LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS EN COTE D’IVOIRE : UN PROGRAMME PILOTE POUR ACCELERER LA PROTECTION DES ENFANTS DANS LA NAWA
Les responsables des Agences des Nations unies se sont rendus dans la région de la Nawa pour se rendre compte des initiatives qui sont prises pour lutter contre le travail des enfants à travers le programme « Ensemble pour agir sur les causes profondes du travail des enfants dans la Nawa » (ENACTE). La mission s’est déroulée du 27 au 29
Les responsables des Agences des Nations unies se sont rendus dans la région de la Nawa pour se rendre compte des initiatives qui sont prises pour lutter contre le travail des enfants à travers le programme « Ensemble pour agir sur les causes profondes du travail des enfants dans la Nawa » (ENACTE). La mission s’est déroulée du 27 au 29 janvier 2026. L’information provient d’un communiqué de presse des Agences de l’Onu en date du 30 janvier dernier.
Le programme conjoint ENACTE mis en œuvre par l’Organisation internationale du Travail (OIT), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), cofinancé par l’Union européenne et la Suisse, enregistre des résultats significatifs en matière de protection de l’enfance, de coordination des actions de lutte contre le travail des enfants, de protection sociale, de renforcement des services sociaux de base dans les communautés cacaoyères telles que l’accès à l’eau potable dans la région de la Nawa.
Déployé en partenariat avec le Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS) et le Comité Interministériel de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CIM), ENACTE a permis d’améliorer la coordination institutionnelle, de rapprocher les services essentiels des populations rurales et de renforcer les mécanismes locaux de prévention et de réponse au travail des enfants.
Le préfet de la région de la Nawa, Clément Kouamé Bi Kalou a apprécié la collaboration entre les autorités administratives et le programme ENACTE, estimant qu’elle a contribué à des avancées notables dans la lutte contre le travail des enfants. « Au regard des résultats atteints par le programme, nous souhaitons voir se poursuivre cette dynamique à travers une seconde phase afin de capitaliser sur les acquis tout en améliorant ce qui doit l’être » a-t-il déclaré.
Les interventions ont notamment contribué à une meilleure interopérabilité entre les services de santé et l’état civil, à l’extension de services sociaux intégrés et au soutien de moyens de subsistance alternatifs pour les familles vulnérables.
Jean-François Basse, Représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire a annoncé que les résultats obtenus montrent que l’accès effectif à l’éducation, à la santé et à l’enregistrement des naissances constitue un levier décisif pour protéger durablement les enfants.
Pour sa part, Ndeye Coumba Diop, directrice du Bureau pays de l’OIT en Côte d’Ivoire a indiqué : « ENACTE démontre que des actions ciblées sur le travail décent, la protection sociale, le dialogue social, la syndicalisation des producteurs de cacao, produisent un impact réel et mesurable sur la prévention du travail des enfants »
Quant à David Preux, Représentant de l’OIM il a souligné que : « Les investissements dans l’eau, l’hygiène et les services de proximité ont un effet direct sur la résilience des communautés et la réduction des risques de travail des enfants.»
Gérard Babalola Laleyé, conseiller Régional gouvernance pour l’Afrique de l’Ouest à la Coopération Suisse, bailleur principal du programme s’est félicité des résultats visibles obtenus avec le programme ENACTE. Pour lui si ENACTE est déployé à l’échelle nationale avec les projets de l’Etat, le programme aurait atteint un vrai résultat de développement et de durabilité sur toutes ces problématiques de droits des enfants, protection des filles, accès aux services de base en général, etc.
Le consultant national en charge de la lutte contre le travail des Enfants au cabinet de la Première Dame, Amani Konan a souligné l’important travail de coordination des actions de lutte contre le travail des enfants accompli par ENACTE. « Le programme ENACTE a permis de confirmer l’évidence que dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants, lorsque les acteurs décident de décloisonner leurs interventions et de travailler ensemble de manière solidaire et complémentaire, en créant une sorte d’écosystème dynamique qui tire parti des réalités du terrain, les résultats sont plus efficaces et concrets », a-t-il argumenté. Amani Konan est convaincu que ENACTE est un succès, et qu’il devrait inspirer tous les acteurs et être vulgarisé sur le territoire national pour permettre une réduction significative et durable du travail des enfants en Côte d’Ivoire.
En sa qualité de secrétaire exécutif du Comité interministériel de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CIM) au ministère de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Martin N’guettia s’est réjoui de ce que ENACTE a atteint ses objectifs en apportant une réponse holistique à la question de la coordination et de gouvernance de la lutte contre le travail des enfants. « Je suis d’autant satisfait des résultats de la phase 1 de ENACTE dans la mesure où il a pu développer un modèle durable que l’on pourrait répliquer dans d’autres secteurs d’activité et dans d’autres régions », a-t-il exhorté.
La phase pilote du Programme ENACTE qui a débuté en juillet 2022 prend fin en juin 2026. La région de la Nawa est l’une des premières régions productrices de cacao en Côte d’Ivoire et une destination prioritaire en termes de migration sud-sud et où il y a une forte prévalence du travail des enfants. ENACTE sera dupliqué ou réaménagé en vue de son application au plan national. La région de la Nawa dont Soubré est le chef-lieu est situé à plus de 369 km, au nord-ouest d’Abidjan.
Olivia Durand