CÔTE D’IVOIRE/TREICH REGGAE FESTIVAL 2026 : L’IA AU SERVICE DU REGGAE ET DE LA JEUNESSE TREICHVILLOISE
La photo de famille des panélistes avec le comité d'organisation de Treich Reggae Festival 4
La quatrième édition du Treich Reggae Festival a tiré sa révérence samedi 29 mai dernier, à la Maison des Jeunes, clôturant un événement riche en échanges, en découvertes sur l’intelligence artificielle et en messages inspirants. C’est un concert mémorable, donné à l’école régionale devant une foule enthousiaste, qui a marqué la fin de ces festivités.
Abidjan, 1er juin 2026 – De nombreuses personnalités ont assisté à cette clôture, parmi lesquelles Ras Donfé, le commissaire général de l’événement ; Soldat Jah Boy, acteur culturel reconnu ; Keita Daouda, représentant du Conseil des jeunes de Côte d’Ivoire Section Treichville ; Keïta Adama, de l’ONG My One Business et N’Golo Ouattara, président de l’Union des Jeunes de la Commune de Treichville (UJCT).
Cette année, le festival a mis en lumière un thème des plus actuels : « L’IA comme levier d’innovation dans l’éducation musicale et les industries culturelles et créatives ». Un sujet qui a captivé l’audience et qui, de l’avis de tous, a été brillamment abordé.
Dès vendredi, l’ambiance était déjà au rendez-vous avec des jeux culturels axés sur le reggae. Les participants ont pu explorer la gastronomie locale, admirer des expositions et un défilé de mode, savourer le rime au son du slam, rire avec des numéros d’humour, et assister à un tournoi de maracana, brillamment remporté par l’équipe soutenue par Fadal Dey.
Le samedi, les projecteurs étaient braqués sur un panel dédié à Treich Reggae Festival 4 lié à l’intelligence artificielle et son influence grandissante sur l’éducation musicale et les secteurs culturels et créatifs.
En lançant les discussions, Ras Donfé, commissaire général, a insisté sur le rôle clé de l’IA comme outil d’apprentissage pour les jeunes de Treichville dans leur approche du reggae. Il a également mis en avant la capacité de l’IA, via le reggae, à soutenir les enfants en difficulté et les jeunes démunis. Selon lui, le thème de cette année visait à partager l’expertise de professionnels rassemblés autour des piliers du reggae – l’amour, la tolérance, le partage et le travail – pour le bien des enfants de Treichville et de toute la jeunesse ivoirienne.
Soldat Jah Boy a complété ces propos en affirmant que l’IA est désormais partout dans l’industrie culturelle et le reggae ivoirien, agissant comme un véritable moteur pour cette musique qui a conquis le monde. Il a donné l’exemple de lieux emblématiques comme le Parker Reggae City ou AZK, soulignant que du jeudi au dimanche, « c’est le reggae qui rythme Abidjan » dans les espaces de musique live. L’IA, a-t-il expliqué, a grandement amélioré la qualité sonore du reggae local. Il a encouragé les jeunes artistes à adapter leur approche pour gagner en notoriété et faciliter la diffusion de leurs créations auprès du public.
Keita Adama, de l’ONG My One Business, a quant à lui rappelé qu’éveiller les consciences est essentiel pour transformer une société. Il a illustré son propos avec les progrès réalisés par son équipe de volontaires à l’Avenue 11, insistant sur l’importance du « mindset », de la « tête » comme premier chantier fondamental. « Grâce à l’IA, a-t-il précisé, notre quartier a rayonné sur les autres, notamment par le visuel et la communication de proximité. » Il a exprimé sa satisfaction de voir la Maison des jeunes de Treichville, autrefois une décharge insalubre, transformée en ce magnifique espace architectural qui a accueilli le panel.
Keita Daouda a rappelé que sa structure œuvre pour le conseil, la formation et l’organisation de discussions dédiées à la jeunesse, soulignant l’engagement fort de Treichville dans le festival des écoles qui valorise l’excellence. N’Golo Ouattara a vivement salué l’initiative. Il a affirmé qu’au-delà du rythme, le reggae véhicule toujours un message profond qui stimule l’esprit, et s’est engagé à renforcer la communication avec les présidents de quartiers pour que le Treich Reggae Festival atteigne la notoriété du FEMUA.
Les discussions se sont ensuite animées autour des clichés sur les dreadlocks et les préjugés associés à la drogue. Les intervenants ont réfuté avec force ces idées reçues, offrant des éclaircissements pertinents qui ont été chaleureusement applaudis.
La seconde partie de la journée a offert un atelier pratique animé par M. Goh Tanguy Bruno, expert en IA générative. Après avoir posé les bases théoriques, les participants ont eu la chance d’installer ChatGPT et de créer, avec succès, une chanson intitulée « Les vêtements ». M. Goh Bruno a tenu à donner un conseil crucial : « Les artistes et créateurs d’aujourd’hui ne peuvent plus se passer de l’IA. Cependant, attention : une œuvre entièrement générée par l’IA ne doit pas être soumise directement au Burida ; elle serait identifiée. Le chanteur ou l’acteur doit impérativement la retravailler en studio avant tout dépôt. »
À l’issue de ces activités, plusieurs participants ont partagé leurs impressions. M. Brou a confié avoir vécu « un moment riche en échanges et en émotions », qualifiant la conférence sur l’IA de « vraiment très instructive ». Son souhait : que de tels événements soient reconduits chaque année. Pour Erico Chance, « ce panel cherchait à montrer à la jeunesse que le reggae, au-delà de son style musical, possède aussi une dimension esthétique et vestimentaire. Quant à l’IA, il est primordial de l’aborder avec discernement. Elle doit enrichir notre savoir-faire, sans jamais s’y substituer entièrement. »
La soirée s’est achevée en apothéose avec un grand concert gratuit, offert à toute la population à l’école régionale. Le rendez-vous est déjà donné pour la prochaine édition, le Treich Reggae Festival 2027 !
MÉITÉ Aboubakar