22/10/2026
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CÔTE D’IVOIRE/APRÈS LES RAPPORTS 2023-2024 ET 2025 DE LA COUR DES COMPTES : MATHIEU KATCHIA APPELLE AUX SANCTIONS

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Mathieu Katchia invite les Ivoiriens à mi,imum de suivi des recommandations de la Cour des comptes

Mathieu Katchia invite les Ivoiriens à mi,imum de suivi des recommandations de la Cour des comptes

Trois années de rapports, des observations récurrentes et, selon lui, toujours pas de réponses suffisamment visibles. Mathieu Katchia, cadre du PDCI-RDA et conseiller municipal de la commune de Cocody, à Abidjan dénonce ce qu’il considère comme une inertie préoccupante dans le suivi des recommandations de la Cour des comptes.

 

Les rapports s’accumulent, mais les suites concrètes tardent à se faire sentir. C’est le constat dressé par Mathieu Katchia, cadre du PDCI-RDA, conseiller municipal à Cocody et candidat déclaré aux législatives de 2025. Face aux observations successives de la Cour des comptes, il estime que le temps n’est plus aux simples constats, mais à l’action voire aux sanctions.

 

Après avoir examiné les rapports portant sur les exercices 2023, 2024 et 2025, l’élu déplore un décalage persistant entre les observations formulées par les magistrats financiers et les réponses apportées par les pouvoirs publics. « Pendant trois ans, la Cour des comptes parle. Pendant trois ans, personne ne répond », martèle-t-il.

Le nouveau siège de la Cour des comptes à Abidjan

Pour Mathieu Katchia, chaque anomalie relevée dans la gestion des finances publiques devrait faire l’objet d’un suivi précis. Il plaide ainsi pour la mise en place d’un véritable mécanisme permettant de vérifier les suites données aux recommandations de la Cour des comptes, avec, lorsque les faits le justifient, des sanctions et des mesures correctives clairement identifiables par les citoyens.

 

Le mystère des recettes liées aux CNI et aux passeports

 

Parmi les dossiers qui suscitent ses interrogations figure celui des recettes issues de la délivrance des Cartes nationales d’identité (CNI) et des passeports. Selon les éléments qu’il dit avoir relevés dans les rapports, à peine 792 000 FCFA auraient été versés au Trésor public au titre de ces recettes. Le ministère concerné aurait notamment expliqué cette situation par l’externalisation de l’émission et du recouvrement des documents. Une explication qui, pour Mathieu Katchia, appelle davantage de précisions.

 

Il demande que toute la lumière soit faite sur les flux financiers concernés, le rôle des prestataires privés ainsi que les mécanismes de reversement des recettes. Une exigence qui relève, selon lui, d’un principe élémentaire de transparence dans la gestion des ressources publiques. « Les Ivoiriens ont le droit de savoir où va l’argent perçu lors de la délivrance de leurs documents officiels », soutient-il en substance.

 

L’endettement au cœur des préoccupations

 

Autre sujet soulevé par le conseiller municipal : l’évolution de l’endettement public. En avril 2026, le président de la Cour des comptes, Kanvaly Diomandé, rappelait que le ratio d’endettement dans l’espace UEMOA était passé d’environ 32 % du PIB en 2015 à 62,5 % en 2025. Mathieu Katchia ne remet pas en cause le recours à l’emprunt en tant que tel. C’est davantage la destination et l’efficacité des ressources mobilisées qui l’interpellent. « S’endetter pour financer le développement peut être nécessaire. Mais il faut pouvoir démontrer ce que ces ressources produisent en matière d’infrastructures, d’emplois, de santé, d’éducation et d’amélioration des conditions de vie », affirme-t-il.

 

Pour lui, la question centrale n’est donc pas seulement celle du volume des ressources empruntées, mais surtout celle de leur impact réel sur les populations.

 

« Du constat à l’action »

 

À travers sa sortie, Mathieu Katchia appelle ainsi à renforcer le contrôle et le suivi de la dépense publique. Il estime que les rapports de la Cour des comptes ne doivent pas rester de simples documents administratifs consultés puis rangés. La Côte d’Ivoire doit, selon lui, passer « du constat à l’action, du rapport au suivi et de la dépense à la performance ». Une exigence qu’il résume en une formule latine : « Verba volant, scripta manent » — les paroles s’envolent, les écrits restent. Mais, ajoute-t-il, en matière de gestion publique, « les actes doivent suivre les écrits ».

 

Au-delà de la polémique politique, son interpellation pose une question de fond : que deviennent concrètement les observations et recommandations de la Cour des comptes une fois ses rapports rendus publics ?

 

Pour Mathieu Katchia, trois années de rapports doivent désormais laisser place à des réponses, des corrections et, lorsque cela s’impose, à des sanctions. Car, estime-t-il, la transparence financière ne peut avoir de sens que si elle s’accompagne de responsabilités clairement établies et de résultats perceptibles par les citoyens.

 

Salifou Koné

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