27/01/2026
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45E ANNIVERSAIRE A ABIDJAN-ANONO : LES DOUGBO AGBAN SE REMEMORENT

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Abidjan, 8 septembre 2025 – Le village d’Anono, dans la commune de Cocody, a revêtu ses plus beaux atours ce week-end pour commémorer avec faste le 45ème anniversaire de la sortie de la génération Dougbo Agban. Dans une ambiance de joie et de recueillement, la cérémonie a mêlé processions traditionnelles, performances artistiques et réflexions sur l’avenir du patrimoine culturel.

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Une célébration haute en couleurs pour promouvoir et préserver l’héritage culturel atchan.

Abidjan, 8 septembre 2025 – Le village d’Anono, dans la commune de Cocody, a revêtu ses plus beaux atours ce week-end pour commémorer avec faste le 45ème anniversaire de la sortie de la génération Dougbo Agban. Dans une ambiance de joie et de recueillement, la cérémonie a mêlé processions traditionnelles, performances artistiques et réflexions sur l’avenir du patrimoine culturel.
Dès l’aube, le village avait fait sa toilette.

 

 

Les rues nettoyées et aspergées d’eau, agrémentées de grands drapeaux tricolores aux principales intersections, accueillaient des invités venus de toute la région pour l’occasion. Parmi les personnalités présentes, on notait l’ex-ministre Hubert Oulay et M. Yao Daniel, président de la Mutuelle de développement de Sikensi. La délégation de Sikensi a marqué les esprits en présentant le groupe « La Danse des Femmes », superbement habillé en uniforme. Leur performance, rythmée par les sonorités profondes de l’Attoungblan (tam-tam parleur), a captivé l’assistance. « La Danse des Femmes parle des faits de société, qui touchent tous les aspects de la vie. Car la culture montre la racine, l’origine de tout individu », a expliqué le chef de la délégation, venu « célébrer, soutenir la génération Dougbo et les accompagner ».

 

La procession symbolique du guerrier

Le clou de la cérémonie fut l’imposante procession traditionnelle. Les femmes, vêtues d’un uniforme « moroko » rose, le chignon orné de bijoux en or et d’un pagne kita, ont ouvert la marche en chantant et en frappant en rythme sur des baguettes, suscitant des applaudissements nourris de la foule.
Elles précèdent les hommes, le corps badigeonné de kaolin ou portant un sous-corps blanc, escortant le « guerrier ». Revêtu d’une armure de combattant noir ornée de motifs, coiffé d’une chéchia à miroirs, il avançait lentement, tenant dans sa main gauche un objet rond sacré et brandissant de sa main droite une machette qu’il agitait frénétiquement au rythme des tambourins et des ovations de la foule.

 

Son parcours long et symbolique, parsemé d’arrêts pour déjouer des « pièges » invisibles, l’a mené de l’extrémité sud du village jusqu’à la crête goudronnée avant un retour solennel chez lui, mettant fin à la danse. Les festivités se sont ensuite poursuivies dans une ambiance conviviale dans les maquis et les habitations. M. Bernard Ahouo, chef de la catégorie Dougbo Agban d’Anono, a exprimé sa profonde joie parce que commémorer 45 ans après la sortie officielle de sa catégorie en septembre 1980, cela n’est pas donné à tout le monde. Pour lui, c’est une grâce de Dieu.

 

L’intérêt pour lui, c’est de montrer surtout aux jeunes, à la postérité, le fonctionnement de la classe d’âge base de la société Atchan. Mais aussi l’importance des us et coutumes du village. A’ l’en croire, il s’agit aussi du processus de succession dans la société Atchan.
Il a également rappelé le lourd tribut payé par sa génération :

 

« À notre sortie en 1980, nous avoisinions le chiffre de plus de 500 membres, dont 295 garçons. 45 ans plus tard, les garçons ne sont plus que 77. Donc vraiment, ça a été un parcours de combattant, un parcours de guerrier. C’est Dieu qui fait les choses. » Évoquant les tensions parfois observées autour de la chefferie villageoise, M. Bernard Ahouo a pointé « l’incompréhension » et « un enjeu financier qui fait saliver ». « Heureusement, nous pouvons compter sur les sachants. S’il n’y a pas de sachant, vraiment, ça va sombrer. Mais quand il y a les vieux, ils amènent la paix. »

 

D’autres membres de la génération se sont exprimés. Philippe Adou, bien que ravi de la « belle fête », a déploré l’absence de certains amis qui pas pu avoir les moyens financiers nécessaires pour faire la fête. Il a donc proposé la création d’une caisse de solidarité pour les futurs événements. Pour Mme Lepri Joséphine, la gratitude était de mise : « Dieu nous a permis de fêter dans la joie. (…) Car plusieurs n’ont pas pu être avec nous parce que décédés. »

La célébration s’est achevée par un culte d’action de grâces à l’église Harriste, dimanche dernier, pour remercier le Seigneur pour tous les biens faits. Alors que la nuit tombait sur Anono, le cliquetis des castagnettes et les rires des groupes qui devisaient ou se prenaient en photo le rendez-vous est pris pour 2030 pour le cinquantenaire.

MÉITÉ Aboubakar

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