SOCIETE/PROMOTION DE L’ART ORATOIRE EN PAYS ATCHAN : DES PAROLIERS SUR LE MARCHE
Très bien vêtues les dames en années 60 avec foulards, colliers, etc. Les hommes eux enduits de kaolin blanc avec un sous corps blanc sur un pagne keta bleu, noir, blanc, etc. Ils ont transporté un panier composé de plusieurs types de plantes, de citrons, escargots, un bout de gros tige, un paquet de cigarette, de crabes, de graines, etc.
Six hommes et trois jeunes dames des villages communaux d’Abidjan que sont Abobo Doumé, Aboboté, Anono, M’Pouto et M’Badon ont effectué leur sortie officielle, le samedi 8 novembre 2025, à Anono (commune de Cocody), après 15 mois de formation, en tant que parolier. Avec cette sortie, ces paroliers peuvent être sollicités pour se produire lors des évènements heureux et malheureux en pays Atchan, ou Ebrié dans Abidjan ou même sur le territoire national.
Très bien vêtues les dames en années 60 avec foulards, colliers, etc. Les hommes eux enduits de kaolin blanc avec un sous corps blanc sur un pagne keta bleu, noir, blanc, etc. Ils ont transporté un panier composé de plusieurs types de plantes, de citrons, escargots, un bout de gros tige, un paquet de cigarette, de crabes, de graines, etc. qu’ils ont déposé au centre pratiquement de l’espace entouré d’encadreurs, de devanciers paroliers, d’invités, etc. Puis ils se sont installés. Le rite peut démarrer.
Les paroliers en fin de formation ont mis le doigt dans le sol, où la boisson a été versée au terme de la prière d’ouverture, qu’ils ont frottés sur leur gorge. Ensuite, les nouveaux paroliers se sont exprimés individuellement dans le langage codé qu’on appelle en pays Atchan, Atcho. Ces paroliers lors des évènements heureux ou malheureux ont la lourde charge de s’exprimer dans le langage dit atcho. Ils font en d’autres termes l’éloge de la cérémonie, des initiateurs, voire même des invités de marques, etc.
Akoini Aimé de la classe d’âge Dougbo Assoukrou du village de M’Pouto, le doyen d’âge des nouveaux paroliers, a exprimé sa joie d’être arrivé à ce stade de la formation en tant qu’un parolier. « Je remercie nos encadreurs qui ont supportés nos humeurs pendant 15 mois….Par moment on a failli abandonner. Mais il fallait aller jusqu’au bout de la formation parce que nous sommes des missionnaires. Notre mission est de perpétuer la tradition orale », a-t-il argumenté. Akoini Aimé estime qu’il faut une école de formation pour perpétrer la fonction de parolier en pays Atchan mais aussi en Côte d’Ivoire parce que l’art oratoire a sa place dans la société ivoirienne.
Le formateur principal, Gnanhoua Yamba Joseph, de la catégorie Dougbô Assoukrou, du village d’Anono, a adhéré à la préoccupation de son apprenant. Pour lui, il faut non seulement une école de formation mais il faut aussi formaliser la fonction de parolier avec un recensement de concert avec le ministère de la Culture et de la Francophonie. Yamba Joseph regrette qu’il n’y ait pas assez de paroliers non seulement à Anono mais aussi dans les autres villages Atchan d’Abidjan. C’est la raison pour laquelle, il propose la création d’une école formelle de formation des paroliers.
Gardien de la tradition orale le parolier, au dire de Yamba Joseph, conserve et transmet les récits historiques, les généalogies, les mythes fondateurs et les proverbes. « Sa parole est considérée comme une source d’autorité et de vérité, car elle relie le présent au passé », a-t-il rappelé. Et de conclure : « Le parolier est le gardien de la mémoire collective, le médiateur des conflits et le porte-parole officiel de la communauté ».
Yamba Joseph a expliqué que la formation est basée sur des thèmes à partir des objets qui sont dans le paniers que les paroliers ont transportés avant le début de la cérémonie officielle de sortie. Il a pris le cas de l’escargot ou la graine. Durant la formation l’historique de ces produits va être faite ainsi que leurs fonctions sociales dans la société Atchan. Et comment les paroliers peuvent s’en servir dans leurs prestations publiques, etc.

Les six hommes qui ont été formés sont Tchétchin Serge (de la catégorie Blessoué Dongba du village d’Aboboté), Dogbo Marcel (Blessoué Assoukrou d’Aboboté), Dogbo Lambert (Blessoué Assoukrou d’Aboboté), N’Djadan Delphin (Gnandô Assoukrou d’Abobté) et Djidjro Jean (Blessoué Dongba d’Abobo Doumé).
Les trois jeunes dames qui ont effectuées leur sortie officielle sont Beugré Madeleine épse Aké (Blessoué Dongba du village de M’Badon), Mlle Djama Edwige (Bléssoué Djéhou d’Anono) et Mlle Anoman Mireille ( Blessoué Djéhou d’Anono).
Olivia Durand