CÔTE D’IVOIRE : LES AUTORITÉS IVOIRIENNES S’EXPLIQUENT SUR LES DÉMOLITIONS À KOUMASSI-CAMPEMENT ET L’AFFAIRE KONÉ KATINAN
Abidjan, 16 septembre 2026 – Les deux sujets brûlants qui agitent l’opinion publique ivoirienne, à savoir les démolitions survenues à Koumassi-Campement et le dossier délicat de Koné Katinan, ont contraint les autorités à sortir de leur silence. Ce mercredi 16 septembre 2026, Cissé Ibrahima Bacongo et le procureur de la République ont apporté des éclaircissements très attendus sur ces affaires lors d’une conférence de presse.
Concernant les opérations de démolition menées à Koumassi-Campement, Cissé Ibrahima Bacongo a assuré qu’elles s’inscrivaient dans le cadre légal du plan Orsec. Cette précision intervient alors même que les conditions de mobilisation des forces de l’ordre avaient soulevé de nombreuses interrogations.
Pour sa part, le procureur de la République a détaillé les responsabilités administratives. Il a indiqué que c’était le directeur technique du district qui avait formellement sollicité l’intervention des forces de sécurité. Le procureur a également rappelé les attributions du ministre-gouverneur, soulignant que ce dernier dispose bien de l’autorité administrative pour demander le concours des forces de l’ordre dans le cadre du plan Orsec. Il a insisté sur ce point, affirmant que c’est le gouverneur lui-même qui avait procédé à la réquisition des effectifs.
Le procureur de la République a ensuite abordé les accusations liées à l’affaire Koné Katinan. Il a catégoriquement réfuté toute idée de séquestration, affirmant que l’ancien ministre avait été convoqué en bonne et due forme. À l’en croire, cette convocation aurait même été rendue publique par des responsables de son parti sur les réseaux sociaux. Lors de son audition, les charges retenues contre lui lui auraient été clairement notifiées.
Le procureur a précisé que le secrétaire exécutif du RHDP, qui est à l’origine de la plainte, a été auditionné dans le respect de la procédure. Il a tenu à clarifier qu’un refus de répondre aux questions n’empêche en rien la tenue et la validité d’une audition.
La défense de Koné Katinan aurait, selon le procureur, fait valoir son statut d’ancien ministre. Les avocats auraient demandé que cette condition préalable soit levée avant que leur client ne réponde aux interrogations. Suite à cela, le procureur a indiqué avoir demandé la clôture de l’enquête. Malgré le refus de Koné Katinan de signer le procès-verbal, ce geste ne constitue pas, selon lui, un motif d’invalidation du document.
Enfin, le procureur a affirmé que Koné Katinan n’avait pas été présenté au juge spécifiquement suite à la plainte du RHDP. Il a expliqué que, profitant de sa présence déjà dans les locaux, de nouvelles accusations concernant des faits liés à l’élection présidentielle lui ont également été signifiées. Face à ces nouvelles notifications, Koné Katinan aurait de nouveau choisi de garder le silence, une position qui a été dûment consignée dans le dossier de procédure.
Ces déclarations de Cissé Ibrahima Bacongo et du procureur apportent ainsi des éléments nouveaux sur ces deux dossiers distincts. À Koumassi-Campement, les autorités mettent en avant le cadre légal du plan Orsec et la légitimité de la réquisition des forces de l’ordre. Dans l’affaire Koné Katinan, le procureur s’attache à détailler le déroulement de la procédure et réfute l’hypothèse de la séquestration, rappelant les différentes étapes de l’audition et les arguments avancés par la défense. Ces explications officielles aident à mieux cerner les positions des pouvoirs publics sur ces deux affaires, alors que les questions administratives et judiciaires continuent d’alimenter les débats.
MÉITÉ Aboubakar