28/02/2026
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CÔTE D’IVOIRE/MÉVENTE DU CACAO : DON-MELLO S’INTERROGE SUR LES FONDS DE RÉSERVE

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don mello

Dans une déclaration-choc publiée hier, dimanche 22 février, Dr Ahoua Don-Mello, cadre sous sanction du PPA-CI, tire la sonnette d’alarme sur la situation critique de la filière cacao et dénonce le manque de transparence dans la gestion des fonds de réserve.

Abidjan, 23 Février 2026 – Dans une déclaration-choc publiée hier, dimanche 22 février, Dr Ahoua Don-Mello, cadre sous sanction du PPA-CI, tire la sonnette d’alarme sur la situation critique de la filière cacao et dénonce le manque de transparence dans la gestion des fonds de réserve. Selon lui, des milliers de milliards de FCFA pourraient avoir été gérés « à l’insu des élus ».

Sous le titre interrogateur « Où sont passés les fonds de réserve du cacao ? », Dr Ahoua Don-Mello dresse un constat alarmant de la filière. Il évoque un blocage de la commercialisation dû à une chute drastique des cours mondiaux. « Le cours mondial se situe au 2 février 2026 à 2253 FCFA/Kg à New York, en dessous du prix au producteur fixé à 2800 FCFA/Kg et du prix CAF des exportateurs de 4 100 FCFA/Kg », explique-t-il dans sa note.

Face à cet écart, le cadre du PPA-CI estime que le recours au fonds de réserve est une nécessité absolue pour maintenir le revenu des planteurs et éponger les pertes des exportateurs. Il chiffre précisément le besoin : « Ce soutien est de 1847 FCFA/Kg, soit 3 139 900 000 FCFA pour la production totale en 2026 de 1 700 000 tonnes. »

Mais c’est sur la gestion passée de ces réserves que les critiques de Dr Ahoua Don-Mello sont les plus acerbes. Il dénonce une « opacité » qui rend incertaine la capacité actuelle de la filière à faire face à ce choc, et ce, malgré plusieurs années d’excédents.

« Le budget ne présente aucune trace des reversements imposés aux exportateurs de cacao. La différence entre le prix CAF et le prix du marché international du cacao est censée revenir à l’État », rappelle-t-il. Selon ses calculs, cette différence, qui a souvent dépassé les 1000 FCFA/Kg pour atteindre jusqu’à 3000 FCFA/Kg ces dernières années (sauf en 2026), aurait dû générer des rentrées colossales.

« Sur la base de 2 000 000 de tonnes de production annuelle, le reversement au Conseil Café Cacao oscillerait entre 2 000 milliards et 6 000 milliards de FCFA par an, gérés à l’insu des élus », affirme-t-il.

Pour le cadre du PPA-CI, une telle manne financière, si elle était correctement gérée et visible, aurait dû permettre des investissements stratégiques. Il suggère la création d’un fonds souverain dédié. L’objectif serait double : sécuriser la commercialisation pour éviter les blocages actuels, et surtout, financer l’industrialisation de la filière.

« Cela aurait permis d’augmenter la valeur du cacao et le temps de conservation (2 ans pour les produits dérivés contre 6 mois pour la fève), ce qui aurait donné une plus grande marge de négociation », plaide-t-il. Il cite l’exemple du transformateur TransCao, qui tente de se développer « sans une visibilité sur le modèle financier et commercial », selon lui.

En l’absence d’un retour de l’État via le fonds de réserve pour soutenir la filière face à la chute des cours, Dr Ahoua Don-Mello met en garde contre un scénario aux conséquences lourdes pour toute la chaîne de valeur. Il conclut avec une inquiétude particulière pour les producteurs : « Ces derniers subiront une baisse drastique du prix fixé au lieu du soutien qu’ils sont en droit d’attendre du fonds de réserve. »

 

Une interpellation qui risque de raviver le débat sur la gouvernance de la filière café-cacao, pilier de l’économie ivoirienne.

 

MÉITÉ Aboubakar

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