CÔTE D’IVOIRE : LE PROGRAMME DE COOPÉRATION CÔTE D’IVOIRE-UNICEF 2026-2030 LANCÉ
Le gouvernement et l’UNICEF unissent leurs forces pour investir massivement dans la santé, l’éducation et la protection des enfants et des jeunes, en alignement avec le nouveau Plan National de Développement.
Le gouvernement et l’UNICEF unissent leurs forces pour investir massivement dans la santé, l’éducation et la protection des enfants et des jeunes, en alignement avec le nouveau Plan National de Développement.
Abidjan, 10 février 2026 – L’auditorium du ministère des Affaires étrangères à Abidjan-Plateau a servi de cadre, ce lundi 9 février 2026, au lancement solennel du Programme de Coopération (CPD) 2026-2030 entre le gouvernement de Côte d’Ivoire et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Cette feuille de route quinquennale ambitieuse vise à placer les droits et le bien-être de chaque enfant, adolescent et jeune au cœur des priorités nationales.
Présidant la cérémonie, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a salué « l’excellent cadre de coopération » liant les deux partenaires. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à assurer « un pilotage stratégique rigoureux » de ce programme, parfaitement aligné sur le nouveau Plan National de Développement (PND) 2026-2030, adopté la semaine dernière et estimé à 114 838,5 milliards de FCFA.
Le nouveau CPD s’appuie sur les acquis du cycle précédent (2021-2025), financé à hauteur de 212,5 millions de dollars par l’UNICEF. Le représentant résident de l’UNICEF, Jean-François Basse, a cité parmi les succès : 78 051 enfants retournés à l’école, une couverture vaccinale (DPT3) passée à 97%, 4,5 millions d’enfants supplémentés en vitamine A annuellement, près de 3 millions de nouveau-nés enregistrés à l’état civil et plus de 486 000 jeunes formés professionnellement. « Ces progrès sont certes notoires, cependant ils s’avèrent toutefois insuffisants », a toutefois nuancé M. Basse, pointant la persistance de défis majeurs qui appellent une mobilisation accrue.
Le ministre Diarrassouba a dressé un tableau sans concession des obstacles à surmonter pour la génération future :
- Pauvreté infantile : 63% des enfants et adolescents, surtout dans le Nord, touchés par la pauvreté multidimensionnelle.
- Nutrition : 79% des enfants sans alimentation variée et équilibrée.
- Éducation : Environ 2,3 millions d’enfants non scolarisés.
- Eau et assainissement : 70% des enfants avec un accès limité à l’eau potable, 75% sans assainissement adéquat.
- Violence : 75% des enfants victimes de violences.
- État civil : Couverture faible, autour de 68% pour les adolescents.
Les ambitions du CPD 2026-2030 : 171,5 millions de dollars pour l’avenir
Pour répondre à ces urgences, le nouveau programme, d’un coût global de 171,5 millions de dollars, opère des « shifts stratégiques ». Il privilégiera la mobilisation de financements innovants, la lutte contre les inégalités, la digitalisation, la résilience climatique et une programmation intégrée.
Les fonds seront alloués comme suit :
- 34% pour la Santé, l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement.
- 21,1% pour l’Éducation.
- 13,3% pour la Nutrition.
- 12,1% pour l’Efficacité du programme.
- 10,9% pour la Protection de l’enfant.
- 8,5% pour les Politiques sociales et l’inclusion des adolescents et jeunes.
Les actions prioritaires cibleront la digitalisation de la protection de l’enfant, la vaccination universelle, le renforcement des systèmes alimentaires, l’inclusion scolaire et l’employabilité des jeunes.
« Le lancement du CPD 2026-2030 marque une étape importante, mais il n’est constitutif que d’un point de départ », a souligné le ministre Diarrassouba. « La véritable mesure de l’entité résidera dans l’impact concret des actions menées. »
Jean-François Basse a, quant à lui, réitéré « l’engagement et la promesse renouvelée de l’UNICEF » à œuvrer pour que chaque enfant, surtout le plus vulnérable, puisse réaliser ses droits et son plein potentiel, concrétisant ainsi l’engagement de ne laisser personne de côté.
Ce nouveau cadre de coopération, fruit d’un long processus de concertation, se veut être le levier d’une accélération décisive du développement humain en Côte d’Ivoire, pour bâtir, à l’horizon 2030, « une grande nation stable, ambitieuse et solidaire ».
MÉITÉ Aboubakar