ELECTION PRESIDENTIELLE EN COTE D’IVOIRE/FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE : SIMONE GBAGBO ET HENRIETTE LAGOU CHERCHENT DES FONDS
Depuis plusieurs semaines, une poignée de candidats à l’élection présidentielle, du 25 octobre 2025, mènent de discrètes consultations pour obtenir un appui financier public. Le sujet est particulièrement sensible. Un dossier délicat sur lequel doit
Depuis plusieurs semaines, une poignée de candidats à l’élection présidentielle, du 25 octobre 2025, mènent de discrètes consultations pour obtenir un appui financier public. Le sujet est particulièrement sensible. Un dossier délicat sur lequel doit trancher Alassane Ouattara. L’information provient d’Africa Intelligence dans sa publication du 24 septembre dernier.
Parmi les candidats figurent Simone Gbagbo, ex-épouse de Laurent Gbagbo et présidente du Mouvement des générations capables (MGC), ainsi qu’Henriette Lagou, à la tête du Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP-Paix) qui regroupe au moins 8 partis politiques. Toutes deux souhaiteraient bénéficier d’un soutien évalué entre 500 millions de francs CFA et 600 millions de francs CFA (762 000 euros à 914 000 euros), selon Africa Intelligence.
Les textes qui encadrent le financement des partis politiques s’appuient notamment sur le nombre d’élus à l’Assemblée nationale. Les candidats Ahoua Don Mello, en lice en tant qu’indépendant, et Jean-Louis Billon, représentant de la plateforme politique du Congrès démocratique (Code), n’ont, pour leur part, pas encore formulé de demande. Ils pourraient cependant ne pas refuser un éventuel coup de pouce financier de l’État.
Budget revu à la baisse
Les candidats, selon Africa Intelligence, attendent un arbitrage dans les tout prochains jours d’Alassane Ouattara, lui-même lancé dans la course à sa propre succession. En 2015, le gouvernement avait accordé une subvention forfaitaire de 100 millions de francs CFA (152 000 euros), financée par le Trésor public, à chacun des dix candidats retenus pour la présidentielle.
Cette année, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a revu son budget de campagne à la baisse, estimant que le scrutin ne se jouera que sur l’ampleur du score de réélection d’Alassane Ouattara. Les financements et les fonds de campagne, selon Africa Intelligence, seront gérés par son frère cadet, le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara.
En Côte d’Ivoire, le financement des partis politiques est encadré par la Loi n°2004-494 du 10 septembre 2004, qui établit les règles relatives au financement sur fonds publics des partis, groupements politiques et candidats à l’élection présidentielle. Il faut savoir que l’État peut accorder une aide financière aux partis politiques pour favoriser le pluralisme démocratique. Aussi le financement est-il généralement attribué en fonction du nombre d’élus à l’Assemblée nationale, ce qui reflète le poids politique du parti.
Par ailleurs, les partis bénéficiaires doivent publier leurs comptes et se soumettre à un contrôle de gestion pour éviter les abus et garantir la bonne utilisation des fonds. En définitive, ce financement vise à éviter les financements occultes, à réduire la corruption, et à renforcer les capacités opérationnelles des partis.
Salifou Koné