13/03/2026
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TRANSPORT TERRESTRE/INTERDICTION DES MOTOS ET TRICYCLES SUR LES GRANDS AXES D’ABIDJAN : LE DISTRICT RENONCE À SA DÉCISION

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Le 2 décembre dernier, le District d’Abidjan a publié un communiqué rappelant avec fermeté l’interdiction de circuler pour les engins à deux et trois roues motorisés sur plusieurs axes majeurs de la capitale économique ivoirienne. Cette décision, initialement prise en Conseil des Ministres le 8 septembre 2021, vise officiellement à « fluidifier le trafic et à renforcer la sécurité des usagers ».

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Abidjan, 9 décembre 2025 – Le District Autonome d’Abidjan a traversé une semaine de vives protestations autour de la circulation des motos et tricycles.

 

Le 2 décembre dernier, le District d’Abidjan a publié un communiqué rappelant avec fermeté l’interdiction de circuler pour les engins à deux et trois roues motorisés sur plusieurs axes majeurs de la capitale économique ivoirienne. Cette décision, initialement prise en Conseil des Ministres le 8 septembre 2021, vise officiellement à « fluidifier le trafic et à renforcer la sécurité des usagers ».

 

Face à la « recrudescence des infractions », le ton était à l’intransigeance : « Tout conducteur ou propriétaire de moto ou de tricycle pris en contravention verra son engin saisi et détruit sur-le-champ, sans autre formalité », avertissait le texte. Les artères concernées incluaient les boulevards Lagunaire, de la République, Félix Houphouët-Boigny, ainsi que plusieurs ponts et avenues structurantes.

 

Dès l’annonce de cette application radicale, des voix se sont élevées pour dénoncer une mesure perçue comme « arbitraire » et « injuste ». De nombreux opérateurs économiques, dont un grand nombre de jeunes livreurs, de sans-emploi et d’étudiants, ont vu leur moyen de subsistance menacé. Pour ces professionnels, la moto ou le tricycle est souvent l’outil principal de leur activité, surtout en cette période de fin d’année où les besoins financiers sont accrus pour faire vivre leurs familles et leurs petites entreprises. La perspective de voir leur engin confisqué et détruit « sans autre formalité » a provoqué inquiétude et colère.

 

Cinq jours seulement après son avertissement solennel, face à la mobilisation et aux critiques, le District d’Abidjan a publié un nouveau communiqué daté du 6 décembre dernier. Signé par Nicolas Baba Coulibaly, directeur de l’Information, de la Communication et des TIC, il annonce purement et simplement la suspension des mesures annoncées.

 

« Le District Autonome d’Abidjan informe les populations abidjanaises de la suspension des mesures annoncées dans le cadre de l’application de la décision gouvernementale du 08 septembre 2021 », peut-on lire. Le texte invite néanmoins « les usagers à contribuer à un usage responsable et civique des voies publiques, par le respect du code de la route ».

 

Cette volte-face met fin à une crise sociale naissante et apporte un soulagement palpable parmi les nombreux groupes concernés, qui « ne savaient plus où donner de la tête ». Elle souligne la sensibilité des questions de mobilité urbaine et de survie économique dans la capitale ivoirienne.

 

Si la suspension calme les esprits, elle laisse en revanche des interrogations sur l’avenir de la régulation du trafic des deux-roues. Le District devra sans doute trouver un équilibre entre ses objectifs légitimes de sécurité et de fluidité, et la nécessaire prise en compte de la réalité socio-économique de milliers d’Abidjanais dont la vie dépend de ces engins. L’invitation au « respect du code de la route » reste le message pivot d’une cohabitation apaisée à reconstruire.

 

MÉITÉ Aboubakar

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