13/03/2026
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CÔTE D’IVOIRE/ARRESTATIONS D’OCTOBRE 2025 : AMNESTY INTERNATIONAL ET LE GOUVERNEMENT IVOIRIEN DIVERGENT SUR LA NOTION DE « PROCÈS ÉQUITABLE »

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Hier, mercredi, le gouvernement ivoirien a réagi fermement aux accusations portées par l’ONG Amnesty International dans un communiqué publié lundi. Au cœur du débat : les conditions d’arrestation et de jugement de plusieurs personnes interpellées lors de manifestations quelques jours avant la présidentielle d’octobre 2025.

Abidjan, 12 Mars 2026 – Dans son communiqué du 10 mars 2026, Amnesty International faisait état de « centaines de personnes, manifestant·e·s et passant·e·s, arrêtées lors de la répression de manifestations » en octobre 2025. L’ONG dénonçait des « procès inéquitables sans la présence d’un avocat » et s’inquiétait du sort de « dizaines d’autres, dont une femme enceinte », toujours en détention provisoire.

Une version des faits que le gouvernement conteste point par point. Par la voix du Directeur des droits de l’homme, les autorités ont tenu à rétablir ce qu’elles estiment être la vérité judiciaire.

Le gouvernement affirme que « les personnes évoquées dans ce communiqué ont été régulièrement poursuivies, jugées et condamnées, après avoir bénéficié de l’ensemble des garanties du procès équitable ». Selon lui, les faits qui leur sont reprochés sont des « troubles à l’ordre public consécutifs à des attroupements ». Il rejette donc catégoriquement les termes d’ « arrestations sans fondement » et de « condamnations inéquitables », qu’il qualifie de « jugement de valeur inapproprié ».

Concernant la procédure judiciaire, le directeur des droits de l’homme a tenu à rappeler le principe du double degré de juridiction, « consacré en Côte d’Ivoire ». Il précise que les personnes condamnées ont fait appel, et que c’est désormais à la « juridiction compétente » de réexaminer ces affaires, et non aux « autorités ivoiriennes ».

Le point le plus sensible de cette controverse concerne le sort des femmes enceintes incarcérées. Le gouvernement dément formellement les allégations d’un « environnement défavorable au bon déroulement d’une grossesse ».

Pour étayer sa position, il a fourni des chiffres précis : « Depuis le début de l’année 2025, quinze (15) femmes enceintes ont été détenues pour diverses infractions, dont cinq (05) ont accouché. Toutes ces femmes ont bénéficié et continuent de bénéficier d’un suivi médical régulier et de l’assistance des services sociaux. »

Les autorités dénombrent actuellement huit femmes enceintes en détention en Côte d’Ivoire. Elles interpellent alors Amnesty International sur ce qu’elles considèrent comme une incohérence : « D’où vient-il alors qu’Amnesty International ne se préoccupe que du sort de trois (03) d’entre elles ? » Le gouvernement dénonce un « traitement différencié de personnes se trouvant dans une situation identique », y voyant une forme de « discrimination ». Et de conclure : « Amnesty International devrait se garder de faire une fixation sur les femmes évoquées dans son communiqué, à moins que, pour elle, la situation des autres détenues enceintes ne soit pas digne d’intérêt. »

Pour l’heure, Amnesty International n’a pas réagi à ces nouvelles précisions apportées par le gouvernement. L’opposition et les organisations de défense des droits de l’homme locales pourraient s’emparer de ce nouveau sujet de controverse dans les prochains jours.

 

MÉITÉ Aboubakar

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