CÔTE D’IVOIRE : VILLAGE D’ABATTA À BINGERVILLE : LE FILS ET FILLES SE RÉCONCILIENT ENFIN
Le dimanche 8 février 2026, une date mémorable dans l’histoire du village d’Abatta, situé dans la commune de Bingerville, une banlieue d’Abidjan, capitale économique ivoirienne. Les fils et filles du village ont enfin fumé le calumet de la paix après moult conflits dus à la passation du pouvoir entre la génération Dougbo et la génération Tchagba.
Le dimanche 8 février 2026, une date mémorable dans l’histoire du village d’Abatta, situé dans la commune de Bingerville, une banlieue d’Abidjan, capitale économique ivoirienne. Les fils et filles du village ont enfin fumé le calumet de la paix après moult conflits dus à la passation du pouvoir entre la génération Dougbo et la génération Tchagba.
À l’issue de plusieurs mois de consultations internes et après l’unité retrouvée des tchagba, une grande réunion générale s’est tenue ce dimanche, de 16h à 18h, consacrant la paix, la réconciliation et la cohésion sociale au sein de la communauté. Placée sous l’autorité de Nanan Dadié Laurent, doyen du village, et de l’honorable ABITO Joseph, chef du village d’Abatta, cette rencontre a réuni l’ensemble des composantes socioculturelles du village : gnandô senior, dougbô, tchagba, blessoué, la jeunesse, hommes et femmes. La cérémonie a également enregistré la présence remarquée de Monsieur Issouf Doumbia, Député-Maire de Bingerville et fils du village. L’information provient d’un communiqué du service communication de la chefferie que nous avons reçu, le lundi 9 février dernier.
Après les civilités traditionnelles, une prière a été dite par Monsieur Logon Raphaël, spécialement mandaté et béni par le Nanan du village pour la circonstance, plaçant ainsi la rencontre sous le sceau de la paix et de la bénédiction ancestrale.
Prenant la parole, Monsieur Tchapo Alphonse, porte-parole en chef des tchagba, a délivré un message fort de réconciliation et de cohésion sociale.
Au nom du chef du village, il a annoncé officiellement l’unité désormais effective des tchagba et a exhorté l’ensemble de la population à suivre cet exemple salvateur pour l’avenir du village.
Au nom des doyens du village (gnandô senior et dougbô), Monsieur Dadié Djoman Blaise, l’un des porte-parole, a invité tous les villageois à adhérer sans réserve à cette dynamique d’unité prônée par la chefferie. Il a également formulé des conseils à l’endroit du chef du village, l’encourageant à une gouvernance fondée sur la transparence et l’efficacité.
S’exprimant pour les blessoué, Monsieur Boto Fulgence, dit Djongonsé, a salué la paix retrouvée et appelé particulièrement la jeunesse à s’y conformer, dans l’intérêt de leur avenir. Il a par ailleurs sollicité publiquement l’organisation prochaine d’une assise avec la chefferie tchagba afin d’aborder les questions liées au développement du village.
Invité à son tour, le Député-Maire Issouf Doumbia a abondé dans le même sens, réaffirmant son engagement en faveur de la paix, de la réconciliation et de la cohésion sociale, conditions essentielles selon lui pour accompagner le développement d’Abatta.
Il a qualifié cette rencontre de « première sortie » d’un processus qui se poursuivra afin d’aplanir durablement les différends au sein du village.
À l’issue de son intervention, le Député-Maire a créé la surprise en offrant un véhicule de fonction à la chefferie. Les clés ont été solennellement remises au chef du village en présence des doyens du village, du doyen des tchagba et des porte-paroles.
Ce geste hautement symbolique a suscité une vive émotion et a été chaleureusement salué par la population.
Conformément aux us et coutumes Atchan, le chef ABITO Joseph et Monsieur Djomo Hyacinthe ont été invités au centre de l’assemblée, aux côtés du représentant du doyen et du Député-Maire.
Par des accolades symboliques, devant Dieu, les ancêtres et la communauté réunie, ils ont scellé publiquement cette réconciliation.
Des cris de guerre en pays atchan ont alors retenti pour conjurer définitivement la division, les palabres et les rancœurs passées.
C’est aux environs de 18 heures que le représentant du doyen du village a levé la séance, marquant ainsi la fin de cette grande réunion générale, désormais inscrite comme une date historique dans la marche du village d’Abatta vers une paix durable.
La gestion des villages Atchan propriétaires d’Abidjan sont gérés par classe d’âge à travers les générations dans lesquelles se trouvent quatre catégories.
Olivia Durand (Source Sercom de la chefferie d’Abatta)