CÔTE D’IVOIRE/MESSE POUR LA SAUVEGARDE DE LA CRÉATION DE DIEU : VOICI LES PROPOSITIONS DU CARDINAL IGNACE BESSI POUR LUTTER CONTRE L’ORPAILLAGE ILLÉGAL
« Chacun doit travailler à enlever ce poison, d’abord en tuant en lui-même et autour de lui l’idolâtrie de l’argent, l’amour de l’argent. Ensuite, chacun doit s’efforcer de donner toute la place à Dieu. Enfin, chacun doit tout faire pour cultiver la solidarité généreuse pour le service de tous ». Voici les propositions du cardinal Ignace Bessi, archevêque métropolitain d’Abidjan, dans son homélie, pour combattre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Il s’est prononcé, le mardi 1er septembre 2026, à la cathédrale Saint Paul, au Plateau, à l’occasion de la messe de la Création instituée par le Pape François, en présence de plusieurs travailleurs surtout du directeur de la Coopération internationale et du Développement durable, Jean-Pascal Doua, représentant le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie, Moussa Sanogo.
Un appel à l’État ivoirien
« Que l’État ivoirien sorte l’orpaillage clandestin du pays et protège l’eau, qui est la vie, et protège les hommes et les animaux, et protège notre environnement », a insisté le cardinal Ignace Bessi. Le fléau qu’est l’orpaillage, selon le conseiller du Pape Léon XIV cause tellement de préjudices à la société en Côte d’Ivoire qu’il est temps de s’en débarrasser.
L’archevêque métropolitain d’Abidjan a rappelé que la Conférence des Évêques catholiques de Côte d’Ivoire avait, en son temps et à plusieurs reprises, en 2019, en 2023, ayant vu de très loin ce qui arrivait et qui risquait d’être monstrueux, avait tiré la sonnette d’alarme, dénonçant l’orpaillage clandestin dans notre pays. « Aujourd’hui, cet orpaillage nous met le doigt dans l’œil et se présente comme indéboulonnable. Et si les évêques, comme une sentinelle sans armes, guetteur de la part de Dieu et pour le peuple avaient été entendus. Peut-être faut-il écouter un jour les évêques, qui essaient de ne parler que de la part de Dieu, et pour l’intérêt de tous, jamais pour leur intérêt. Il se trouve qu’aujourd’hui le désastre est là, et bien là, visible et apparemment plus enraciné qu’une racine de baobab », a regretté Ignace Bessi. Et de s’interroger : « Mais l’État a-t-il le droit de paraître impuissant, pour ne pas dire incapable, face à une activité qui n’est qu’un appendice dans la vie d’un pays et qui, qui plus est, se déclare clandestine ? Nous savons que dans tous les pays du monde la clandestinité est combattue jusqu’à être anéantie ».
A en croire Ignace Bessi « la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent » (1Tim 6, 10). « N’allons donc pas chercher ailleurs le malheur qui frappe notre pays, qui nous frappe et qui pollue notre environnement, nos cours d’eau, nos fleuves, nos lagunes, et peut-être nos mers…. Ce, véritable fléau, comparable aux plaies infligées à l’Égypte du Pharaon endurci est un désastre. N’allons pas chercher loin la cause de ce malheur alors qu’elle est tout proche de nous, et même en nous : cette cause, la seule, c’est l’amour de l’argent, l’idolâtrie de l’argent », a-t-il argumenté.

L’orpaillage qui souille l’eau, qui dégrade l’environnement et qui tue l’homme, au dire du cardinal Bessi, est le fait des personnes qui sont cupides voire des idolâtres qui sont prêts à tout pour des gains financiers.
L’Évangile du jour proposé pour la circonstance est encore plus incisif sur la question : « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent. Vous ne pouvez pas adorer Dieu et l’Argent. Si vous adorez Dieu, vous ne pouvez pas adorer l’argent. Si vous adorez l’argent, vous ne pouvez pas adorer Dieu. Ou l’adoration de Dieu, ou l’adoration de l’Argent », a prévenu Ignace Bessi qui confie que Jésus soutient tous ceux qui sont engagés dans la protection de l’environnement. « Qu’il leur donne son Esprit afin qu’ils travaillent avec acharnement à nous garder un environnement universel sain. Qu’il aide notre Gouvernement à garder l’environnement de notre pays sain, pour une paix durable qui prend racine dans un cœur en paix ; Lui, la paix véritable, le seul qui mérite adoration, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles », a conclu l’archevêque métropolitain d’Abidjan.
En marge de la messe, le directeur de la Coopération internationale et du Développement durable, Jean-Pascal Doua, représentant le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie, Moussa Sanogo, a relevé que la sauvegarde de l’environnement est un impératif et que cette cause doit être commune. « C’est ensemble que nous devons vaincre l’orpaillage illégal », a-t-il dit. M. Doua n’a pas manqué de qualifier l’homélie du cardinal Ignace Bessi de judicieux et pertinent.
La messe de la création est l’une des institutions concrètes émanant de « Laudato Si’ », lettre encyclique du pape François, « Sur la Sauvegarde de notre Maison commune ». Elle vient, avec le projet agricole dénommé « Laudato Si’ », mettre en œuvre les recommandations de cette adresse du pape à l’humanité entière, l’exhortant à préserver, à protéger et j’insisterai, à améliorer la création, et non à la détériorer.
Le mardi 1er septembre 2026 ouvre le Temps de la Création (jusqu’au 4 octobre prochain) avec la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. Face au fléau de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, convertissons notre indignation en prière et en actions concrètes pour protéger notre Maison commune.
Olivia Durand