CÔTE D’IVOIRE/BINGERVILLE : LES TARIFS HOMOLOGUÉS DU TRANSPORT URBAIN DÉSORMAIS EN VIGUEUR, LES GBAKAS RÉCALCITRANTS RETIRÉS DE LA LIGNE
Les autorités municipales et l’Union des transporteurs ont décidé d’assainir la ligne Bingerville-Adjamé. Depuis le lundi 19 octobre 2026, des tarifs fixes sont appliqués. Les chauffeurs qui ne les respectent pas sont retirés de la ligne, et les usagers sont appelés à dénoncer les abus.
Abidjan, 24 octobre 2026 – Face aux tarifs de transport « exorbitants, anarchiquement fixés et exagérés » sur la ligne Bingerville-Adjamé, les autorités municipales de Bingerville, en accord avec l’Union des transporteurs, ont pris le taureau par les cornes. À l’issue d’une réunion tenue le lundi 19 octobre 2026, une décision a été prise. Désormais, tout gbaka desservant Bingerville qui ne respecte pas les tarifs homologués sera retiré de la ligne. C’est en substance la déclaration de Rémi, membre de l’Union des transporteurs de Bingerville, joint par téléphone après la rencontre.
Les nouveaux tarifs, entrés en vigueur le lundi 19 octobre, sont les suivants : 200 F CFA pour la ligne intérieure Bingerville-Féh Kessé, 300 F CFA pour Bingerville-Nouveau goudron, et 500 F CFA pour Bingerville-Adjamé. « C’est une opération que nous sommes en train de faire. Parmi les chauffeurs, il y a plein qui font la tête. Mais il y en a aussi qui acceptent de respecter le tarif », a expliqué M. Rémi. Et de poursuivre : « Lorsque les usagers dénoncent les chauffeurs véreux, on les arrête. Nous avons une équipe ici à la Nouvelle gare qui est chargée de mener ces actions. On dégonfle les pneus et on appelle le propriétaire du véhicule. » Depuis lundi dernier, date de l’entrée en vigueur de cette décision, « plus de 50 gbaka sanctionnés ne viennent plus à Bingerville », a-t-il affirmé.
Cette mesure d’assainissement concerne exclusivement le transport urbain à l’intérieur de la commune de Bingerville. Au-delà de l’arrêt de Nouveau goudron, la régulation relève de la commune de Cocody.
Un appel à la vigilance est lancé aux clients. « Nous demandons aux passagers, quand les gbakas arrivent dans les arrêts et puis ils disent 500, 500, ne montez pas à bord des véhicules », a conseillé M. Rémi. En cas de non-respect de la décision, les usagers sont invités à dénoncer ces faits auprès de l’administration municipale et de l’Union. « Si vous constatez le non-respect de ce prix, identifiez le gbaka et dénoncez-le auprès des numéros indiqués : 05-06-00-58-93, Mairie de Bingerville ; 07-07-51-00-54, Union des transporteurs », a-t-il précisé.
Déjà, ce samedi 24 octobre, un usager mécontent a signalé que le gbaka immatriculé 5267 JE01, aux environs de 7h19, a exigé le paiement de 500 F pour le tronçon Riviera 2-garage CFA. Il y a trois jours, Cahié Kunta, du mouvement de protestation Les Chapeaux rouges, est monté vers 19 heures à bord d’un gbaka pour demander aux passagers de descendre du véhicule en raison du tarif excessif de 500 F appliqué sur la ligne Féh Kessé-Bingerville.
« Aux heures de pointe, restez solidaires car c’est la seule manière de pousser les transporteurs à respecter les prix imposés par les autorités municipales. Mais si un gbaka s’arrête et que vous luttez pour monter dans le véhicule, les prix ne vont jamais changer », a conclu M.Rémi.
MÉITÉ Aboubakar