Les forces de l’ordre, déployées en grand nombre, ont commencé à filtrer les voies de passage. Après un bref rituel imposé, les trois tambours accompagnant le tam-tam sacré libéraient les premiers sons. Dr Philippe Ebian, avec ses baguettes magiques, donna à son tour un coup sur l’Edomgbélé. Une forte clameur répondit en écho. Ce fut un déchaînement des corps, et la foule suivait en dansant, en direction de l’embouchure, pour remettre le tam-tam aux familles détentrices de l’Abissa en vue du recueillement. Sur environ un kilomètre, les forces de sécurité usaient des mains, des pieds et des coudes pour maintenir l’ordre.

Après 1h30 de chants et de danses, la procession atteignit l’embouchure, haut spirituel des N’Zima. Dans un ultime acte de remerciement du tambour à la population venue l’accompagner pour son « repos », l’équipe joua l’Éhoudoulé, le rythme phare de l’Abissa. Après quoi, le tambour fut remis aux familles détentrices de l’Abissa, qui le réceptionnèrent et prirent la direction de l’une des cases situées derrière les sables fins de l’embouchure.

Dans une semaine, l’Edongbélé réapparaîtra pour le Gouazo. Cette fois, l’atmosphère ne fera plus place au recueillement mais à la joie. Ce sera la fête.
MÉITÉ Aboubakar
(Envoyé spécial)