26/05/2026
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CÔTE D’IVOIRE/SILA 2026 : GRAND ENTHOUSIASME MAIS DES VOIX S’ÉLÈVENT POUR IMAGINER UN FUTUR ENCORE PLUS RÉUSSI

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Les enfants ont volé la vedette au Sila 2026

Le Salon International du Livre d’Abidjan (Sila) vient de refermer ses portes, laissant derrière lui une atmosphère d’une vitalité rare et un dynamisme sans précédent. La foule a répondu en masse, avide de découvrir les trésors littéraires mis en vente et à disposition. Nous avons parcouru les allées animées du vaste Parc des expositions de Port Bouët, à la rencontre des visiteurs pour recueillir leurs impressions sur cette édition mémorable.

 

Abidjan, 4 mai 2026 – Dès notre première étape, un stand grouillant d’enfants attire notre attention. Certains, confortablement installés sur des nattes, sont absorbés par leurs bandes dessinées. D’autres, penchés sur une table, dévorent des livres avec une concentration palpable. Parmi eux, Traoré Yasmine, les yeux rivés sur son récit : « Je suis en train de lire une BD sur une petite fille qui rencontre sa grand-mère pour la première fois… et découvre qu’elle est un peu méchante… » Elle interrompt son explication, le suspense du livre étant encore entier. Non loin, une autre jeune lectrice avoue candidement ne pas avoir saisi le sens de son texte.

 

Notre chemin nous mène ensuite à un stand présentant les ouvrages de l’ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, que nous croisons en plein milieu d’une séance photo avec des lecteurs enthousiastes. Poursuivant notre exploration, nous faisons halte chez Traoré Moussa et Anne Marie N’Goran, des journalistes, avec qui nous échangeons quelques mots avant de reprendre notre périple littéraire. Un peu plus loin, un autre regroupement d’enfants attire notre attention. Le plus âgé, Nadjé Trésor, nous explique avec un grand sourire : « Je dévore un roman graphique qui raconte la CAN 2015, il est vraiment super car il retrace la victoire héroïque des Éléphants de Côte d’Ivoire ! » Il ajoute, les yeux brillants : « La Côte d’Ivoire a gagné la finale contre le Ghana, c’est leur deuxième coupe ! »

Le stand de l’Union Libanais Culturelle Mondiale au Sila 2026

Poursuivant ma flânerie, j’arrive au stand de l’ULCM, où Madame Fawaz, libraire, nous accueille. Elle partage son expérience : « Je connais le Sila depuis longtemps, et cette année, il confirme son rôle essentiel de rendez-vous littéraire majeur en Afrique. Son influence grandit d’édition en édition. Cette fois, l’organisation a mis la barre très haut, tant par la qualité des exposants et des visiteurs que par celle des conférences, masterclass et ateliers. De plus, le Sila Off, avec sa conférence réussie à l’ULCM et à l’École Doctorale de Bingerville, a été un franc succès, dépassant même la durée prévue tant les échanges furent riches. Nos auteurs invités ont adoré interagir avec les étudiants et doctorants. Je crois que cette année, le Sila s’est vraiment imposé comme le carrefour incontournable des acteurs du livre. »

Mme Fawaz, Responsable culturelle à l’Union libanaise, a réussi son pari

Nous avons ensuite eu le plaisir de discuter avec Armel Ehui, un jeune écrivain et auteur de « L’élève à imiter ». Son avis sur le Sila est éloquent : « Je dois saluer l’enthousiasme général. L’objectif a été merveilleusement accompli. L’année dernière, nous avions déploré les problèmes de chaleur, mais cette année, cette difficulté a été résolue, et je félicite le comité d’organisation pour cela. Ma seule petite suggestion serait concernant l’emplacement et la signalisation des stands. Il serait utile, pour les prochaines éditions, d’installer des pancartes dès l’entrée, indiquant clairement où se trouve chaque stand et quels sont les exposants de chaque rangée. Cela simplifierait grandement la vie des visiteurs. Même en tant qu’auteur exposant, j’ai eu du mal à trouver le stand de la Librairie de France ou celui de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI) ; j’ai dû chercher longtemps et demander mon chemin. Des indications claires et des regroupements de stands sur des pancartes lisibles seraient un atout majeur. »

Armel Ehui, écrivain

La foule continue de déferler vers le Parc des expositions, rendant la circulation parfois difficile. Je réussis tout de même à me faufiler jusqu’au stand de Québec Éditions, animé par deux exposants. Madame Ferry Saint Julienne nous livre ses impressions sur le Sila 2026 : « Je représente cent vingt maisons d’édition francophones canadiennes à ce salon, qui est une véritable fête populaire. Ils ont parfaitement réussi leur pari ! Ma seule suggestion serait d’améliorer la ponctualité des cérémonies et, si possible, la climatisation, même si globalement, c’est très bien. » Au même stand, j’interroge Monsieur Stanislas Patunas. « Je travaille pour un distributeur de livres numériques présent dans toute la francophonie, le plus grand distributeur de littérature francophone au monde. C’est notre deuxième participation au Sila. Nous sommes partenaires de Québec Éditions depuis de nombreuses années. Cette année, la croissance du salon est absolument frappante. Environ 35 à 40 % des maisons d’édition représentées viennent de toute l’Afrique francophone, et c’est très encourageant de voir ce dynamisme. Nous sommes fiers de collaborer avec déjà une trentaine d’éditeurs africains, et nous espérons en compter encore plus. Nous voulons vraiment diffuser la littérature africaine à travers le monde, et voir cette énergie se déployer durant la semaine du salon est un signe très positif pour l’avenir. Nous souhaitons une longue vie au Sila ! » À ma question, « Comptez-vous revenir l’année prochaine ? », il répond, un large sourire aux lèvres, « Bien sûr ! » sans la moindre hésitation.

Québec Éditions était présent au Sila 2026

Au stand de l’auteure de « Prédestinées », nous avons rencontré l’écrivaine Madame Zadi. Elle s’exprime ainsi : « Le Sila 2026 est tout simplement superbe. Je n’ai pas pu y participer l’an dernier, mais ce que j’ai vu cette année est très positif. Pour l’avenir, j’aimerais que le comité d’organisation communique davantage. Comparé à d’autres salons récents, comme celui du Chocolat ou de l’Agriculture, le Sila n’a pas attiré autant de monde. Étant donné l’importance capitale de la lecture, je trouve qu’il n’a pas atteint son plein potentiel par rapport aux éditions précédentes que j’ai visitées. Cette édition était bien, certes, mais une communication plus forte serait vraiment la bienvenue. »

Mme Zadi, écrivaine

Un stand qui ne désemplit jamais est celui de la Fédération Ivoirienne de Slam-poésie. Son représentant et figure de proue, Pierre Sainté Bilé, nous explique : « Nous sommes ravis d’être au Sila avec notre stand, où nous partageons la poésie et le slam. Le Sila 2026 est une réussite ! Nous sommes pleinement enchantés par l’organisation et par toutes les activités proposées. Il y a un formidable intérêt : depuis le premier jour, les visiteurs affluent sans cesse. C’est avec un bel entrain que les gens découvrent la littérature, et plus particulièrement le slam-poésie, à travers les œuvres de nos slameurs exposées ici. Nous sommes vraiment ravis de ce qui se passe au Sila en général et sur notre stand en particulier. »

Pierre Sainté Bilé, une présence très remarquée de la Fédération Ivoirienne de Slam-poésie au Sila 2026

Au stand de la Guadeloupe, de la maison d’édition « Une voix, Une histoire », nous avons rencontré Madame Dominique Aaron, auteure de « Alzheimer », une œuvre autobiographique qui plonge au cœur de sa relation touchante avec sa grand-mère, confrontée à cette maladie dévastatrice. Elle partage ses émotions concernant le Sila : « C’est ma première participation au Sila, et ma première fois en Côte d’Ivoire, et l’expérience a été vraiment forte ! Ce salon est remarquable, tant par son organisation que par sa fréquentation. Il y a un véritable attrait pour le livre à Abidjan, et ce, à tous les niveaux et à tous les âges. Nous avons même constaté que les enfants sont passionnés par la lecture. C’est une immense joie de participer à un tel événement. Ma seule suggestion pour l’année prochaine serait d’améliorer la gestion de la température [la climatisation]. »

Madame Dominique Aaron, auteure de « Alzheimer »

Ainsi, à travers tous ces témoignages passionnants, il apparaît clair que le Sila 2026 s’est avéré un rendez-vous mémorable et fructueux pour tous les acteurs du livre, réunis dans une ambiance chaleureuse et collaborative. Le livre, c’est aussi cela : un moteur puissant et pérenne pour la transformation de notre société.

 

MÉITÉ Aboubakar

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