BRAZZAVILLE : LA BAD REFERME SES ASSISES SUR UN SOUTIEN MASSIF À SIDI OULD TAH ET DES ENGAGEMENTS HISTORIQUES
La photo de famille
Les 61ème Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se sont achevées ce vendredi 29 mai à Brazzaville après cinq jours de travaux. Les gouverneurs ont fermement appuyé le président Sidi Ould Tah pour la mise en œuvre de sa vision stratégique, tandis que des engagements financiers sans précédent ont été annoncés, notamment pour le Fonds bleu du Bassin du Congo.
Abidjan, 2 juin 2026 – Plus de 4 000 participants venus de 81 pays ont pris part à cette édition 2026, la première organisée sous la présidence du Dr Sidi Ould Tah depuis son entrée en fonction le 1er septembre 2025. Placées sous le thème « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », ces assises ont tenu toutes leurs promesses.
Lors de la cérémonie de clôture, le ministre congolais de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective, Ludovic Ngatsé, président des Conseils des gouverneurs, a été clair : « Le Conseil des gouverneurs a approuvé et encouragé le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, à mettre en œuvre sa vision “les Quatre points cardinaux” pour renforcer la capacité d’action et d’influence de l’Afrique dans un monde de plus en plus fragmenté. »
Les gouverneurs ont également demandé au Dr Ould Tah d’accélérer la réforme de l’architecture financière africaine, dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), afin de mobiliser à grande échelle des ressources pour le continent. Ils ont salué les réformes institutionnelles engagées pour rendre la Banque « plus agile, plus flexible et plus proche des bénéficiaires sur le terrain ».
Le président de la BAD a répondu avec émotion et détermination. « Je tiens à saluer très chaleureusement l’expression du soutien clair, franc et massif que nous avons reçu. », a-t-il assuré. Dans un discours engagé, il a rappelé que « ce sont les décisions politiques courageuses qui feront la différence sur le terrain ». Il a assuré avoir écouté et entendu les attentes. « Nous avons enclenché une dynamique d’action, une dynamique de transformation, une dynamique d’intégration », a-t-il martelé.
Plusieurs engagements ont marqué ces assises :
- L’Angola a annoncé une contribution de 6,5 millions d’euros pour la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17). Cela porte à 25 le nombre de pays africains engagés, pour un montant total dépassant 190 millions de dollars. Un tournant vers une responsabilité partagée.
- Plus de trois milliards de dollars ont été promis pour le Fonds bleu pour le Bassin du Congo, destiné à soutenir 17 pays africains dans la préservation environnementale et le développement durable.
- Le Japon a annoncé un financement de dix millions de dollars pour la Facilité africaine pour les médicaments et équipements médicaux (AMEF).
De nombreux accords ont par ailleurs été signés dans le cadre de l’opérationnalisation des Quatre points cardinaux et lors d’une rencontre de haut niveau sur le Programme intégré de transformation de l’aviation en Afrique (IATP).
L’événement a également été marqué par une annonce politique forte du président congolais Denis Sassou N’Guesso, le 25 mai à l’occasion de la Journée de l’Afrique. « À compter du 1er janvier 2027, les ressortissants de tous les pays africains bénéficieront d’un accès sans visa et n’auront plus besoin de visa pour venir au Congo », a-t-il déclaré, appelant à approfondir l’intégration régionale. Le président Ould Tah a salué une « décision courageuse et profondément panafricaine ».
Un panel de haut niveau a réuni les présidents congolais Denis Sassou N’Guesso, centrafricain Faustin Archange Touadéra, gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que le patron de la BAD. Par ailleurs, malgré l’épidémie d’Ebola déclarée le 17 mai en RDC et en Ouganda, la tenue en présentiel des Assemblées a été possible grâce à la mobilisation conjointe du gouvernement congolais, de l’OMS (dont le siège régional est à Brazzaville), des CDC Afrique et de la Banque. Aucun cas n’a été signalé au Congo.
Lors de la conférence de presse de clôture, le Dr Ould Tah a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage les ressources domestiques africaines, de transformer les matières premières pour créer de la valeur, de la croissance et des emplois pour les jeunes et les femmes. Il a promis que la Banque travaillerait en étroite collaboration avec les banques nationales et régionales pour soutenir les PME. « Il n’y a aucun risque de déconnexion avec le terrain », a-t-il affirmé, rejetant toute tentation bureaucratique. Il a aussi salué le rôle « irremplaçable » de la société civile, des philanthropes et de la diaspora, assurant que la BAD serait « leur partenaire de premier plan ».
Le ministre Ludovic Ngatsé a conclu sur une note d’espoir. « Pour la République du Congo, l’accueil de ces assises aura été une vitrine internationale exceptionnelle, mais surtout une opportunité unique d’inscrire ses priorités nationales dans les dynamiques continentales. », a-t-il fait savoir, tout en souhaitant que « l’esprit de solidarité, d’audace et de responsabilité qui a soufflé sur Brazzaville continue d’éclairer les actions de la Banque ».
MÉITÉ Aboubakar