23/07/2026
Accueil » Articles » CÔTE D’IVOIRE/CAMP ÉCLAT INTÉRIEUR 3 : QUAND LA NATION PLACE LA SANTÉ MENTALE DES JEUNES AU CŒUR DE SES PRIORITÉS

CÔTE D’IVOIRE/CAMP ÉCLAT INTÉRIEUR 3 : QUAND LA NATION PLACE LA SANTÉ MENTALE DES JEUNES AU CŒUR DE SES PRIORITÉS

0
SANTE1

Imaginez un endroit où l’on peut enfin souffler, parler de ce qui pèse sans crainte d’être jugé. C’est exactement ce qu’a offert le troisième Camp Éclat Intérieur, qui s’est tenu du 17 au 19 juillet 2026 à Yapokoi (Anyama). Fruit d’une belle collaboration entre l’Unicef Côte d’Ivoire, U-Report Anyama et ShVoices, ce rendez-vous unique a invité des dizaines de jeunes à se pencher sur le thème crucial de la « Guérison émotionnelle et reconstruction intérieure ». Trois jours pour briser le silence sur des blessures souvent cachées et commencer à bâtir une force intérieure durable.

 

Abidjan, 20 juillet 2026 – Ici comme partout, nos jeunes font face à un défi qu’on préfère souvent taire : leur bien-être psychologique. Les peines de cœur, les sentiments d’être mis de côté, les déceptions familiales, les violences subies, le harcèlement ou encore le poids des études et des premières expériences professionnelles… toutes ces épreuves peuvent laisser des cicatrices profondes. Elles touchent notre confiance en nous, notre capacité à gérer nos émotions et nos relations. Pourtant, il est si difficile d’en parler, la peur du jugement nous en empêche, et les lieux où l’on peut s’exprimer librement, sans être jugé, sont rares, surtout dans nos quartiers et nos écoles.

 

C’est pour changer cela, pour apporter une lumière sur cette « urgence silencieuse », que le projet Éclat Intérieur a vu le jour. Et pour la troisième année, le camp du même nom a ouvert ses portes à Yapokoi. Pendant ces trois jours intenses, des participants, adolescents et jeunes adultes de 14 ans et plus, venus surtout d’Anyama et des environs, ont été conviés à une véritable aventure intérieure. Un espace où règnent la discrétion, le respect de chacun et l’absence totale de jugement.

Monsieur Jean François Basse, au milieu des enfants au Camp Éclat Intérieur 3, à Yapokoi

L’ouverture a été un moment fort, avec la présence de M. Jean François Basse, le représentant de l’Unicef en Côte d’Ivoire. Il a chaleureusement félicité cette « belle entente » avec le Ministère de la Santé, notamment via le Programme National de Santé Mentale (PNSM). Il a insisté sur l’envie commune de « faire tomber les non-dits » autour du bien-être de l’esprit et d’offrir des réponses claires aux fragilités de nos jeunes. Une alliance qui montre bien que l’importance d’agir pour la santé mentale de ceux qui sont « l’avenir et la force vive de notre nation » est reconnue au plus haut niveau.

 

Le Camp Éclat Intérieur 3, c’était une immersion totale, mélangeant ateliers vivants, moments de partage en groupe, art pour guérir et exercices pour grandir. Au menu, des activités phares comme la « Météo émotionnelle » pour comprendre ce qui se passe en soi, le « Mur des émotions » pour s’exprimer librement et sans que l’on sache qui est l’auteur, ou encore des « Cercles de parole » animés par des psychologues, adaptés aux différentes tranches d’âge. Des ateliers pointus ont aidé à sonder les douleurs du cœur, à reconnaître nos émotions et ce qu’elles cachent, et à esquisser les chemins de la guérison intérieure. L’art-thérapie, qu’il s’agisse d’écrire, de dessiner ou de sculpter, a ouvert des portes d’expression magnifiques quand les mots refusaient de venir. Des jeux malins ont tissé des liens de confiance et d’entraide, et le rituel du « Feu de la Libération » a permis un grand moment de décharge émotionnelle collective et symbolique. Pour finir, la « Chaîne de la Lumière » a marqué la promesse de chacun de continuer ce chemin vers un mieux-être.

 

Les objectifs de ce camp étaient clairs, principalement à aider à exprimer ses émotions sans peur, mettre le doigt sur ses blessures, devenir plus habile dans ses relations, bâtir une meilleure estime de soi et une capacité à rebondir, tout en encourageant l’entraide et en brisant les tabous. Au terme de ces trois jours, les organisateurs espèrent que chaque participant aura les bons outils pour comprendre et dire ce qu’il ressent, qu’il connaîtra mieux ses besoins profonds, et qu’il aura en main des astuces concrètes pour prendre soin de sa tête et de son cœur chaque jour.

 

Porté par une équipe dévouée de psychologues et de volontaires U-Report, le Camp Éclat Intérieur 3 est bien plus qu’un simple événement, c’est un véritable creuset d’espoir et de changement. En offrant un lieu pour être écouté et pour apprendre, il pose les pierres d’une nouvelle façon de voir la santé mentale, plus positive et plus unie, au cœur de chaque communauté ivoirienne, jeune après jeune.

 

MÉITÉ Aboubakar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *