ABATTA : LA CHEFFERIE LEGITIME MONTE AU FRONT CONTRE UNE CAMPAGNE DE « DESINFORMATION »
Un vent d’apaisement soufflerait-il enfin sur le village d’Abatta ? C’est en tout cas le message que veut faire passer le service de communication de la chefferie du village, qui a tenu, mercredi 6 août, à répondre point par point à ce qu’il qualifie de « campagne de dénigrement » et de « désinformation » menée par certains organes de presse contre l’honorable Abito Gaoua Abra Joseph, qu’il présente comme l’unique chef légitime.
Abidjan, 20 aout 2025. Le service de communication du chef Abito Joseph dénonce les manœuvres d’un clan opposant et affirme le retour à l’ordre et à la légalité.
Un vent d’apaisement soufflerait-il enfin sur le village d’Abatta ? C’est en tout cas le message que veut faire passer le service de communication de la chefferie du village, qui a tenu, mercredi 6 août, à répondre point par point à ce qu’il qualifie de « campagne de dénigrement » et de « désinformation » menée par certains organes de presse contre l’honorable Abito Gaoua Abra Joseph, qu’il présente comme l’unique chef légitime.

Par un communiqué de mise au point, la chefferie revient sur plusieurs années de crise successorale, en affirmant que toutes les instances, traditionnelles, administratives et judiciaires, ont tranché en faveur du chef Abito Joseph. Elle alerte sur les agissements persistants d’un clan adverse qui, selon elle, plonge le village dans le désordre et l’insalubrité.
Le communiqué rappelle le strict respect du processus traditionnel Atchan pour la succession. La génération Tchagba, actuellement au pouvoir, aurait désigné deux finalistes : M. Abito Joseph (Agban) et M. Adangbo Pacôme (Assoukrou). Le choix final, laissé au Conseil des Sages dirigé par le doyen M. Dadié Laurent, a porté sur l’honorable Abito Joseph. Cette légitimité traditionnelle aurait ensuite été entérinée par l’administration.
Une consultation populaire organisée par le sous-préfet de Bingerville le 2 octobre 2021, bien que décrite comme ayant été « détournée » par le camp Djomo par des distributions de tee-shirts et la présence supposée de personnes extérieures au village, aurait été menée « sous la vigilance » de l’autorité. Trois jours plus tard, le 5 octobre 2021, M. Abito Joseph recevait son arrêté préfectoral, acte officialisant sa nomination. La chefferie relate que l’arrivée de ce document a été marquée par des « actes de vandalisme » (commerces incendiés, maisons saccagées) imputés au camp Djomo. Face à cela, le chef Abito Joseph aurait prôné « la voie du dialogue et de la paix ».
Le clan Djomo, « persuadé que l’arrêté serait retiré », aurait alors saisi le Conseil d’État. Après plus d’un an de procédure, la plus haute juridiction administrative aurait, selon le communiqué, « débouté M. Djomo » le 31 juillet 2024, confirmant ainsi « pleinement la légitimité du chef Abito Joseph ». Une décision qui aurait conduit M. Djomo à « renoncer publiquement à sa lutte ». Malgré cette décision de justice, la tension serait restée vive. Le communiqué évoque des femmes « instrumentalisées » ayant proféré des menaces de mort à l’encontre du sous-préfet, des faits documentés par des vidéos.
Une lueur d’espoir est apparue en février 2025 avec la formation d’un comité de gestion mixte de six commissions, fruit d’un consensus entre les deux camps. Cependant, la réunion de lancement prévue le 19 février aurait échoué en raison de l’absence du camp Djomo, qui exigeait une « purification du village » tout en refusant, selon la chefferie, la personne désignée pour la réaliser. Face à ces blocages, le chef Abito Joseph et son camp seraient officiellement revenus s’installer au village en mars 2025, participant aux activités communautaires et ramenant une « accalmie ».
Le point d’orgue de cette normalisation aurait été la présentation officielle du chef à sa population le 28 juin 2025, en présence du Député-Maire de Bingerville. Pour assoir son autorité, le chef aurait mis en place une nouvelle structure de gouvernance comprenant :
* Un comité de gestion de 15 commissions dirigé par M. Adangbo Pacôme, son ancien rival.
* Une commission foncière.
* Un cabinet.
* Une notabilité conduite par le porte-parole des Tchagba.
Le tout sous la supervision du doyen du village. Le communiqué insiste : « Toutes les grandes décisions se prennent sur la place publique ».
La chefferie s’insurge particulièrement contre les propos de M. Ahouo Alexis, qui s’autoproclamerait « président de gestion par intérim », une fonction qu’elle juge « inconnue dans la tradition Atchan ». Elle oppose à ces déclarations le travail sur le terrain de sa « commission de recouvrement », qui aurait été favorablement accueillie par des commerçants se disant « fatigués des autres à cause des violences ».

En conclusion, le service de communication lance un appel solennel aux investisseurs, partenaires techniques et financiers, ainsi qu’à la presse, pour qu’ils ne travaillent désormais qu’avec la « chefferie légale et reconnue ». Le chef Abito Joseph, « au travail », aurait déjà lancé un programme de développement visant à combler « le retard de 5 ans » accumulé par le village à cause de ces troubles.
Note de la rédaction: Cet article est rédigé intégralement sur la base du communiqué émis par le service de communication de la chefferie d’Abatta. Nous nous efforçons de toujours présenter les différents points de vue sur le sujet. À ce stade, nous n’avons pas pu joindre les représentants du camp Djomo ou de M. Ahouo Alexis pour recueillir leur version des faits. Nous nous engageons à publier leur réponse dès qu’elle nous parviendra.
MEITE Aboubakar