COTE D’IVOIRE/YAMOUSSOUKRO : DES CENTAINES D’ADOLESCENTES IVOIRIENNES S’IMPOSENT COMME LES ACTRICES DU CHANGEMENT
Des centaines d’adolescentes lors du sommet à l’Hôtel des Palaces de Yamoussoukro, aux côtés des partenaires internationaux et des autorités.
Réunies à l’Hôtel des Palaces, des jeunes filles, des partenaires officiels et des organisations mondiales ont jeté les bases d’une nouvelle énergie pour l’autonomie des femmes en Afrique de l’Ouest.
Abidjan, 2 avril 2026 – Sous les lumières étincelantes de l’Hôtel des Palaces de Yamoussoukro, un souffle d’audace et d’espoir a envahi la salle ce mardi. Des centaines d’adolescentes ivoiriennes, fières et déterminées, ont élevé leurs voix pour réclamer leur rôle central dans le changement, transformant ce rassemblement en une véritable plateforme pour l’épanouissement féminin.
Jeunes filles, institutions et organisations internationales se sont unies pour une cause partagée : construire une génération de filles fortes, libres et actrices de leur propre avenir. Une rencontre qui, au-delà des discours, marque un moment crucial pour l’avenir des jeunes ivoiriennes.
Dès le début, le message était clair. Jean François Basse, le Représentant de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, a posé le décor : « Nous ne sommes pas juste ici pour une réunion, mais pour commencer un nouveau chapitre de l’histoire de l’Afrique. »
Dans une salle très attentive, les jeunes filles écoutaient, mais surtout, elles se reconnaissaient dans ce puissant appel en leur faveur. Leadership, bien-être mental, éducation, égalité des chances : autant de sujets abordés pour faire face aux défis persistants.
Le constat dressé est sans appel. En Côte d’Ivoire, presque la moitié de la population a moins de 18 ans, dont environ 3,2 millions de jeunes filles. Pourtant, les difficultés sont encore nombreuses.
« Près de 30 % des adolescentes sont mariées avant 18 ans », a rappelé Jean François Basse. À cela s’ajoutent un nombre encore trop élevé de décès maternels et un accès insuffisant à des informations fiables, notamment concernant la santé mentale.
À l’échelle de la région, la situation est tout aussi préoccupante. Selon les chiffres partagés lors du sommet, six des dix pays ayant les taux les plus élevés de mariages précoces se trouvent en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Face à ces enjeux, les partenaires misent sur une approche simple : investir massivement dans les jeunes filles. Pour le Global Fund for Children, représenté par sa co-directrice générale, Hayley Roffey, la solution repose sur la confiance accordée à la jeunesse. Tout en présentant cette situation difficile, elle a souligné le rôle essentiel des jeunes dans la transformation de la société, affirmant que « le changement est déjà en cours » et qu’il est porté par eux-mêmes.
Les autorités ivoiriennes et les associations locales partagent le même avis, appelant à améliorer l’accès à l’enseignement secondaire, aux services de santé et aux opportunités économiques. Au cœur des discussions, un message fondamental s’est imposé : placer les adolescentes au centre des décisions publiques. Pour les organisateurs, il ne s’agit plus de simples promesses, mais d’actes concrets.
« Il est temps de transformer les engagements en résultats visibles », a insisté le représentant de l’UNICEF, invitant les États, les entreprises privées et les communautés à unir leurs forces. Les garçons ont aussi été appelés à être des alliés indispensables dans la lutte pour une égalité entre tous.
Un moment clé du sommet fut le message direct aux jeunes participantes. « Votre voix a de la valeur. Vos idées comptent. Votre avenir vous appartient », a martelé Jean François Basse. Dans une ambiance remplie d’espoir, les adolescentes sont reparties avec une conviction renforcée : elles ne sont plus en marge du changement, elles en sont le moteur.
Hayley Roffey a rappelé que ce sommet visait avant tout à écouter les jeunes filles, à renforcer leur capacité à diriger et à leur offrir un espace pour s’exprimer et agir. Convaincue qu’investir dans les filles est un puissant levier de développement, elle a aussi appelé à une mobilisation générale incluant les partenaires, les communautés et les jeunes garçons, pour bâtir une société plus juste et accueillante pour tous.
Au-delà des paroles, ce sommet apparaît comme un véritable mouvement en marche. Un mouvement porté par une jeunesse décidée à briser les obstacles sociaux et à écrire une nouvelle histoire.
MÉITÉ Aboubakar