FINANCE/LUTTE CONTRE LE RISQUE DE CHANGE AFRIQUE : LA BAD RETOURNE AU FONDS TCX AVEC 25 MILLIONS DE DOLLARS
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a officialisé son retour en tant qu’actionnaire du fonds The Currency Exchange Fund (TCX). Un accord de prise de participation de 25 millions de dollars a été signé dans les locaux du ministère néerlandais des Affaires étrangères à La Haye, marquant une étape clé dans la lutte contre le risque de change sur le continent.
Abidjan, 17 Février 2026 – Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a officialisé son retour en tant qu’actionnaire du fonds The Currency Exchange Fund (TCX). Un accord de prise de participation de 25 millions de dollars a été signé dans les locaux du ministère néerlandais des Affaires étrangères à La Haye, marquant une étape clé dans la lutte contre le risque de change sur le continent.
Cet investissement, approuvé par le Conseil d’administration de la BAD le 17 septembre 2025, sera décaissé en deux tranches. Il vise à renforcer la base de capital de TCX, un mécanisme mondial créé par des institutions de financement du développement pour gérer le risque de change dans les marchés émergents et frontières. Grâce à ce soutien accru, le fonds pourra élargir son offre d’instruments de couverture, en particulier pour les devises africaines illiquides où les solutions traditionnelles sont soit inexistantes, soit trop coûteuses.
Ce réinvestissement n’est pas une première : la Banque africaine de développement figurait parmi les actionnaires fondateurs de TCX en 2007. Aujourd’hui, elle rejoint un cercle d’investisseurs de premier plan comprenant notamment la banque néerlandaise FMO, la SFI, la BERD, la BEI, la KfW, ainsi que plusieurs gouvernements européens (Pays-Bas, Suisse, Royaume-Uni, France, Allemagne) et la Commission européenne.
« Cet investissement marque le retour de la Banque au sein de TCX en tant qu’actionnaire et témoigne de notre grande confiance dans son mandat et son impact en matière de développement », a déclaré Akane Zoukpo Sanankoua, cheffe de la Division du développement des marchés de capitaux de la BAD, signataire de l’accord. « Avec cet investissement, nous soutenons un financement plus résilient pour les économies africaines et réduisons les asymétries de devises, qui constituent l’un des facteurs structurels du surendettement. »
Depuis sa création, TCX a démontré son utilité en couvrant plus de 19 milliards de dollars de montants notionnels à l’échelle mondiale. Rien qu’en Afrique, ce sont 4,7 milliards de dollars qui ont été sécurisés dans 31 pays, avec une attention particulière portée aux États fragiles et à faible revenu.
Le directeur général de TCX, Ruurd Brouwer, s’est félicité de ce retour : « Nous sommes fiers d’accueillir à nouveau la Banque africaine de développement comme actionnaire. Son retour témoigne d’une conviction commune : l’atténuation du risque de change est essentielle pour débloquer des financements résilients en Afrique. Grâce à la présence sans équivalent de la Banque sur le continent, nous pouvons ensemble veiller à ce que les investissements dans l’avenir de l’Afrique soient exempts de risque de change. »
En réduisant les asymétries de devises, ce partenariat devrait bénéficier directement à des secteurs cruciaux pour le développement africain tels que les infrastructures, l’énergie, la microfinance, les PME et le secteur public. La participation de la BAD agit également comme un catalyseur, susceptible d’attirer d’autres institutions de développement et des investisseurs privés vers TCX.
Le gouvernement néerlandais, hôte de la cérémonie, a salué cette synergie. « Nous sommes très fiers de constater que deux de nos partenaires proches, la Banque africaine de développement et TCX, intensifient leur collaboration », a commenté Jérôme Larosch, responsable de la Division des institutions financières internationales au ministère néerlandais des Affaires étrangères. « Grâce à ce nouvel investissement, la Banque africaine de développement démontre son engagement envers nos objectifs communs de développement durable sur le continent africain. »
Cet investissement s’inscrit parfaitement dans la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque. Il vient compléter son programme plus large de développement des marchés de capitaux, qui comprend déjà le soutien aux marchés obligataires en monnaie locale et des solutions de financement en monnaie locale pour le secteur privé.
MÉITÉ Aboubakar