22/10/2026
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CÔTE D’IVOIRE/TRANSPORT DE DEMAIN : L’AFRIQUE DESSINE SA FEUILLE DE ROUTE À ABIDJAN

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t.lagunaire

Abidjan, 22 octobre 2026 – Le rideau est tombé ce mercredi 22 octobre 2026 à Abidjan sur la deuxième édition de la Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat (CIMDC 2026). Au terme de quatre jours d’échanges intenses, les participants ont adopté la « Déclaration d’Abidjan ». Ce texte majeur pose les bases d’une transition vers des transports plus propres, plus sûrs et accessibles à tous sur l’ensemble du continent africain.

 

Porté par le ministère des Transports et des Affaires maritimes, aux côtés de l’AMUGA, de la CODATU, de Climate Chance et de l’AUMA, cet événement s’impose comme un véritable tournant politique et stratégique pour l’avenir urbain de l’Afrique.

 

Pour Romain Kouakou, directeur général de l’AMUGA, cette édition est une réussite incontestable. La rencontre a réuni plus de 1 300 participants venus de 40 pays, dont 800 acteurs locaux et 400 experts et décideurs internationaux. Une immense communauté d’action s’est ainsi mobilisée pour répondre ensemble à l’urgence environnementale.

 

La Déclaration d’Abidjan rappelle une injustice flagrante. Bien que l’Afrique soit historiquement la moins responsable des émissions de gaz à effet de serre, elle subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique. Les signataires demandent donc un soutien financier accru de la part des pays les plus polluants pour aider le continent à s’adapter.

 

L’autre urgence est démographique. D’ici 2050, le nombre de citadins en Afrique va doubler pour atteindre 1,5 milliard de personnes, transformant le continent en un immense chantier urbain. Aujourd’hui, l’immense majorité des déplacements quotidiens se fait à pied ou via des transports informels (qui transportent 400 millions de personnes par jour). Ce secteur crucial souffre pourtant d’un manque criant d’organisation et de financements.

 

Pour transformer la mobilité, le texte adopté propose quatre grands axes. À savoir, une meilleure gouvernance pour structurer les décisions et sécuriser les budgets, car aucun grand projet ne peut réussir sans une gestion transparente et rigoureuse ; ériger des infrastructures solides pour bâtir des réseaux capables de résister aux tempêtes et aux inondations, tout en protégeant les usagers les plus vulnérables ; asseoir une innovation technologique et sociale pour encourager le passage aux véhicules électriques, moderniser le transport artisanal grâce au numérique et optimiser la connexion avec les zones d’activités, notamment portuaires et enfin, avoir une vision globale qui enveloppe l’ensemble des projets à exécuter.

 

Dioman Coné, s’exprimant pour le ministère ivoirien des Transports, a rappelé qu’il faut absolument lier le développement des villes à celui des transports collectifs, tout en captant les financements internationaux. « La mobilité durable n’est pas qu’une question d’environnement. C’est un moteur de croissance et de progrès social », a-t-il affirmé.

 

La Côte d’Ivoire a également reçu une excellente nouvelle durant l’événement : un don de 3 millions d’euros de l’Union européenne. Annoncé par le ministre des Transports Amadou Koné, ce coup de pouce servira à moderniser le transport sur l’eau à Abidjan, avec la création de 13 gares lagunaires et l’achat de 25 bateaux-bus.

 

Cette aide s’inscrit dans la volonté de l’État de créer un réseau de transport interconnecté (métro, bus rapides, bateaux-bus). L’idée, à l’horizon 2040, est de mieux relier les quartiers d’Abidjan tout en facilitant la vie des piétons et des personnes à mobilité réduite.

 

Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a lui aussi plaidé pour des transports en commun abordables et écologiques. Il a notamment évoqué des projets de téléphériques pour relier des communes comme Bingerville, Cocody, Adjamé et Yopougon, en plus des chantiers du métro et du bus rapide (BRT).

 

Ces efforts de modernisation, qui s’étendront bientôt à d’autres grandes villes ivoiriennes comme Bouaké ou San-Pedro, devront impérativement intégrer la question du changement climatique. Face aux risques d’inondations, concevoir des infrastructures résistantes n’est plus une option, c’est une nécessité absolue pour protéger les populations.

 

MÉITÉ Aboubakar

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