UMOA : COMMENT LE NUMERIQUE A CONTRIBUE A LA CROISSANCE DES BANQUES
D’après le dernier rapport annuel de la Commission Bancaire, le secteur bancaire de l’UMOA se porte très bien, avec une supervision plus efficace et une révolution numérique qui facilite l’accès aux services financiers.
D’après le dernier rapport annuel de la Commission Bancaire, le secteur bancaire de l’UMOA se porte très bien, avec une supervision plus efficace et une révolution numérique qui facilite l’accès aux services financiers.
Abidjan, 20 août 2025 – L’année 2024 a été une année faste pour le secteur financier de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). Une progression remarquable, alimentée par l’essor du numérique et une surveillance attentive, a permis d’atteindre ces résultats. C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Commission Bancaire, qui fait le point sur une année de changements profonds et de croissance solide.
Plus de contrôle et des finances en bonne santé
La Commission Bancaire a redoublé d’efforts en matière de surveillance en 2024. Elle a supervisé pas moins de 478 entités, allant des banques aux sociétés de microfinance (SFD) en passant par les établissements de monnaie électronique (EME). Une attention particulière a été portée aux 33 établissements bancaires les plus importants, avec plus de 80 inspections sur place, dépassant ainsi les objectifs initiaux.
Cette vigilance s’est traduite par des mesures disciplinaires, avec des avertissements, des blâmes et même le retrait d’une autorisation. Des amendes allant jusqu’à 300 millions de FCFA ont été infligées, montrant la détermination du régulateur. Plusieurs banques ont été placées sous surveillance renforcée et la gestion d’une société de microfinance a été confiée à un administrateur provisoire.
Sur le plan financier, tout va bien : le total des actifs a augmenté de plus de 9% pour atteindre 72 068 milliards FCFA, tandis que les prêts ont progressé de près de 6% à 36 888 milliards FCFA. La qualité des actifs s’est améliorée et les profits sont bons, avec une augmentation de plus de 11%. Le secteur reste solide, avec des fonds propres importants et un bon niveau de solvabilité.
La révolution numérique : le point fort de l’année
Mais la véritable star de ce rapport, c’est sans aucun doute l’essor fulgurant des services numériques. Les établissements de monnaie électronique (EME) ont connu une croissance exceptionnelle, grâce à l’adoption massive des services bancaires mobiles et des portefeuilles électroniques. « Le numérique transforme les problèmes en opportunités », pourrait-on dire en résumé. Cette transformation se traduit par plusieurs avancées majeures :
* Les banques traditionnelles se transforment en plateformes 100% en ligne, permettant d’ouvrir des comptes et de gérer ses opérations à distance.
* La sécurité informatique est renforcée face aux risques croissants, avec l’adoption de règles plus strictes.
* L’inclusion financière est facilitée par la technologie, qui réduit les obstacles géographiques et sociaux. Le nombre de clients a augmenté de près de 7%, dépassant les 22 millions.
Un large éventail d’opportunités pour les investisseurs
Cette dynamique numérique ouvre de nouvelles perspectives d’investissement très prometteuses, identifiées dans le rapport :
- La monnaie électronique et les paiements mobiles, avec une forte demande pour les solutions sans contact.
- L’intelligence artificielle pour l’analyse des données et la détection des fraudes.
- La cybersécurité et le respect des réglementations numériques, devenus essentiels pour tous les acteurs.
- Les services bancaires externalisés via le cloud (« Banque-as-a-Service » ou BaaS).
- L’éducation financière numérique pour accompagner les nouveaux utilisateurs.
- Le crédit numérique et la microfinance intelligente, utilisant des données alternatives pour évaluer les risques.
- L’interopérabilité des infrastructures numériques pour connecter tous les services financiers.
En conclusion, le rapport 2024 de la Commission Bancaire dresse le portrait d’un secteur financier ouest-africain en pleine transformation. Alors que le régulateur renforce sa surveillance, les acteurs, qu’ils soient traditionnels ou nouveaux, profitent de la vague du numérique, promettant une inclusion financière plus large et un environnement favorable à l’innovation et aux investissements.
MÉITÉ Aboubakar