14/04/2026
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CÔTE D’IVOIRE/CRISE À LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE DE VITRÉ 2 (BASSAM) : LA COLÈRE DES CLASSES D’ÂGE

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Pendant que le Conseil d’État ne s’est pas encore prononcé sur la validité de la révocation du chef précédent, Awoula Laurent Essy les autorités administratives veulent présenter un nouveau chef de village de Vitré 2, Ôwoula Bremi Ago Noël, dans la commune de Bassam, au sud d’Abidjan.

Pendant que le Conseil d’État ne s’est pas encore prononcé sur la validité de la révocation du chef précédent, Awoula Laurent Essy les autorités administratives veulent présenter un nouveau chef de village de Vitré 2, Ôwoula Bremi Ago Noël, dans la commune de Bassam, au sud d’Abidjan. Evidemment, cette démarche a été vigoureusement contestée par une partie importante de la population, le samedi 28 mars 2026. Le chef guerrier de la génération Bloussoué, Atékéblé Kouassi Olivier et le chef des quatre (4) générations du village, Etienne Eloh Dadier, ont mené une manifestation de protestation avec des banderoles pour réclamer le respect scrupuleux des us et coutumes.

Les manifestants ont dénoncé le processus d’installation du nouveau chef qu’ils jugent illégale et précipitée. Atékéblé Kouassi Olivier, chef guerrier de la génération Bloussoué au pouvoir, affirme que l’individu pressenti pour le trône, Ôwoula Bremi Ago Noël, n’est qu’un « gardien du trône » sans droit de succession. Par ailleurs, le choix de ce chef n’a pas fait l’objet d’une enquête publique, soutiennent les manifestants. Selon Atékéblé Kouassi Olivier, ce dernier, ayant agi comme régent du chef contesté, est comptable de sa gestion et ne peut prétendre à sa place, d’autant plus qu’il n’appartiendrait pas à la lignée royale. Les contestataires rappellent que selon la tradition Bétibé, un chef ne peut être déchu que pour des fautes graves telles que l’adultère, le vol des fonds communautaires ou la vente illicite de terres, griefs qui ne seraient pas établis contre Nanan Essy Laurent.

Le conflit foncier constitue la toile de fond de cette crise de succession. Les populations accusent des opérateurs immobiliers de manipuler les autorités et certains villageois pour écarter le chef Laurent Essy, jugé trop protecteur des terres ancestrales. L’annulation récente par le Conseil d’État d’un projet de lotissement de 212 hectares, qui englobait même le cimetière du village, est perçue par les manifestants comme une victoire confirmant les dérives dénoncées. Ils soupçonnent certaines autorités de vouloir imposer un nouveau chef plus conciliant afin de faciliter le bradage des terres au profit d’intérêts privés, au risque de voir disparaître l’identité même du peuple Bétibé.

Face à ce qu’ils qualifient d’autoritarisme de la part de ceux qui veulent écarter définitivement l’ancien chef, les chefs de générations et les guerriers ont déjà entamé des recours judiciaires. Étienne Eloh Dadier, chef des quatre générations, souligne que le village ne reconnaît pas cette cérémonie d’installation et déplore le déploiement des forces de gendarmerie pour sécuriser un acte qu’il juge « hors la loi ». Pour les opposants, tant que le Conseil d’Etat n’a pas rendu son verdict et que la famille régnante n’a pas été consultée selon les rites, Nanan Essy Laurent demeure le seul chef légitime de Vitré 2.

 

Olivia Durand

 

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