CÔTE D’IVOIRE/MUSIQUE TRADI MODERNE : GOFFA RESSUSCITE AVEC UN NOUVEL ALBUM
Après avoir évolué avec le groupe de femmes chanteuses dénommé Amorsa de Tabou de 1975 à 1986, la chanteuse Goffa Banin, « La cantatrice de la musique Kroumen », « La diva de Tabou », du sud-ouest de la Côte d’Ivoire renaît de ses cendres avec un nouvel album de sept titres très dansants au rythme des sonorités locales dont le bolo, le bouôyê. Qui ne se souvient de son célèbre titre « Unité » qui passait sur la première chaîne publique de Radio Côte d’Ivoire après le journal de 14 heures et qui interpellait les élèves qu’ils devaient se rendre à l’école. Maman Goffa malgré ses 75 ans revient en force avec son premier album dénommé Moisson restaurée. L’album produit des mains de maîtres par Saphir Com de la ravissante Delindsay, au Matrice studio a été dédicacé, le vendredi 2 octobre 2026, au foyer des Jeunes de la commune de Marcory, au sud d’Abidjan.

La cérémonie de dédicace s’est transformée en un bal de bolo super. Pratiquement le tiers des invités constituée des originaires de Tabou s’est mis à la danse du bolo super dirigé par les protégés de Sondé Dieudonné. Goffa estime qu’elle a du talent à revendre et qu’il faut apporter sa contribution à l’évolution de la musique ivoirienne d’où la sortie de son premier album. Et à travers les sept titres Goffa veut non seulement interpeller les Ivoiriens en général mais les Kroumen en particulier surtout ses compatriotes du sud-ouest ivoirien dont ceux de Tabou. D’où les titres comme « Ba mou bli » (2e) qui évoque le retour aux sources. « Nous devons aller au village parce que notre âme est dans notre village. Et au village on a la possibilité de se ressourcer en vue de repartir sur de nouvelles bases et relever les défis pourquoi pas ? », s’est-elle interrogée. Pour elle, les parents doivent faire connaître leurs villages à leurs enfants et les fréquenter toutes les fois que c’est possible. À en croire l’artiste, les villages aussi évoluent et leurs ressortissants doivent être au parfum aussi de ce qui s’y passe.
Le titre Unité (7e) pour elle n’est plus à présenter parce que cette vertu est indispensable pour toute communauté et société pour son évolution. Le titre « Youssou nan wla » (4e) est un hommage et merci à Jésus. En 2019, année de décès de son fils Daniel a été une période très difficile où elle a été malade avec quatre mois d’insomnie. Et ses pasteurs ont dit qu’elle ne mourrait pas. « Tout le monde m’appelait la ressuscitée », a confié maman Goffa agent de la mairie de Marcory qui a pris sa retraite en 2005. Elle dit tout devoir à Jésus qui ne l’a pas abandonné. Les autres titres sont Tabou (1er), Bolo sucré (2e).

L’arrangeur Patché a révélé qu’ils ont mis du temps pour la conception de l’album compte tenu de l’âge de l’artiste. Mais il reconnaît que Goffa est non seulement une battante mais elle a de l’amour pour la chanson. L’album, a-t-il dit, est un ensemble de variétés, de bolo, de zouglou, etc.
Delindsay a annoncé que ça été un périple pour confectionner l’album et que tout ce qui est promis est restaurée. Surtout la volonté de Daniel, le défunt fils de Goffa de réaliser l’album. Sa motivation pour produire l’album, c’est que Goffa en plus de son courage est une voix particulière. Elle est fière de ce que la plupart de chansons de Goffa soient reprises par les artistes du zouglou.
L’album est disponible sur les plateformes de téléchargement aussi.
Koné Salifou