26/08/2026
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CÔTE D’IVOIRE/AFFAIRE DES 39 MILLIARDS À LA DGI : LES SYNDICATS DES IMPÔTS PARLENT D’UNE « FAILLE » ET NON D’UN « DÉTOURNEMENT »

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Abidjan, 21 aout 2026 – L’affaire des 39 milliards de FCFA au sein de la Direction Générale des Impôts (DGI) continue de faire parler, et la Confédération des Syndicats de la DGI (FESYDGI) a apporté hier, jeudi 20 août, un éclairage nouveau. Lors d’un point presse tenu à Marcory, le président de la FESYDGI, Ivan Bohué, a affirmé qu’il s’agirait plutôt d’un problème dans le processus de dégrèvement, et non d’un vol de fonds.

 

Bohué a tenu à clarifier la notion de dégrèvement : il s’agit d’une annulation administrative d’un impôt qui n’a pas encore été encaissé, et non d’argent réellement dérobé dans une caisse. Pour la FESYDGI, c’est donc ce mécanisme d’annulation des impôts qui aurait connu des dysfonctionnements, et non une malversation de 39 milliards de FCFA.

 

Le leader syndical a cependant rappelé l’importance d’attendre la décision de la justice. Il a souligné que le Directeur Général des Impôts, Ouattara Sié Abou, avait lui-même porté plainte il y a plusieurs mois déjà. M. Bohué a précisé que la plainte du Syndicat des Agents des Impôts (SAGI) auprès du Pôle pénal économique et financier d’Abidjan était intervenue plus tardivement.

Ivan Bohué, au centre, demande la nomination du directeur des ressources humaines de la DGI

Le président de la FESYDGI a sévèrement critiqué le SAGI, l’accusant d’avoir exposé publiquement une situation interne, sans respecter l’éthique professionnelle ni le devoir de réserve. Selon lui, cette démarche a non seulement terni l’image de la DGI, mais a aussi eu un impact négatif sur la collecte des recettes fiscales, rendant les contribuables plus méfiants. Ces agissements du SAGI auraient ainsi causé un réel préjudice.

 

Profitant de cette rencontre, Ivan Bohué a également mis en avant plusieurs revendications de la FESYDGI. Il a notamment évoqué la nécessité de nommer un nouveau directeur des Ressources humaines, le poste étant vacant depuis le départ à la retraite de son occupant en décembre 2025. Il a insisté sur l’urgence d’établir une grille d’évolution de carrière pour motiver davantage les agents, une demande formulée depuis plus de dix ans. La question des promotions, parfois accordées à de jeunes recrues au détriment d’agents plus anciens et expérimentés, a aussi été soulevée, critiquant le fonctionnement de la commission paritaire.

 

Koné Losseni, secrétaire général du Syndicat Libre des Agents des Impôts (SYLAI), a abondé dans le même sens, révélant que plus de 150 postes, dont ceux de chefs de service et de sous-directeurs, étaient à pourvoir. Il a également estimé que le SAGI manquait d’expérience et des outils nécessaires pour un dialogue constructif et la négociation, justifiant ainsi, selon lui, leur recours direct à la justice.

 

Etekou Gnagne Francis, secrétaire général du Syndicat National de la DGI (SYNADGI), était également présent à cette conférence. Il est à noter que la FESYDGI représente une majorité, regroupant 5 des 8 syndicats présents à la DGI.

 

Pour rappel, cette affaire avait éclaté le 24 juillet 2026, lorsque la DGI avait découvert, avec étonnement, un article en ligne d’« Enquête Média » faisant état de la plainte du SAGI concernant ce prétendu détournement de plus de 39 milliards de FCFA. Une information qui, relayée sur les réseaux sociaux, avait rapidement fait grand bruit.

 

MÉITÉ Aboubakar

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