14/04/2026
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CÔTE D’IVOIRE/MASA 2026 : UN PLAN MINISTÉRIEL POUR FAIRE DES ARTS DU SPECTACLE UN LEVIER D’INTÉGRATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE

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Le ministre Adama Dosso a dévoilé plusieurs recettes pour professionnaliser le secteur culturel, lors de la conférence inaugurale du colloque du MASA, à l’université de Cocody.

 

Abidjan, 14 avril 2026 – Et si l’art du spectacle africain devenait un véritable moteur de développement ? C’est tout l’enjeu de la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) qui se tient actuellement. Samedi, à l’amphithéâtre du District de l’université de Cocody, la conférence inaugurale du colloque international a posé les bases d’une ambition claire : faire des arts vivants un outil d’intégration économique et social sur le continent.

 

Placé sous le thème « Arts du spectacle africain, outil d’intégration économique et social », ce rendez-vous de haut niveau a réuni autorités gouvernementales, universitaires et acteurs culturels. L’hôte principal, le ministre délégué auprès du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, n’a pas mâché ses mots : pour que les artistes puissent vivre de leur art, des réformes structurelles sont urgentes.

 

Les « recettes » d’Adama Dosso pour un secteur structuré

Face à un auditoire composé de ressortissants de la Cedeao et de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, Adama Dosso a livré un véritable plan d’action. Selon lui, il est impératif de rompre avec l’informel. Pour y parvenir, il a proposé plusieurs leviers : financer les projets d’artistes, créer un fonds dédié à l’industrie culturelle, bâtir des infrastructures adaptées, mais aussi ouvrir les marchés extérieurs aux créateurs africains.

 

Le ministre a également suggéré des pistes plus innovantes, comme la mobilisation de la diaspora. « Il faut mobiliser par exemple les 38 000 Ivoiriens de la diaspora à Milan pour contribuer à la promotion du spectacle de l’art », a-t-il lancé, préconisant aussi la création d’un « cluster d’entreprises culturelles » et insistant sur la formation, la professionnalisation, le numérique et l’innovation.

Les ministres Françoise Remarck et Adama Dosso répondant aux questions des journalistes

Convaincu que l’art du spectacle génère énormément de richesses, Adama Dosso estime qu’une volonté politique forte est nécessaire pour organiser le secteur. « L’Afrique a une immense imagination qu’il faut exploiter. Abidjan peut devenir le centre de l’industrie culturelle en Afrique si les Ivoiriens mettent les moyens et la volonté », a-t-il affirmé, avant d’expliquer en détail la dimension sociale, géopolitique et institutionnelle des arts du spectacle.

 

Françoise Remarck : « Bâtir une économie culturelle solide »

Prenant la parole à son tour, la ministre de la Culture et de la Francophonie a salué une vision partagée. Elle a rappelé que le MASA est bien plus qu’un événement : « une plateforme unique de promotion des arts vivants en Afrique et un instrument stratégique de rayonnement culturel ». Soutenu par l’État ivoirien, cet événement est, selon elle, une fierté nationale.

 

« Il ne peut y avoir d’économie culturelle forte sans un investissement durable dans les industries culturelles, la structuration des chaînes de valeur, la professionnalisation des acteurs et la mobilité des artistes », a souligné Françoise Remarck. Elle a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est dotée depuis 2014 d’une loi sur la politique nationale culturelle, visant à protéger le patrimoine et promouvoir la création. « Le MASA incarne pleinement cette vision », a-t-elle conclu.

 

Le colloque a également été marqué par les interventions du monde académique. Le vice-président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, le Professeur Simplice Dion, a salué la tenue de cet événement au sein de son institution, y voyant la preuve qu’« aucune université ne peut se développer en vase clos, sans ouverture sur le monde ».

 

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, Adama Diawara, le président du colloque, Djimbala Diakité, a mis en lumière l’évolution des mentalités. « Longtemps perçus comme un simple divertissement, [les arts du spectacle] s’imposent aujourd’hui comme des leviers de transformation sociale et de croissance économique », a-t-il déclaré, plaidant pour un renforcement des synergies entre l’université, la recherche et les industries culturelles.

 

Ce colloque, qui se poursuit dans le cadre du MASA 2026, confirme ainsi la volonté des autorités ivoiriennes et africaines de faire de la culture un pilier stratégique du développement du continent.

 

MÉITÉ Aboubakar

 

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