POUR DIRE NON AU 4E MANDAT D’ALASSANE OUATTARA : LE PDCI ET LE PPA CI ORGANISENT UNE GIGANTESQUE MARCHE À YOPOUGON
Abidjan, 11 août 2025 – La commune populaire de Yopougon a vibré samedi dernier sous les pas de dizaines de milliers d’Ivoiriens. Répondant à l’appel du Front Commun PDCI-PPA-CI, les manifestants ont transformé la marche du 9 août en plaidoyer vibrant pour une démocratie inclusive et apaisée. Un événement historique
Abidjan, 11 août 2025 – La commune populaire de Yopougon a vibré samedi dernier sous les pas de dizaines de milliers d’Ivoiriens. Répondant à l’appel du Front Commun PDCI-PPA-CI, les manifestants ont transformé la marche du 9 août en plaidoyer vibrant pour une démocratie inclusive et apaisée. Un événement historique qui pourrait marquer un tournant dans la course à la présidentielle d’octobre 2025.

Dès l’aube, une marée humaine a déferlé sur le boulevard de la Solidarité. L’itinéraire Saguidiba-Ficgayo, pourtant symboliquement long, a « refusé du monde » selon des témoins. Camions-podiums aux couleurs des partis, chants enflammés et pancartes créatives ont rythmé cette marche pacifique, surveillée par un important dispositif sécuritaire.
« Nous avons promis une marche pacifique. La marche a été plus que pacifique. C’est une démonstration de force pour prouver au pouvoir que nous sommes plus nombreux », a lancé Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, face à une foule compacte.

Les manifestants brandissaient trois exigences centrales. À savoir, la « réintégration immédiate » des leaders exclus (Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé) sur la liste électorale; l’annulation de la candidature du président Ouattara à un quatrième mandat, jugé anticonstitutionnel et l’ouverture d’un dialogue politique national, préalable à l’élection. « Nous demandons au pouvoir de comprendre que nous ne pouvons pas aller dans le mur », a insisté Noël Akossi Bendjo, vice-président du PDCI.
Si Augustin Dia Houphouët (PDCI) et Justin Koua (PPA-CI) menaient la marche, d’autres figures de proue de l’opposition étaient présentes, Pascal Affi N’Guessan du FPI, Éric Kahé de l’AIRD et Danielle Boni Claverie (URD).

Fait notable : le Mouvement panafricain pour les réparations, emmené par le Béninois Lionel Fassinou et le Tchadien Mahmet Saleh, a rallié le cortège. Leurs pancartes – « Réparation = compensation des dégâts infligés aux pays africains »– ajoutaient une dimension continentale aux revendications locales.
Initialement prévue le 2 août, la marche avait été reportée à la demande des autorités, officiellement pour « insuffisance de forces de l’ordre » en raison du défilé militaire du 7 août. Le député Jean Likane-Yagui a précisé : « C’est une marche pour démontrer qu’une bonne partie des Ivoiriens souhaitent un dialogue franc permettant des élections apaisées ».
Tidjane Thiam, bien qu’absent, a salué via un message la discipline des manifestants: « C’est une véritable leçon de civisme et de patriotisme […] Je ne saurais exprimer pleinement la joie et la fierté qui m’animent ». Le Front Commun ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Un grand meeting de Laurent Gbagbo est annoncé le 16 août à la place Ficgayo, dans le cadre de sa tournée « Côcôcô ». « Maintenez la pression jusqu’à la fin ! », a exhorté Akossi Bendjo, promettant d’autres actions si le pouvoir reste sourd.
À trois mois du scrutin, cette mobilisation historique lance un défi clair au pouvoir : l’opposition ivoirienne, réunifiée et déterminée, exige d’être entendue. Le bras de fer démocratique ne fait que commencer.
MEITE Aboubakar