ÉCONOMIE/CRISE ENTRE L’ÉTAT ET SES FOURNISSEURS : LE SYNAFECI HAUSSE LE TON
Dans un climat de tension croissante, le Syndicat National des Fournisseurs de l’État de Côte d’Ivoire (SYNAFECI) durcit le ton.
Abidjan, 23 Février 2026 – Après avoir saisi la Direction Générale des Impôts le 12 février 2026 sur la question de la « Redevance de la TSE, facture électronique et redressements », l’organisation professionnelle a, le même jour, adressé un courrier ferme au Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget pour dénoncer ce qu’elle considère comme une « absence totale de solutions concrètes » dans le cadre du dialogue instauré avec le gouvernement.
Ce nouveau courrier, référencé N/Réf : 14 /2026/2/12/GEJC/FG, fait office de sonnette d’alarme. Le SYNAFECI y revient sur les rencontres tenues avec Monsieur DOGOBA Bakayoko, représentant de la Paierie Générale des Services Généraux des Administrations Publiques, dépêché par le ministère.
Loin d’apaiser les esprits, ces échanges semblent avoir exaspéré les fournisseurs. Dans sa correspondance, le syndicat déplore une « méconnaissance manifeste des dossiers » et une attitude qu’il juge en déphasage avec la « vision de dialogue prônée par le Chef de l’État, SEM Alassane OUATTARA ».
Le SYNAFECI, par la voix de son président Faustin GRÉ, énumère plusieurs griefs à l’encontre de cet interlocuteur, allant jusqu’à évoquer des « manquements graves à l’éthique administrative » :
- Absence de neutralité : la rédaction unilatérale d’un procès-verbal jugé « belliqueux » et infondé.
- Atteinte à la dignité : des « propos outrageants » auraient été tenus à l’encontre du président du syndicat, avec des qualificatifs jugés inappropriés pour un cadre professionnel.
- Manque de transparence : refus de partager la liste de présence ou de cosigner les comptes-rendus des réunions.
Face à cette situation, l’organisation demande l’arbitrage direct du ministre. Le SYNAFECI souhaite une rencontre sous sa présidence effective afin de lever les « zones d’ombre persistantes », notamment sur la question de la traçabilité des paiements. Le syndicat pointe du doigt la communication du Trésor Public faisant état d’un apurement d’une créance de 34 645 149 994 FCFA, un montant que les fournisseurs affirment ne pas pouvoir vérifier faute de « preuve tangible ».
Pour que cette réunion soit efficace, le SYNAFECI a dressé une liste précise des services dont la présence est jugée indispensable. Outre la Direction Générale du Trésor et celle des Impôts (DGI), le syndicat réclame la participation de :
- L’Inspection Générale des Finances (IGF) ;
- La Liquidation SOGEPIE ;
- La Société Nationale de Développement Informatique (SNDI) ;
- La Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL).
Cette requête, appuyée par des pièces justificatives (courrier de janvier 2026 et lettre du Trésor Public concernant les 34,6 milliards), a été largement diffusée. Des ampliations ont été envoyées à la Primature, à la Direction Générale de la Police Nationale, à la Préfecture d’Abidjan, ainsi qu’à des institutions éducatives (Direction des Écoles Méthodistes et Secrétariat de l’Éducation Catholique), témoignant de la volonté du syndicat de porter le débat sur la place publique.
Le SYNAFECI attend désormais une date pour cette « rencontre citoyenne et stratégique », espérant que celle-ci marquera un véritable tournant dans le règlement des contentieux financiers entre l’État et ses partenaires privés.
MÉITÉ Aboubakar