CÔTE D’IVOIRE/ FILIÈRE MANGUE : LE GOUVERNEMENT IVOIRIEN SORT UN PLAN À 3,5 MILLIARDS POUR RECONQUÉRIR L’EUROPE
Bruno Koné a promis des rencontres avec les animateurs de la filière
Suspendue depuis le 1er août pour cause de mouche des fruits, la mangue ivoirienne veut retrouver le marché européen dès 2027. Le gouvernement a dégainé jeudi un plan d’urgence en cinq axes.
Face à la presse à Abidjan, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a détaillé une stratégie de sécurisation phytosanitaire totale.

1.Le traitement de choc : 3,5 milliards FCFA
C’est le coeur du plan. L’État va financer le traitement de l’ensemble du verger national, soit 20.000 hectares répartis dans neuf régions.
Objectif : déployer plus de 3 millions de pièges contre la mouche des fruits avant la prochaine floraison. Une opération massive jamais vue dans la filière.
2.Le grand ménage chez les exportateurs
Le gouvernement a fait le tri. Pour la campagne 2027, seuls 33 exportateurs et 34 stations de conditionnement sont retenus. 15 exportateurs et 9 stations jugés non conformes ont été écartés.
Autre mesure radicale : le fret aérien, qui ne pèse que 2% des volumes mais a causé 25% des interceptions en 2026, est suspendu pour la prochaine campagne.
3.Traçabilité totale, du verger au port
Chaque caisse devra désormais être traçable jusqu’au verger, au producteur et même au technicien qui a fait la récolte. Les contrôles seront renforcés à chaque maillon, du champ jusqu’au point de sortie du territoire.
Un audit indépendant viendra certifier le nouveau système avant qu’il ne soit soumis à Bruxelles.

Pourquoi cette sanction ?
L’Europe n’a pas pardonné. 27 lots ivoiriens interceptés en 2026, après 12 en 2025 et 32 en 2024. Selon le ministre, 15% des exportateurs concentraient à eux seuls plus des deux tiers des infractions.
« Notre ambition est claire : créer toutes les conditions d’une reprise dès la campagne 2027, dans un cadre renforcé », a martelé Bruno Nabagné Koné. Mais il reste prudent : « Aucune date ferme ne peut être avancée, la décision de réouverture relève aussi des autorités européennes. »
Enjeu : 100.000 emplois
L’affaire est sensible. La filière, c’est 180.000 tonnes produites, 35.000 tonnes exportées vers l’UE, 5.000 producteurs et 100.000 personnes qui en vivent, pour plus de 7 milliards FCFA de revenus annuels.
Salifou Koné