CÔTE D’IVOIRE/L’ENTREPRISE HARMONIE SERVICES CI FERMÉE PAR LES IMPÔTS : LE SYNAFECI DÉNONCE UN « HARCÈLEMENT FISCAL » ET APPELLE À LA MOBILISATION GÉNÉRALE
Faustin GRE, président du Syndicat national des fournisseurs de l'état de Côte d'Ivoire (Synefaci)
L’entreprise Harmonie Services Côte d’Ivoire, basée à Yamoussoukro, s’est vue contrainte de fermer ses portes hier, jeudi 20 août 2026, à 10h30. Les services fiscaux ont ordonné cette fermeture pour un « défaut de paiement », une mesure qui, selon le procès-verbal de fermeture, pourra être renouvelée après les dix jours initiaux.
Abidjan, 21 aout 2026 – Cette décision a immédiatement provoqué une vive réaction du Syndicat National des Fournisseurs de l’État de Côte d’Ivoire (SYNAFECI). Qualifiant la situation d’« arbitraire et infondée », le syndicat a lancé un appel vibrant à la mobilisation générale de tous les patrons et chefs d’entreprise ivoiriens.
Dans un communiqué empreint de fermeté, le SYNAFECI affirme que la Direction Régionale des Impôts de Yamoussoukro aurait procédé à cette fermeture de manière « injuste », s’appuyant sur un « redressement fiscal imaginaire ». Le syndicat insiste sur le fait que le Directeur Général de l’entreprise, Monsieur Tano Yera Maurice, également fournisseur de l’État, est pourtant suivi par un cabinet d’experts-comptables et serait parfaitement à jour de ses obligations fiscales. Il dénonce un « véritable harcèlement fiscal » orchestré par le Directeur Régional des Impôts de Yamoussoukro et ses collaborateurs à l’encontre de leur « collègue », jugé « honnête » face à l’administration fiscale.
Le SYNAFECI rappelle d’ailleurs des précédents similaires. En 2003, le syndicat avait déjà dû intervenir auprès de Mme M’BAHIA, alors Directrice Générale Adjointe, qui avait expressément ordonné la réouverture des locaux d’Harmonie Service Côte d’Ivoire et rappelé l’interdiction de fermer les entreprises ivoiriennes.
Toujours à cette époque, le SYNAFECI avait sollicité par deux courriers le Directeur Général des Impôts (DGI) pour un dégrèvement et une exonération fiscale de l’entreprise, arguant des difficultés rencontrées par Monsieur Tano Yera Maurice. Si un dégrèvement conséquent de 87 343 667 F CFA fut accordé, le syndicat s’étonne qu’à peine quelques mois plus tard, un nouveau redressement fiscal de 2 500 000 F CFA ait été envoyé à M. Tano, la Direction Régionale des Impôts évoquant une somme « oubliée ». « À qui imputer la faute ? », s’interroge le SYNAFECI, dénonçant un « acharnement » manifeste.
Le syndicat déplore par ailleurs que l’entreprise ait envoyé trois courriers de contestation de ce « redressement imaginaire », le dernier datant du 14 août 2026. Pire, le SYNAFECI avait lui-même sollicité une audience auprès du Directeur Général des Impôts dès le 13 août pour alerter sur ce « harcèlement fiscal ». Mais malgré toutes ces démarches, l’entreprise a été fermée, « causant d’énormes préjudices » au fournisseur de l’État, selon le communiqué.
En conséquence, le SYNAFECI exhorte tous les patrons, chefs d’entreprises, opérateurs économiques et contribuables ivoiriens à se mobiliser et à se tenir prêts pour une « action de grande envergure nationale ». L’objectif est de mettre fin définitivement au harcèlement fiscal, perçu par le syndicat comme un « enrichissement illicite » de certaines catégories de personnes au détriment de l’ensemble de la population ivoirienne.
Le SYNAFECI saisit également cette occasion pour interpeller le Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Le syndicat l’appelle, en sa qualité de représentant du gouvernement et partenaire du cadre de concertation avec le secteur privé, à intervenir pour faire cesser les pratiques de harcèlement fiscal et les pénalités jugées excessives, qui nuisent gravement à l’ensemble du tissu économique national.
Le SYNAFECI prend par ailleurs l’opinion nationale et internationale à témoin de la situation précaire des fournisseurs de l’État, de leurs collaborateurs et de leurs familles, qu’il estime menacées. Le communiqué se clôture par un vibrant appel à la solidarité et à la mobilisation « pour la survie de tous ».
MÉITÉ Aboubakar