13/03/2026
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COMMERCE/CRISE DANS LA FILIERE CACAO EN COTE D’IVOIRE LES PRODUCTEURS EXIGENT UN PLAN D’URGENCE POUR EVACUER LE CACAO

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L’enjeu est de taille. Le cacao représente environ 40% des exportations du pays et fait vivre près de 5 millions de personnes. La paralysie actuelle menace directement la stabilité économique de vastes zones rurales. Les producteurs, par la voix de leurs présidents Koné Moussa (SYNAPCI) et Kanga Koffi (ANAPROCI), ont prévenu : si

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Abidjan, 29 décembre 2025 – La filière cacao ivoirienne, pilier de l’économie nationale, est paralysée par une crise profonde de commercialisation. Une coalition d’organisations de producteurs somme le directeur du régulateur de démissionner et alerte sur la détresse de centaines de milliers de familles en cette période de fêtes.

 

La plateforme SYNAPCI–ANAPROCI a lancé un ultimatum d’une semaine aux autorités, exigeant la démission immédiate du directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC), Monsieur Brahiman Yves Koné, qu’elle accuse d’incompétence avérée » et de « gestion catastrophique ». Selon les représentants des producteurs, la campagne cacaoyère 2025-2026, ouverte officiellement le 1er octobre dernier, est quasi totalement bloquée.

 

  • Stocks massifs immobilisés : La plateforme affirme que plus de 700 000 tonnes de cacao seraient bloquées sur l’ensemble du territoire. Des centaines de remorques chargées restent immobilisées, et les magasins des régions productrices seraient pleins sans possibilité d’évacuation.
  • Blocage administratif : L’obtention des connaissements – documents indispensables pour transporter la marchandise vers les ports d’Abidjan et de San-Pedro – est devenue extrêmement difficile, paralysant l’activité des coopératives.
  • Paiements en souffrance : Conséquence directe, les producteurs subissent des retards de paiement généralisés. Beaucoup peinent à vendre leur récolte, les laissant sans revenu à l’approche des fêtes de fin d’année.

 

La colère des producteurs se cristallise sur la direction du CCC. Ils l’accusent de plusieurs dysfonctionnements majeurs :

  • Échec de l’anticipation et de la régulation de la commercialisation intérieure.
  • Gestion défaillante du système de vente anticipée, une source récurrente de tensions.
  • Conflit d’intérêts : Le rôle jugé ambigu du CCC, à la fois régulateur et acheteur à travers certaines structures comme Transcao, créant une concurrence jugée inéquitable. Face à cette situation, la plateforme SYNAPCI–ANAPROCI exige :

 

  1. Le départ immédiat de Brahiman Yves Koné.
  2. L’intervention urgente du Président de la République, Alassane Ouattara.
  3. La mise en place d’un plan d’urgence et d’un comité de crise pour libérer les stocks.

 

Cette crise survient dans un contexte paradoxal. En octobre 2025, le président Ouattara avait annoncé un prix bord champ record à 2 800 FCFA/kg, une décision saluée à l’époque comme un geste fort en faveur des planteurs. L’homme au centre de la tempête, Yves Brahima Koné, est un ingénieur agronome qui dirige le CCC depuis août 2017. Il est présenté par ses soutiens comme un réformateur cherchant à améliorer les revenus des planteurs, développer la transformation locale et ouvrir de nouveaux marchés en Asie et au Moyen-Orient.

 

Certaines analyses suggèrent que la crise dépasse les simples difficultés logistiques. Des acteurs du secteur pointent une dégradation de la qualité du cacao ivoirien, due à des années de priorité donnée au volume, qui aurait entraîné une perte de confiance chez les acheteurs internationaux. Par ailleurs, le CCC aurait rencontré des difficultés à écouler ses stocks sur un marché mondial moins dynamique, allant jusqu’à proposer des prix cassés sans trouver preneur.

 

L’enjeu est de taille. Le cacao représente environ 40% des exportations du pays et fait vivre près de 5 millions de personnes. La paralysie actuelle menace directement la stabilité économique de vastes zones rurales. Les producteurs, par la voix de leurs présidents Koné Moussa (SYNAPCI) et Kanga Koffi (ANAPROCI), ont prévenu : si aucune réponse concrète n’intervient dans une semaine, ils mobiliseront leur base paysanne pour faire entendre leurs droits. L’attention se porte désormais sur la réaction des plus hautes autorités de l’État, alors que la détresse sociale grandit dans les campagnes ivoiriennes.

 

MÉITÉ Aboubakar

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