AFFI N’GUESSAN AU MEETING DE LA CAP-CI DE YOPOUGON : « UNIS ET MOBILISES, NOUS VAINCRONS »
Nous sommes rassemblés ce jour au 31 mai 2025, comme Charles Blé Goudé l’a dit, parce que le pays nous appelle. Mais le pays nous appelle parce qu’il a besoin de nous. Il a besoin de nous pour créer les conditions d’une alternance pacifique et démocratique en Côte d’Ivoire. Il a besoin de nous afin que le 25 octobre prochain, tout soit réuni pour mettre fin au régime qui nous torture à l’heure actuelle. Tout soit mis en œuvre pour mettre fin à la division, à l’exclusion, à la corruption,
Nous sommes rassemblés ce jour au 31 mai 2025, comme Charles Blé Goudé l’a dit, parce que le pays nous appelle. Mais le pays nous appelle parce qu’il a besoin de nous. Il a besoin de nous pour créer les conditions d’une alternance pacifique et démocratique en Côte d’Ivoire. Il a besoin de nous afin que le 25 octobre prochain, tout soit réuni pour mettre fin au régime qui nous torture à l’heure actuelle. Tout soit mis en œuvre pour mettre fin à la division, à l’exclusion, à la corruption, à l’instrumentalisation de la justice, au détournement des deniers publics, à la caporalisation des institutions de la République. C’est pour toutes ces raisons que la coalition pour une alternance pacifique a été créée.
Je voudrais donc saluer avec respect, tous les leaders des partis politiques, membres de cette coalition, qui ont su dépasser des considérations partisanes, qui ont su mettre en avant l’intérêt national, qui se sont rassemblés pour agir afin qu’en octobre 2025, nous ayons la capacité d’opérer l’alternance politique dans notre pays. Avec les leaders, je voudrais vous saluer aussi pour votre mobilisation extraordinaire à ce premier meeting de la coalition pour une alternance pacifique. Parce qu’une chose est de créer au niveau des leaders politiques une plateforme. Une autre chose, c’est de savoir si cette plateforme rencontre l’adhésion des militants, si cette plateforme est la bienvenue au sein des formations politiques qui composent la plateforme.
Votre mobilisation extraordinaire de ce matin a plusieurs significations. La première signification, c’est que vous nous donnez une onction, vous consacrez cette plateforme, vous légitimez cette plateforme, vous marquez votre adhésion au combat que la plateforme a décidé de mener.
Mais la deuxième signification, tout aussi importante, c’est que vous adressez un message clair à l’opinion nationale et internationale, pour leur dire que la CAP est une force qui compte. C’est très important. Parce qu’il y a des gens, dans l’opinion, au niveau des ambassadeurs, même au niveau de nos adversaires politiques, qui peuvent vous dire, et ils l’ont d’ailleurs dit, quand nous avons créé la plateforme : mais qu’il n’y a rien dedans ? Il y a un parti qui a deux députés, les autres n’ont rien, donc ils ne représentent rien sur l’échiquier politique national.
Mais votre mobilisation de ce matin montre bien qu’ils se trompent. Notre rassemblement d’aujourd’hui est en même temps une interpellation adressée au RHDP et à Alassane Ouattara, pour leur dire qu’ils ont tort de mépriser les revendications de l’opposition politique, qu’ils ont tort de ne pas accorder d’importance aux partis politiques qui sont dans l’opposition, qu’ils ont tort de croire qu’ils peuvent faire un passage en force, à l’occasion des élections de 2025. Parce que nous sommes là, debout, mobilisés, pour empêcher ce passage en force.
Nous sommes là, debout, mobilisés, pour créer les conditions d’élections inclusives, libres et transparentes en Côte d’Ivoire. Alors, quelles sont les conditions d’élections libres, inclusives et transparentes ? Il y en a plusieurs, ces conditions-là. L’une d’entre elles, c’est ce que le ministre Kahé Eric vient d’évoquer, l’analyse magistrale qu’il vient de faire à propos de la liste électorale. Parce que la liste électorale est un élément important du processus électoral. C’est elle qui donne droit à la carte d’électeur. Et la carte d’électeur, c’est le passeport. Si vous n’êtes pas sur la liste électorale, vous ne pouvez pas voter et vous ne pouvez même pas être candidat à une élection. Donc la liste électorale est fondamentale. Et c’est pourquoi sa crédibilité nous préoccupe et que nous avons inscrit la révision de la liste électorale dans le catalogue de nos revendications.
Mais avec la liste électorale, il y a aussi la commission électorale indépendante. C’est l’arbitre des élections, comme il a été dit. Et ce matin, les camarades m’ont demandé d’intervenir tout particulièrement sur la liste électorale. C’est pourquoi vous ne me verrez pas aborder d’autres sujets et que je vais me concentrer sur cette question. Alors, me concentrer sur cette question, c’est de vous expliquer pourquoi nous revendiquons une nouvelle commission électorale indépendante. Pourquoi nous décidons de demander la dissolution de la commission électorale indépendante actuelle.
Nous demandons la dissolution de la commission électorale actuelle. Nous exigeons la dissolution de la commission électorale actuelle. Parce qu’Alassane Ouattara a pris cette commission électorale en otage. La commission électorale indépendante est prise en otage par Alassane Ouattara et le RHDP, qui sont nos adversaires. Ce que nous allons affronter en octobre 2025. Est-ce que dans une compétition, qu’elle soit sportive ou politique, un candidat peut accepter que l’arbitre soit du côté de son adversaire ? Nous ne pouvons pas l’accepter. C’est pourquoi nous demandons la dissolution de la commission électorale actuelle. Parce que cette commission électorale actuelle est prise en otage par Ouattara et le RHDP.
Mais comment l’ont-ils pris en otage ? Ouattara a profité du chaos de 2011 pour asseoir une commission électorale actuelle à sa solde, et pour verrouiller le processus électoral en Côte d’Ivoire. Il n’est pas d’ailleurs à sa première expérience. Alassane Ouattara est un spécialiste du verrouillage. Il verrouille tout. Il a verrouillé l’armée. Il a verrouillé l’administration. Il a verrouillé la justice. Il a même verrouillé les chefs coutumiers. Il a verrouillé les organisations de la société civile. Même les religieux, il veut les verrouiller. Mais, nous n’accepterons pas le verrouillage. Nous allons déverrouiller. Et c’est pourquoi nous sommes là.
Figurez-vous que sur 630 commissions électorales locales, Alassane Ouattara a réussi à placer ses partisans, ses militants, à la tête de 610 commissions électorales locales. C’est-à-dire que 97% des commissions électorales locales sont dirigées par des militants du RHDP. Est-ce qu’on peut accepter ça ? Sur 18 membres de la commission centrale, Alassane Ouattara a réussi à prendre en otage 15 membres de la commission électorale centrale. Est-ce qu’on peut accepter ça ? Le président de la commission électorale indépendante, ne manque aucune occasion pour faire la démonstration qu’il est au service du RHDP.
Or, nous ne voulons pas revivre les événements de 2011. Vous vous rappelez ce qui s’est passé en 2011 ? En 2011, c’est au QG d’Alassane Ouattara que feu le président Youssou Bakayoko a proclamé le résultat de l’élection présidentielle de 2010. Nous ne voulons pas qu’en 2025, Coulibaly-Kuibiert aille proclamer le résultat de l’élection présidentielle, encore une fois, au QG d’Alassane Ouattara. Est-ce que vous êtes prêts à accepter ça ? Évidemment, nous ne pouvons pas accepter ça. C’est pourquoi nous nous battons et c’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui. Et le risque est grand. Le risque que ce qui s’est passé hier se passe encore demain.
Ce risque est grand. Parce que figurez-vous qu’à l’heure actuelle, personne ne sait où se trouve le système informatique qui nous a produit les fameuses listes électorales dont nous parlons. Personne ne le sait. Certains disent que ce système se trouve au QG d’Alassane Ouattara, là où se trouve actuellement Kone Kafana. Personne ne sait où se trouve le système électoral. Et personne ne doit le savoir. Monsieur Kakou bi, c’est un nom que vous ne connaissez peut-être pas, mais je suis sûr qu’à la suite de ce meeting, vous le saurez, que vous allez vous engager dans le combat pour la libération de ce monsieur. Il est président d’une association de consommateurs.
Lui et deux de ses membres ont osé écrire à la CEI pour demander à savoir où se trouve le système informatique de la CEI, à accéder à ce système informatique, à savoir qui sont les techniciens qui exploitent ce système informatique, et à réclamer que les partis politiques de l’opposition, comme les associations de la société civile, puissent eux aussi accéder à ce système informatique. Évidemment, comme réponse, ces trois messieurs se trouvent actuellement à la Maca. Ils se trouvent à la Maca pour troubles à l’ordre public.
Nous devons nous battre aussi. Alors, on ne sait pas où se trouve le système informatique, mais une chose que nous savons tous, c’est qu’au niveau de la CEI, celui qui gère l’informatique, celui qui gère l’édition des listes électorales, celui qui gère l’édition des cartes électorales, et celui qui va demain gérer la compilation des résultats électoraux, s’appelle Koné Sourou, ancien maire de Kolia, et représentant d’Alassane Ouattara à la CEI. Alors, je vous parlais tout à l’heure du verrouillage. Avec Kone Sourou, à l’informatique, Coulibaly-Kuibiert, à la tête de la CEI, on peut dire que la boucle est bouclée du Nord au Nord. Le processus électoral est verrouillé. Koné Sourou, demain, va faire des compilations fantaisistes, frauduleuses, et donner le résultat à Coulibaly-Kuibiert pour faire des déclarations fantaisistes et frauduleuses.
Pour empêcher cela, nous devons nous battre pour une CEI véritablement indépendante. Parce que la CEI, comme nous l’avons dit, est un arbitre. Un arbitre doit être impartial et neutre, afin de ne pas susciter par des décisions fantaisistes, des contestations, des troubles et de la violence.
Est-ce que cette CEI-là est un arbitre impartial et neutre ? Non ! Un arbitre doit être compétent, maîtriser son art, et travailler de façon professionnelle. A travers ce que Kayé Eric a dit, est-ce qu’on peut dire que cette CEI-là est compétente et digne de confiance ? Non ! Non, non, évidemment, la CEI ne mérite plus d’exister. C’est pourquoi nous devons tout faire pour mettre fin à l’existence de cette CEI. Et nous nous battons pour qu’un autre organe plus digne de confiance soit mis en place. Parce que la victoire en octobre 2025 dépend d’une CEI digne de confiance, d’une CEI véritablement indépendante, impartiale et neutre. Pour gagner en 2025, il faut d’abord gagner la bataille de la CEI.
Êtes-vous prêts à mener cette bataille pour la victoire en 2025 ? Non ! Alors, si nous sommes prêts, restons mobilisés à l’écoute des mots d’ordre de la CAP-CI, car la tenance est en marche.
Unis et mobilisés, nous vaincrons.
Je vous remercie.